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Climat et santé : une préoccupation de plus en plus pressante pour le CNOM.

Climat et santé : une préoccupation de plus en plus pressante pour le CNOM.

Cette préoccupation apparaît clairement dans les propos du président du CNOM (Conseil national de l’Ordre des médecins) qui déclare :

« Les médecins sont les premiers à prendre en charge les conséquences du changement climatique sur la santé de leurs patients. Ils doivent participer à la prise de conscience de leurs patients, des organisations médicales professionnelles, et des acteurs politiques ».

Déclaration qui rejoint celle du « Lancet » qui demande à considérer le changement climatique comme une « urgence médicale », ajoutant même que qu’il s’agit de « l’enjeu sanitaire le plus important du XXI siècle ». Message qui ne fait que reprendre celui de l’OMS.

Il apparaît à travers toutes ces déclarations que le changement climatique n’est plus une préoccupation d’ordre  purement environnemental mais exige désormais une approche de santé.

Un enjeu sanitaire majeur

Climat et santé : une préoccupation de plus en plus pressante pour le CNOM.
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Il est établi que la mortalité causée par la pollution tue trois fois plus que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis. Sans oublier le rôle que les dérèglements climatiques extrêmes jouent dans l’altération de la santé mentale, dans les maladies cardio-vasculaires et respiratoires, dans les allergies, les migrations, la malnutrition, dans l’augmentation de la capacité vectorielle du moustique Aedes aegypti à transmettre la dengue + 9,4 % depuis 1950.

Or un haut responsable du centre Virchow-Villermé constate que malgré le triplement des articles scientifiques consacrés depuis dix ans aux rapports entre climat et santé, l’argument sanitaire ne perce pas :  » les individus continuent à penser qu’il n’y a pas de conséquences directes sur leur santé. » Seulement  2 à 5 % de l’ensemble des articles sur le changement climat évoqueraient la santé publique.

La réaction

Pour pallier cette carence le CNOM veut s’associer au travail de « compte à rebours » qui enregistre les progrès réalisés depuis l’accord de Paris et qui mobilise 24 établissements universitaires et organisations intergouvernementales

Le manque de formation

Le manque de formation des jeunes médecins sur le sujet est scandaleux. La fondatrice d’Euronet Platform, membre du réseau européen des internes de santé publique et de la commission des jeunes médecins du CNOM a ainsi pu affirmer : « Dire que l’enseignement sur santé et climat est mauvais en Europe est très sympathique, car ce serait reconnaître son existence……. aucun interne de santé publique n’a jamais entendu parler du changement climatique lors de ses études de médecine »,

On ne peut que s’indigner de cet état de choses quand on envisage la multiplication des zoonoses, des parasitoses, et de toutes les pathologies des réfugiés climatiques telles que dengue, chikungunya, zika et autre Ebola, que les médecins vont devoir affronter dans l’avenir proche et quelquefois en catastrophe.

Quelques données

Le rapport de la fondation Lancet countdown rappelle que les populations vulnérables sont celles qui sont les plus touchées par le changement :

  • 125 millions d’adultes vulnérables supplémentaires ont été exposés à des canicules entre 2000 et 2016.
  • 99 % des pertes économiques liées à des évènements extrêmes en 2016 ont eu lieu dans des pays à faible revenu.
  • les émissions de CO2 sont en hausse dans les pays émergents
  • plus de 72 % des villes de l’OMS dépassent les limites recommandées d’exposition annuelles aux particules fines.

L’action politique insuffisante

On sait que les experts recommandent de limiter à 2 °C l’augmentation de la température, en maintenant les émissions de dioxyde de carbone provoquées par l’homme sous les 2 900 milliards de tonnes d’ici la fin du siècle. Il est nécessaire pour cela que les gouvernements investissent dans la recherche sur le changement climatique et la santé publique, et qu’ils financent des actions de lutte, notamment dans les pays en voie de développement.

Climat et santé : une préoccupation de plus en plus pressante pour le CNOM.

Cela passe par la définition d’objectifs précis de réduction de la pollution provoquée par les transports, l’agriculture, le secteur des énergies et les particules fines. Les immeubles à énergie positive doivent se multiplier ainsi que les espaces verts. Les gouvernements doivent mettre en place une politique tarifaire internationale pour dé-carboniser l’économie et favoriser l’accès aux énergies renouvelables dans les pays à faibles revenus.

Nous devons toutes ces préconisations au rapport du Lancet countdown.

Les médecins en première ligne ?

Bien entendu le rôle des médecins est crucial dans cette contre-offensive contre les dangers du changement climatique, comme il l’a été dans la lutte contre le VIH, le tabac ou la polio. De ce point de vue, il serait plus efficace de définir des objectifs en termes de santé publique, plus concrets et mobilisateurs que la lutte contre le « changement climatique » .

Climat et santé : une préoccupation de plus en plus pressante pour le CNOM.

Il faudrait ainsi que les ministères de la Santé travaillent en coordination étroite avec les autres ministères autour d’enjeux environnementaux qui figureraient obligatoirement dans toutes les politiques publiques. Et le « Lancet », très inspiré, propose la mise en place d’un bilan bi-annuel sur le changement climatique et la santé publié par un nouvel organisme indépendant. Un de plus !

À la grande satisfaction de l’Association mondiale des médecins (WMA) dont le président a déclaré : « Nous, médecins, avons l’opportunité d’aider les autorités et pouvoirs publics à mieux comprendre les implications sanitaires du changement climatique. Nous pouvons expliquer comment les risques émergents qui lui sont associés interviennent sur la santé des individus et communautés, et contribuer à apporter des réponses pertinentes ».

La directrice du département Santé publique et environnement de l’OMS ne  voulant pas être en reste veut lancer un réseau d’associations de médecins pour mener la campagne « ma santé, mon climat ».

À notre avis cela devrait être plutôt « mon climat, ma santé » puisqu’en l’occurrence il s’agit de protéger la deuxième des désagréments du premier. Mais peut-être que les technocrates ne raisonnent pas comme nous….Il ne nous restera plus qu’à observer dans l’avenir la réelle efficacité de l’ensemble de ces initiatives qui tiennent plus, pour le moment, de la pétition de principe que de décisions fermes et définitives.

 

Mais nous terminerons sur une note positive en signalant que le syndicat de médecins libéraux l’UFML nous propose de travailler avec eux à la création d’une démarche RSE pour leurs propres adhérents. Cette collaboration serait  accompagnée d’un programme de formation continue sur les thématiques cruciales que nous avons évoquées. Une telle volonté exprimée par leur président Jérôme MARTY est la base d’une transition prometteuse pour le secteur des soins.

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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