L’innovation dans les administrations françaises “stimulée” par Bloomberg Philanthropies ?

    bloomberg

    Or donc, Bloomberg Philanthropies, dans un remarquable élan de générosité  va déployer en France – avec l’aval de notre gouvernement sans aucun doute possible – son programme baptisé “Innovation Teams” (tant pis pour la langue de Molière) auprès de 10 administrations françaises. Parmi celles-ci Paris, Mulhouse, Dunkerque et la Région Occitanie.

    Ces partenariats seront suivis de six autres révélés plus tard….

    Ce programme d’innovation publique –  » i-teams  » pour le initiés – a été lancé en 2002 dans cinq villes américaines, s’est étendu depuis à une vingtaine de villes dans le monde et se propose “de stimuler l’innovation des cadres municipaux et de transformer la culture de leur administration tout en s’attaquant aux grands problèmes de société”.
    Seuls de mauvais esprits pourraient y voir une astucieuse manœuvre dans la voie d’une homogénéisation et d’une unification de plus en plus coercitives des méthodes d’administration, voulue par le mondialisme nivelateur.
    Seuls de mauvais esprits pourraient suspecter la volonté de satisfaire les “mentors” de notre actuel président – qui sont les têtes pensantes et agissantes de cette vaste entreprise de domination ploutocratique mondiale.

    Il est évident que la voie de la philanthropie dans l’instauration de réflexes favorables  à une approche globale des problèmes faisant fi des cultures et des identités nationales, est infiniment plus subtile et moins coûteuse que la voie autoritaire.

     

    Mais qu’est-ce que Bloomberg ?

    Il n’est qu’à jeter un coup d’oeil sur Wikipédia pour être renseigné sur la face émergée de l’iceberg Bloomberg :

    Bloomberg

    Il n’est pas nécessaire de disposer de beaucoup d’imagination pour deviner l’immense réseau d’intérêts économiques et politiques qui constitue la masse immergée de ce même iceberg.

    Les commentateurs de la presse économique (dont les annonceurs sont ces mêmes “ploutocrates” ) s’extasient sur la mise en place “d’un partenariat avec La 27ème Région – une association française à but non lucratif visant à “rendre le secteur public français plus inventif, plus agile et plus proche des besoins des citoyens” – qui a reçu une subvention de 1,4 millions de dollars ” grâce à Bloomberg.

    Ce partenariat est à l’origine du développement du programme français La Transfo pour installer des laboratoires d’innovation publique en France dans les villes et régions déjà citées. Le délégué général de La 27ème Région ne tarit donc pas d’éloge sur les retombées positives qu’il entrevoit dans l’application des méthodes Bloomberg  que certains n’hésitent pas à considérer comme “le service de recherche et développement public qui manquait aux institutions françaises”.

     

    Qu’est-ce que cela peut nous apporter dans le concret ?

    On nous dit que les « i-teams » de Bloomberg Philanthropies constituent un modèle américain au service de la France. Nous avons déjà connu ce genre de “service” avec le plan Marshall qui n’a pas peu contribué à “américaniser” la vieille Europe de telle sorte que nos gamins ne savent plus chanter autrement qu’en anglo-américain.

    STRATEGIECe “modèle” est destiné à conditionner les cadres municipaux sur la voie de l’innovation sur des problèmes allant du développement économique à l’engagement citoyen. Or, tout “engagement citoyen” présuppose une grille de lecture qui définisse d’abord ce que c’est que d’être “citoyen. Le concept adopté par Bloomberg est donc porteur d’une forte charge idéologique qui n’est peut-être par celle qui convienne à notre culture. Les responsables américains du modèle nous disent que   » les villes et les gouvernements locaux font face à des gros défis, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas forcément les moyens nécessaires pour lancer l’innovation (capital humain, capacités organisationnelles ou le financement adéquat). L’introduction de ces équipes innovantes va apporter des nouvelles compétences dans le secteur public [….] C’est en fait la possibilité de tester des idées à une petite échelle et d’en suivre les progrès car les institutions publiques sautent souvent sur les solutions mais ne s’engagent pas dans une compréhension claire et recherchée du problème. De plus, ce dispositif sera un réel engagement de la collectivité qui lui permettra de travailler sur des problématiques qui lui sont propres [ce sera] une nouvelle façon de travailler! « .

    Au nombre des exemples mis en exergue du projet, nous trouvons Tel Aviv (nouvelles solutions pour revitaliser des quartiers) Détroit (réduction de la violence par armes à feu ) Boston (augmentation de l’offre d’habitat abordable).

    Mulhouse, chez nous, constitue une sorte de ville-pilote dont le maire, très favorable à cette initiative, ressent un potentiel public non exploité quand il parle de sa cité en “ville DES intelligences : des citoyens, des capteurs mais aussi de la mise à l’épreuve de l’administration « . Il sent  » une volonté de nos concitoyens de s’adapter à une ville qui se transforme « . Soit, mais on peut en dire autant que tous les citoyens dans toutes les villes de France tant le concept de “changement” ou de “transformation” ou de “réforme” nous est seriné à longueur d’année. D’où sa décision d’ouvrir le laboratoire d’innovation lié au programme La Transfo qui en est dans sa phase d’acceptation de 18 mois. Des projets ont déjà été mis en place : une transformation de la bibliothèque et des outils de consultation mis à disposition dans la rue. Un projet phare a été celui de  » la carte max « , destinée à mettre à disposition des jeunes des informations ou des réductions sur des activités culturelles de la ville. Las : le dispositif a fini par être supprimé il y a 2 ans…. faute d’intérêt !

    Et les observateurs de nous affirmer, sans rire, “c’est justement la logique de cette démarche que le programme d’innovation veut mettre en lumière, pouvoir faire des  » essais-échecs « , ce qui compte en fait pour le maire de Mulhouse étant “de créer un laboratoire interne à la ville « .

    Fort bien mais avait-on besoin de Bloomberg pour créer des “essais-échecs” alimentant l’activité permanente d’un laboratoire interne à la ville, mais stérile ?

    stratégieCertes les grandes stratégies économiques et géopolitiques sont en train de changer. Sous la pression d’une prise de conscience de plus en plus accentuée des méfaits de la société de production/consommation/spéculation, tant en matière de justice sociale qu’en matière d’environnement, le “système” a muté et s’est refait une virginité en créant, fondations, fonds de dotation, « venture philantropy », nouveaux leviers d’une économie dite positive.L’altruisme et la philanthropie qui étaient des options font désormais partie intégrante de la stratégie de nombreuses entreprises qui n’en parlent que très peu. Sans doute pour ne pas éventer la mèche, un peu grosse qui ressemble beaucoup – mais sur une autre dimension – aux “cadeaux gratuits” mis en oeuvre par le marketing ordinaire pour mieux appâter le prospect. Nous voulons rester vigilants face à ce phénomène et nous allons créer une nouvelle rubrique sur notre blog pour faire état des actions qui nous paraîtront exemplaires dans ce domaine….et dénoncer les autres.Peut-être même créerons nous bientôt … la fondation Primum Non Nocere® pour la santé et l’environnement qui nous permettra de faire du lobbying éthique un enjeu de société. Une initiative française développée par une entreprise française au service de ses concitoyens, n’est-ce pas le seul exemple à suivre ?

    Olivier Toma – Primum Non Nocere

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