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Les algues sur nos murs pour piéger le CO2

Les algues sur nos murs pour piéger le CO2

Les murs du Louvre, de la Conciergerie, de Notre-Dame et – pourquoi pas ?- le gigantesque mécano de la Tour Eiffel recouverts de microalgues pour capter le CO2 et rafraîchir le paysage des villes c’est pour quand ? C’est une question à poser à l’agence XTU Architects qui vient de réaliser sa «  biofaçade » dans le XIIIe arrondissement de Paris.

Toute ironie mise à part, cette intéressante réalisation constitue la réponse que l’agence parisienne XTU a donnée au projet Réinventer Paris et qui lui a valu sa place de lauréate en arborant plusieurs centaines de mètres carrés de biofaçades dans le 13e arrondissement de la capitale.

Le procédé ?

Ses conceptrices expliquent qu’il s’agit d’imaginer « un double vitrage rempli d’eau dans laquelle on a placé du plancton. Un aquarium vertical et plat en quelque sorte ». La « biofaçade n’est donc rien d’autre qu’une enveloppe de bâtiment dans laquelle sont cultivées des microalgues.

L’origine du concept.

Les architectes Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, se sont intéressé aux algues eu égard à leurs nombreuses propriétés. Après récolte on peut :

  • Soit les transformer en aliments protéinés végétaux,
  • Soit en médicaments
  • Soit en produits cosmétiques.

Ses avantages.

Laissons les conceptrices s’exprimer : « Grâce aux photobioréacteurs installés dans les vitrages qui captent la lumière du soleil, les microalgues se reproduisent à vive allure. Elles sont récoltées via des tuyaux d’évacuation »

C’est pas sorcier mais il fallait y penser.

Reste l’aspect bio-climatique.

Le processus est clair et simple.

  • En hiver, la biofaçade se transforme en serre et emmagasine l’énergie solaire. Cette serre agit comme un isolant thermique qui améliore les performances du bâtiment dans ce domaine.
  • En été, il se produit l’inverse : la biofaçade se ventile et rafraichit l’immeuble

Retombées financières.

  • Non négligeables puisqu’on peut espérer une économie de 50% sur les besoins thermiques du bâtiment et de 80% sur ceux de l’algoculture par rapport à la même culture en bassins.

Retombées climatiques.

Les algues absorbent le dioxyde de carbone (CO2) et renvoient de l’oxygène. Ainsi, en absorbant le CO2 produit par le bâtiment elles favorisent la dépollution de la ville.

Le principe.

C’est celui du biomimétisme : dans la nature les symbioses se définissent par les interactions biologiques réciproquement profitables entre deux organismes vivants. Ex : les champignons avec les arbres qui les accueillent ; les lichens, fruits de l’association entre un champignon et une algue ; l’acacia cornigera, arbre qui meurt s’il n’est investi par des fourmis…

Pour ce qui est des algues, qui vivent à des températures similaires aux nôtres, le procédé permet donc de mutualiser nos besoins ».

Une synergie de compétences.

Le projet conduit par le cabinet XTU, a mobilité plusieurs partenaires au sein d’un consortium baptisé « SymBIO2 » dont un laboratoire spécialisé du CNRS, un bureau d’études et un algoculteur. « Un dispositif industriel pilote a été mis en œuvre en 2016 au Centre Scientifique et Technique du Bâtiment à  Champs-sur-Marne (77), avec une biofaçade couvrant quatre étages ».

Les réalisations.

Avec l’aval du CNRS qui a conclu à un bilan très positif, le projet est aujourd’hui en phase de commercialisation.

Ainsi Chez verra-t-on bientôt le bâtiment lauréat de l’appel à projet Réinventer Paris, arborer plusieurs centaines de mètres carrés de biofaçades dans le 13e arrondissement.
Puis, XTU, s’attaquera aux biofaçades du futur Musée de l’Ecologie de San Francisco, et en Chine, les Français doteront la ville de Hangzhou de tours de verre torsadées recouvertes de biofaçades.

Un peu de fraîcheur dépolluante et verte dans l’enfer méphitique des métropoles chinoises cela ne sera pas un luxe.

L’Avenir.

La conclusion des architectes, si elle part d’un constat pessimiste, se veut optimiste et pleine de bon sens :

« Dans l’avenir, avec l’artificialisation des sols et l’urbanisation croissante, il sera de plus en plus difficile de trouver des terres disponibles pour l’agriculture. Et les ressources minières s’épuisant, il faudra produire en biologie ce que l’on obtenait par la chimie ».

Nous, on veut bien mais attendons de voir.

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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