Comment la ville d’Albi veut conquérir son autosuffisance alimentaire

    La ville d’Albi a décidé que d’ici 2020, tous les habitants pourraient se nourrir de denrées produites dans un rayon de 60 kilomètres autour de la préfecture tarnaise. Comment : agriculture urbaine, jardins partagés et circuits courts sont au menu. Une première en France. A imiter sans doute.

    La municipalité précise :

    • qu’elle ne veut « pas interdire les produits qui viennent de plus loin…..mais le bilan carbone doit être l’affaire de tous ». C’est là son premier souci.
    • qu’elle entend sécuriser les approvisionnements en cas de crise alimentaire, Albi n’ayant que « 5 jours de stocks de nourriture« .
    Les méthodes mises en œuvre
    • Elles consistent à installer des agriculteurs urbains sur une friche verdoyante non constructible de 73 hectares située à une quinzaine de minutes de vélo du centre-ville : Canavières. La mairie y a préempté les terrains étant prioritaire pour les racheter.
    • Dans un deuxième temps, elle les divise en petites parcelles d’environ un hectare et les loue à des néomaraîchers volontaires à raison d’un prix très raisonnable de 70 euros par hectare et par an.
    • Mais le cachier des charges est strict : les maraîchers ne doivent produire que du « bio ». Les techniques de permaculture assurant des rendements suffisants.
    • Les clients sont locaux, en circuit court : paniers, vente en ligne, écoles…
    • Les surplus pourraient être affectés à la cuisine centrale de la ville, celle qui prépare les repas des écoles et des personnes âgées.
    • 8 hectares ont déjà été rachetés et 7 emplois ont déjà été créés.
    Les Incroyables Comestibles

    Il s’agit de jardiniers  d’un nouveau genre, qui ont lancé une initiative originale un peu partout dans le monde, pour réintroduire fruits et légumes dans l’espace public où on peut les cueillir librement. C’est ainsi que des bénévoles albigeois ont aménagé des plantations aux coins des rues en accord avec la mairie : jardins partagés, urbains, arbres fruitiers, potagers hors-sol donnent aux espaces verts une physionomie nouvelle. Les poireaux remplaçant les fleurs et le bon remplaçant le beau, comme l’affirme la municipalité.

    Prochaine étape

    La réhabilitation des jardins ouvriers et des potagers abandonnés par les personnes. Une plate-forme Internet permettra de mettre en relation propriétaires et jardiniers volontaires de façon à ce que rien ne reste à l’abandon.

    Associer les agriculteurs et les distributeurs

    Il va de soi que rien d’important ne peut se faire sans un accord entre agriculteurs locaux et grande distribution qui va devoir « bouger ». Seuls les centres Leclerc sont habilités à acheter localement actuellement. Les autres enseignes doivent passer par des centrales d’achat. Il va falloir qu’elles évoluent et s’adaptent à cette nouvelle réalité car « On n’arrête pas une idée dont le temps est venu » comme l’affirme un responsable municipal.

    On ne saurait mieux dire. Pour nous cette initiative va totalement dans le bon sens dans la mesure où elle permet d’entrevoir, à terme, une libération de notre production maraîchère de l’emprise de la grande distribution et de ses objectifs exclusivement FINANCIERS.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE 

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