Certains meubles détruisent notre santé et…nous coûtent cher !

    airSi incroyable que celui puisse paraître, certains meubles peuvent émettre des composés volatils dangereux C’est l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) qui nous l’affirme et qui, dans un récent rapport, dresse une liste de 31 substances « prioritaires ». Cette liste prépare la mise en place d’un étiquetage obligatoire tel que prévu par le troisième plan National Santé Environnement.
    Si les produits de construction et de décoration doivent désormais être obligatoirement étiquetés et leurs composants signalés (article L. 221-10 du Code de l’Environnement) l’ameublement, lui, échappait à cette contrainte jusqu’à présent. Ce qui a conduit les ministères de la Santé et de l’Ecologie [qui, à notre avis, devraient être fusionnés dès 2017] à charger l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) d’identifier les substances chimiques à signaler de façon prioritaire dans le domaine de l’ameublement. « Sur la base de la dangerosité des substances et de leur possibilité d’être émises par des produits d’ameublement, 41 substances ont été identifiées comme substances d’intérêt, dont 31 prioritaires« .

    C’est ainsi que parmi 31 substances classées comme cancérogènes, mutagènes et/ou toxiques, 21 sont d’ores et déjà mesurables par la « norme ISO 16000 utilisée dans le cadre de la procédure d’étiquetage des produits de construction et de décoration ».
    Pour le moment l’Agence se contente de préconiser la limitation de l’exposition des populations à ces substances. En attendant une interdiction pure et simple. Ce qui conduirait à « éviter la mise sur le marché de tout produit d’ameublement pouvant induire une exposition à ces polluants, quelle qu’en soit la concentration« .

    Enfin, et c’est une initiative qui nous paraît fort judicieuse, L’Anses voudrait élargir l’examen des émissions polluantes à toutes sortes de produits comme les désodorisants, les encens, les produits d’entretien, auxquels nous ajouterions volontiers ces « bougies parfumées » qui vous donnent la migraine en ¼ d’heure en vue d’un futur étiquetage.
    L’étiquetage obligatoire des meubles est prévue « à l’horizon 2020 ».
    Mais, comme l’horizon, par définition, est une réalité visuelle qui recule dès qu’on s’en approche, nous ne sommes pas très rassurés sur les délais prévus par l’Agence.

    Pour montrer l’importance de l’enjeu tant en termes de coût que, plus important, de santé publique, nous rappelons que la pollution de l’air intérieur coûte plus de 20 milliards d’euros annuels aux Français, d’après les études menées par cette même Anses.
    En se limitant à six polluants : benzène, radon, trichloréthylène, monoxyde de carbone, particules fines et fumée de tabac, toutes substances qui interviennent dans le tabagisme passif, les maladies respiratoires liées aux particules, le cancer du poumon associé au radon (gaz concentré dans les pièces mal ventilées) ou la leucémie liée au benzène (pouvant être présent dans des produits de bricolage, meubles, isolants, etc.) on comptabilise environ 20.000 décès prématurés par an qui pourraient donc être évités si les fabricants d’un côté et les fumeurs de l’autre, respectaient notre air intérieur.
    Et l’Anses précise que sur ces 20000 décès prématurés, 16000 sont dus aux effets des seules particules fines pour un coût représentant les trois-quarts (73%) de la facture globale.

    Il est temps d’agir vigoureusement c’est pourquoi nous répétons que la fusion des Ministères de la Santé et de l’Ecologie, nous apparaît comme un enjeu déterminant pour mettre en œuvre une politique de santé cohérente dans laquelle l’environnement – sous toutes ses déclinaisons occupe la place qu’il exige désormais – et pour coordonner les efforts avec le maximum d’efficacité.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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