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Alléger le budget de la Sécu ? Et si on commençait par les coûts de la pollution sur la santé publique ?

Comme nous vous l’indiquions dans un récent article, une estimation de 2015 effectuée par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) chiffre à plus de 400 000 le nombre de décès attribuables chaque année à la pollution aux particules fines (PM 2,5) en Europe. En complément une nouvelle évaluation quantitative d’impact sanitaire (Eqis) réalisée par Santé Publique France établit que, pour notre pays, ce chiffre s’élève à 48 000, soit 9% de la mortalité globale.

De plus cette évaluation établit que cette pollution pourrait correspondre à une perte d’espérance de vie pouvant dépasser 2 ans dès l’âge de 30 ans !

Quelques constats effrayants

 Il ressort de ces nouvelles estimations une confirmation du poids de la pollution et de ses redoutables conséquences sur la santé publique en France métropolitaine. C’est ainsi que les travaux de Santé Publique France mettent en évidence les bénéfices sanitaires potentiels « importants » à attendre d’une « amélioration de la qualité de l’air« . Les scénarios les plus optimistes concernant la baisse des niveaux de pollution « conduisent à des bénéfices importants pour la santé« .

Et d’établir que le scénario « communes équivalentes les moins polluées« , économiserait 34 000 décès annuels sur l’ensemble du pays.

En d’autres termes : si toutes les communes atteignaient les niveaux de PM 2,5 réalisés dans les 5% de communes les moins polluées de la même classe d’urbanisation, on ferait baisser la mortalité en France de près de 7%.

Conclusion logique : en rendant possibles les scénarios de baisse des niveaux de pollution atmosphérique les plus ambitieux on aboutirait à « des gains d’espérance de vie considérables pour la population française« .

Le tout est d’arriver à réduire conjointement les facteurs de pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre pour améliorer la santé des Français.

Quelles mesures prendre ?

Santé Publique France évoque la pratique du vélo, la modification de la composition des carburants ou la mise en place de péage urbain.

Pour prendre un exemple éclairant, si on arrivait à réduire les émissions de méthane et de carbone suie de façon à rester au-dessous d’un réchauffement moyen de 0,5°C on pourrait réaliser une économie de 0,7 à 4,7 millions sur le nombre des décès dus à la pollution de l’air dans le monde en 2050.

Et l’ANSP (Agence nationale de santé publique) de conclure :  » la baisse des niveaux de pollution de l’air constitue en France l’un des leviers d’action majeurs pour la prévention des cancers, des pathologies cardiovasculaires et respiratoires et des maladies neurodégénératives« .

Notre conclusion

A la lecture de ces différentes études parues récemment, on s’aperçoit que si on additionnait les évaluations concernant le coût des :

  • perturbateurs endocriniens (19 milliards environ)
  • du bruit (45),
  • de la QAI (autour de 10))
  • et les données chiffrées relatives à la pollution indiquées ci-dessus

Il apparaît clairement que si on menait en France une politique relative à l’amélioration de la santé environnementale digne de ce nom, l’état sanitaire des Français serait particulièrement amélioré pour le siècle à venir….et la sécu ne serait plus en déficit ! Enfin !

Conséquemment, nous n’aurions pas besoin de faire peser sur les épaules de nos enfants, la charge injustifiable de la dette colossale qu’ils auront à rembourser demain, pour nous faire soigner aujourd’hui.

Il est temps que les générations actuelles prennent la mesure des devoirs qui leur incombent pour garantir à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants, un système de santé équitable et performant.

Il nous apparaît donc crucial que le programme des prochains présidentiables en matière de santé, soit axé sur la prévention de l’exposition aux risques dont le signe évident sera, avant toute autre mesure, la fusion des ministères de la santé et de l’environnement.

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE 

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