ANSES et alimentation des moins de 3 ans

    Nous dépensons plus pour nos chiens que pour nos enfants.

    Les recommandations de l’ANSES pour l’alimentation des enfants de 0 à 3 ans ne tiennent pas compte des considérations environnementales…

    L’ANSES a été saisie le 28 mars 2017 par la Direction Générale de la Santé (DGS) pour l’évaluation de « l’impact de l’exposition précoce de l’enfant aux facteurs nutritionnels environnementaux par l’alimentation durant la période dite des « 1000 jours » et correspondant à la période allant de la conception aux 2 ans de l’enfant environ ».

    L’avis ANSES du 12 juin 2019 ainsi rendu tend à actualiser les repères alimentaires du programme national nutrition santé (PNNS) pour les enfants âgés de 0 à 3 ans.

    Ces recommandations étaient manifestement très attendues pour tous ceux qui s’intéressent, et c’est certainement le cas de tout un chacun, à l’alimentation de nos bambins. En effet les dernières recommandations du programme national nutrition santé dataient d’une publication de l’ANSES de 2003. 16 années plus tard, au vu des nouveaux enjeux et problématiques alimentaires, notamment de l’impact des perturbateurs endocriniens sur notre santé, une grande espérance pesait sur ces recommandations.

    L’avis concernant les enfants de 0 à 3 ans nous explique en effet que la diversification alimentaire des enfants doit intervenir entre le 4è et 6è mois, certains parleront alors d’une révolution dans nos pratiques alimentaires… Mais ce que nous notons avant tout c’est que l’avis ne compte aucune mention concernant l’impact des perturbateurs endocriniens, substances toxiques s’il en est, alors qu’elles sont unanimement reconnues comme ayant un impact certain et indiscutable sur notre santé, ce d’autant plus cette exposition est précoce au cours de la vie.

    Une seule référence purement descriptive concernant les limites de présence communes pour la plupart des pesticides et résidus de pesticides, fixées par la réglementation européenne, est évoquée. Mais aucune conséquence n’en est tirée concernant des recommandations alimentaires. Où sont ils ? Sont-ils dangereux ? Quelles conséquences sur la santé de nos enfants qui sont avant tout des humains en devenir ? L’avis ne nous informe pas, il parait que ce n’est pas l’objectif de ce dernier.

    Espoir donc déçu ! D’autant qu’il s’agit d’un avis portant sur la population charnière, les enfants âgés de 0 à 3 ans, et ayant pour objet de « fournir la base scientifique des repères alimentaires (…) en se fondant sur les données scientifiques les plus récentes ». L’espoir d’une communication audacieuse et sans tabou, tenant compte de ces « nouveaux » risques, était alors légitime. Notamment en ce qui concerne les préparations infantiles.

    Néanmoins le Dr Roger Genet, Directeur Général de l’ANSES, est explicite sur ce point là en soulignant dans la conclusion de l’avis (p28) que « ce travail n’intègre pas de considérations économiques, sociales, ni environnementales, mais uniquement des considérations liées aux risques nutritionnels ainsi que des recommandations au sujet de la prévention des risques microbiologiques liés aux aliments. »

    Or dans une suite naturelle de cet avis, c’est à dire en ce qui concerne les repères alimentaires du PNNS pour les enfant de 4 à 17 ans, publié le même jour, le même médecin poursuit cette même phrase (p21), surement copiée-collée, toujours en conclusion de l’avis, en précisent que l’avis « ne prend pas en compte la variabilité des compositions nutritionnelles et des teneurs en contaminants et résidus de pesticides selon les variétés culturales, les systèmes de production, les conditions de stockage et de transformation, les modes de préparation, etc. » …

    Curiosité rédactionnelle ? Ou oubli volontaire afin de s’éviter la question du pourquoi ne pas avoir pris en compte l’impact des contaminants et résidus de pesticides dans l’alimentation de nos plus jeunes enfants ? Stratégie d’évitement ou impair révélateur ?

    Chez Primum, nous avons cependant quelques idées sur la question. Notre recommandation est simple, claire et sans ambiguïté : ne pas consommer de produits présentant des résidus de pesticides, même s’ils ne sont présents soi-disant qu’à des concentrations dites « infinitésimales ». Et surtout car il en va de notre responsabilité générationelle de ne pas y exposer nos enfants !

    Christophe Di Vincenzo, collaborateur, Agence Primum Non Nocere

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