Après la peau, c’est le cerveau….ou les merveilles des nanoparticules de titane

    Après la peau, c'est le cerveau....ou les merveilles des nanoparticules de titaneOn découvre avec effroi que les nanoparticules de dioxyde de titane que vous absorbez benoîtement dans votre crème solaire, peuvent altérer certaines fonctions cérébrales en cas d’exposition prolongée. Ce sont des chercheurs du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) qui nous mettent en garde après étude sur un modèle cellulaire in vitro et dont les résultats sont très troublants.

    Emilie Brun et Aloïse Mabondzoa (CEA, Gif/Yvette) Marie Carrière (CEA – Université Joseph Fourier de Grenoble) montrent dans leurs travaux que les nanoparticules de dixyde de titane – ou TiO2 ou nano TiO2 – utilisés dans la quasi majorité des crèmes solaires, à cause de leur capacité à absorber les rayons ultra-violets, sont capables d’altérer et même de traverser une protection essentielle de notre cerveau : la barrière hémato-encéphalique.

    Celle-ci peut être considérée comme un véritable bouclier naturel constitué surtout de cellules endothéliales (celles qui forment la paroi des vaisseaux sanguins). Son but est d’empêcher les substances toxiques de pénétrer dans le cerveau en ne laissant passer que des molécules bien précises comme l’insuline ou des nutriments.

    Mais c’était sans compter avec le génie prométhéen des apprentis sorciers de notre industrie chimico-pharmaceutique qui, sous couvert de nous dorer la peau et la pilule, nous détruisent le cerveau. Ce qui permet d’ailleurs de comprendre l’efficacité de certains de nos personnages politiques particulièrement gâtés en matière de bronzage.

    Rassurez-vous : ce que ces crèmes pourraient laisser de sain, de nombreux cosmétiques et peintures industrielles – fourmillant des mêmes molécules de mort – finiront par l’atteindre et le détruire.

    Nous étions déjà en alerte maximum.

    Mais cette découverte en est-elle vraiment une ?

    Les études mettant en garde contre les nanoparticules de dioxyde de titane s’accumulent depuis quelques années, même si les conséquences pathologiques ne sont pas encore totalement avérées. Mais, devrons nous atteindre de voir se multiplier les désordres cérébraux des « fanas » du bronzage pour commencer à réagir ?

    Certes pas. Pour notre part nous n’avons pas attendu que la toxicologue Marie Carrière (comme-auteur de cette nouvelle étude publiée dans Biomaterials) ne nous fasse part de ces soupçons quant à la capacité des nanoparticules de violer la paroi d’une cellule humaine pour y favoriser non seulement la fabrication de dérivés oxygénés très dommageable de l’ADN de la cellule, mais pour réduire ensuite la capacité de la dite cellule à réparer les dommages subis, pour alerter Madame Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre de la Santé et des Sports et A Monsieur Marc Mortureux, Directeur Général de l’ANSES, Agence Nationale de Sécurité Sanitaire dans deux lettres datées du 19.08.2010. Lettres où nous énumérions toutes les craintes légitimes quant aux effets secondaires des nano-particules et où nous concluions par un véritable appel au secours : « ….que répondre donc aux établissements de santé qui nous sollicitent quant à la dangerosité des produits contenant du dioxyde de titane nanoparticulaire ? Pouvons-nous leur assurer que ces produits contribuent pleinement aux efforts engagés en matière de développement durable et d’amélioration des conditions sanitaires ? Ou devons-nous, au contraire, leur conseiller de limiter voire de suspendre par précaution l’utilisation de ces produits jusqu’aux conclusions du Programme Nanogenotox ? »

    Puis nous avons saisi le nouveau Ministre de la Santé, Xavier Bertrand ainsi que le directeur de l’Afssaps, ce qui a abouti aux « Recommandations » éditées par cette Agence en juin 2011 :

       « L’AFSSAPS recommande de ne pas utiliser de produit cosmétique notamment les produits de protection solaire contenant du TiO2 sous forme nanoparticulaire sur :

    –         la peau lésée*, à la suite d’érythèmes solaires (ou « coups de soleil ») par exemple, et ceci en l’absence de données d’absorption cutanée spécifiques ;

    –         le visage et dans des locaux fermés lorsque ces dernier es sont contenues d ans des «sprays» aérosol, dans l’attente de données per mettent de finaliser l’évaluation du risque par voie aérienne. »

      C’est dire avec quel intérêt nous voyons enfin se multiplier les études et les mises en garde pour lesquelles nous avons un peu joué le rôle de « lanceur d’alerte ».

    Car les travaux actuels du CEA ne sont pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme. Les Annales de l’Académie Américaine des Sciences (PNAS) sont encore plus catégoriques : les travaux qui y sont publiés par le Pr Jürg Tschopp, suggèrent que l’inhalation prolongée de nanoparticules de titane (peintures industrielles) endommage l’ADN des cellules des poumons via la réalisation de dérivé de l’oxygène, tout en déclenchant une réaction inflammatoire des poumons susceptible de déboucher sur des cancers !

    Etudes relayées par des chercheurs italiens et britanniques dans une revue scientifique et qui ont décidé l’AFSSET à recommander timidement une limitation de l’expostion du public aux produits contenant des nanoparticules de dioxyde de titane

    Mais jamais encore les études n’avaient mis en lumière l’effet destructeur des nanoparticules sur la barrière hémato-encéphatique qui protège notre cerveau et de la traverser.

    On se reportera avec intérêt aux travaux publiés par Emilie Brun, Aloïse Mabondzéoa et Marie Carrière pour découvrir la façon dont elles sont arrivées à leurs conclusions qui aboutissent, ni plus ni moins, à la crainte de voire certaines fonctions cérébrales altérées.  Voire détruites à terme ?

    Quant au consommateur de base, il ne pourra pas ne pas se poser la question de savoir si un  lien unit l’utilisation exponentielle de ces nanoparticules dans toutes sortes d’applications qui les mettent en contact direct avec la peau, les poumons et le cerveau, et – concernant ce dernier par exemple – la multiplication des cas de maladies d’Alzheimer constatée au cours de ces dernières années…..

    En attendant, que faire pour se protéger de ces poisons ?

    Les anciennes crèmes solaires comportaient déjà du dioxyde de titane, mais pas sous sa forme nanoparticulaire, ce qui évitait sa pénétration en profondeur. Mais elles laissaient  des traînées blanches sur la peau, ce qui rebutait de nombreux utilisateurs.

    Mais les industriels, toujours extrêmement astucieux dès lors qu’il s’agit de proposer un bon filon (pour eux)  ont résolu le problème en incorporant du dioxyde de titane sous forme nanoparticulaire qui rendent ces crèmes totalement transparentes pour un degré équivalent de protection !

    Ce qui fait que, désormais, grâce aux nanoparticules, on saura de mieux en mieux ce que signifie « bronzer idiot« …

    Comment éviter les crèmes solaires contenant des TiO2

    Pour le moment ce n’est pas évident car les industriels ne sont pas tenus d’annoncer la présence de ces poisons dans leurs produits. Mais la réglementation européenne a prévu que dès 2013 leur présence devrait être indiquée par les dits industriels sous l’indication « Titanium dioxyde (nano) »……mais cette disposition pourrait ne pas concerner les produits cosmétiques de filtration solaire ! On croit rêver, mais c’est plutôt de l’ordre du cauchemar que du rêve.

    En attendant, d’après le Journal de la Science, il est possible :

    –          Soit de télécharger une liste de produits sains (en anglais)  rédigée par la section australienne de l’ONG « Les amis de la Terre« , qui recense toutes les marques de crèmes solaires utilisant des nanoparticules de dioxyde de titane

    –          Soit de consulter une autre liste rédigée par l’ONG américaine Environmental Working Group (EWG).

    –          Soit de consulter le moteur de recherche « Skin Deep Cosmetic Safety database », qui permet de connaître la composition de 69 000 produits cosmétiques.

    Nous nous apprêtions à publier cet article lorsque « Le Monde Economique » est  venu apporter des éléments de réflexion supplémentaires à travers un article signé par Francis KESSLER, maître de conférences à Paris 1 et que nous sommes heureux de relayer ici.

    Le Pr Kessler relève ainsi que l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (saisine n° 2006/06), prenant acte des rapports officiels des organismes de santé au travail américains et canadiens -  indique que "les analyses rigoureuses, par le groupe d'experts, de la littérature nationale et internationale ont permis d'identifier des dangers potentiels pour l'homme et l'environnement liés à l'exposition aux nanomatériaux manufacturés. L'exposition peut avoir lieu par voie cutanée, ingestion ou, plus fréquemment, inhalation. Les dangers identifiés reposent sur : la mise à jour des données sur la toxicité humaine des nanomatériaux (effets notamment pulmonaires, cutanés, oculaires, vasculaires, digestifs...), la génotoxicité, le danger d'explosion, et sur les données disponibles en matière d'écotoxicité des nanomatériaux".
    Il rappelle ensuite que ce sont les institutions communautaires - Commission, Parlement et Conseil des ministres – qui sont conjointement dotées du pouvoir d'édicter des normes harmonisées dans le domaine de la santé au travail et dans celui de la santé publique. Notamment sur la base de l'art. 153 du Traité sur le fonctionnement de l'UE (TFUE), par lequel l'Union encourage les Etats membres, "par une harmonisation des conditions de travail, à améliorer l'environnement de travail pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs" au travers de "prescriptions minimales" établies au niveau européen (...)".
    Puis,  l'article 168 du TFUE organise une compétence d'appui à l'action des Etats "sur l'amélioration de la santé publique et la prévention des maladies et des affections humaines et des causes de danger pour la santé physique et mentale".
    Mais il constate que "l'activité législative européenne a nettement ralenti depuis dix ans. Les risques sanitaires posés par la commercialisation des nanomatériaux sont une préoccupation récente, et limitée". Un règlement de 2009 définissant les "nano-objets" comme étant des particules inférieures à 100 nanomètres de diamètre, mais ce règlement s'applique aux seuls cosmétiques,
    "Dans le domaine de la santé au travail" – poursuit-il – "la Commission a édicté, en 2008, un code de bonne conduite pour une recherche responsable en nanosciences et nanotechnologies, mais sous la forme d'une simple recommandation aux Etats membres". Quant au règlement "Reach" qui "oblige à un enregistrement des substances chimiques fabriquées ou importées dans des quantités d'une tonne ou plus par an sur une base de données centrale supervisée par l'agence européenne des produits chimiques", il ne prend en compte que partiellement les nanoparticules.
    Et le Pr conclut : "Après le scandale de l'amiante et les insuffisances aujourd'hui avérées de la réglementation du bisphénol A, une nouvelle catastrophe sanitaire est prévisible pour les travailleurs manipulant des "nanomatériaux".
    Nous ne saurions contredire le Pr Kessler sur ce point. Mais nous y ajouterons l'expression d'une préoccupation tout aussi urgente quant aux utilisateurs (bien souvent malgré eux) de ces très inquiétants "nanomatériaux".
    
    

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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