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Dans nos établissements de santé « ça va de mieux en mieux » depuis 2003

servQu’est-ce qui va mieux ? Les contraintes physiques et le rythme de travail qui ont diminué.
Qu’est-ce qui s’est aggravé ? Les tensions avec les patients, selon la Drees. La proportion de personnels ayant des rapports tendus avec le public (patients, et accompagnants) est passée de 37,7% à 50%. Ce sont les agents d’entretien qui en sont le plus affectés : 19% en 2003 vs 32% en 2013) – les aides-soignants : 43% en 2003, 56% en 2013 !- les infirmiers et sages-femmes : 54% en 2003, 66% en 2013.

L’étude est organisée en trois dossiers :

– Conditions de travail dans les établissements de santé
– Structures des urgences hospitalières
– Tarification à l’activité (T2A) et réadmissions des séjours en chirurgie entre 2002 et 2012.

Cette enquête nommée « Conditions de travail » a été réalisée sur les années 2012 et 2013 et porte sur un échantillon de 4.300 personnels de l’ensemble du secteur hospitalier (public et privé). Cet échantillon important permet « d’analyser finement les différences de conditions de travail en fonction des professions et du statut des établissements », précise la Drees.
Elle fait suite à sa précédente enquête effectuée en 2003 et portant sur 5000 salariés.

Les contraintes de rythme de travail dans le secteur hospitalier auraient globalement diminué, même si elles restent « importantes » par rapport à d’autres secteurs.

Quelques chiffres :

– 30% des professionnels hospitaliers constatent avoir un rythme de travail imposé par des normes de production ou des délais à respecter en moins d’une heure.
– Ils étaient 48% en 2003 !
– Cependant cette proportion est toujours la plus importante de tous les salariés français : 27% pour l’ensemble
– 64 % de salariés hospitaliers déclarent devoir toujours ou souvent se dépêcher en 2013 au lieu de 68% en 2003.
– A noter que cette amélioration ne concerne pas les infirmiers et sages-femmes qui exercent toujours en urgence à 77%.
– Les salariés du « privé » subissent des rythmes et des délais plus contraignants que ceux du public. Cela tiendrait, d’après la Drees, à la différence d’activité entre les deux secteurs et à la part plus importante de chirurgie ambulatoire dans les établissements privés.
– La part du rythme de travail « soumis aux contrôles informatiques » a considérablement augmenté : 11,7% en 2006 – 41% en 2013. Soient 30% de hausse en moyenne pour les aides-soignants, infirmiers et sages-femmes.
– Les contraintes horaires telles que astreintes de week-end et travail de nuit restent stables depuis 2003, mais plus fréquentes et atteignent 60% du personnel médical. Soient 10% en plus.
– Inversement il y a moins de salariés qui travaillent au-delà de l’horaire prévu (journalier ou hebdomadaire) : 66% en 2013 contre 70% en 2003. Cette amélioration pourrait être due à la mise en place de la tarification à l’activité (T2A) en 2008 qui a favorisé un contrôle plus rigoureux des heures supplémentaires.
– Les salariés d’aujourd’hui ont-ils plus de possibilité de modifier leurs horaires de travail que ceux d’hier ? Non pour 77% d’entre eux…..contre 69% en 2003

Quelques autres constatations :

– Les « tensions » avec les collègues sont en baisse : 30,6% en 2013 vs 31,6% en 2003.
– Ainsi qu’avec la hiérarchie 33,9% en 2013 vs 39% en 2003. C’est toujours ça ! Mais cela ne nous console pas des chiffres catastrophiques enregistrés concernant les tensions avec le public et cités plus haut.
– Les personnels hospitaliers contraints à des déplacements à pied longs et fréquents ou souffrants de difficultés liées à des mouvements douloureux et fatigants, ont baissé de 11%.
– Mais 70,1% doivent rester longtemps debout vs 50,1% pour l’ensemble des salariés français)
– Il subsiste toujours une proportion de 61,5 salariés obligés à des déplacements à pied longs ou fréquents vs 34,4% pour l’ensemble des salariés)
– 62,4% doivent subir des charges lourdes (vs 40,8%) – et 56,8% effectuent toujours des mouvements douloureux (vs 36,9%) malgré l’amélioration constatée plus haut.

La question environnementale

– Sur neuf catégories de nuisances mesurées : saleté, humidité, courants d’air, température élevée ou basse, etc) : 46% des salariés du public en déclarent au moins trois caractérisant leur environnement 46% alors qu’ils ne sont que 38% dans le privé.
– Ce qui fait la plus grande différence entre les deux secteurs ce sont dans l’ordre : la saleté, les mauvaises odeurs, les températures élevées, l’absence ou le mauvais état des sanitaires et l’absence d’intimité.
– Les nuisances sont équilibrées quand on compare les déclarations des médecins et des professions administratives des deux secteurs.
– La différence est très accentuée chez les aides-soignants :
o 53% de ceux du public déclarent au moins trois nuisances, contre 40% dans le privé)
o 50% chez les infirmiers/sages-femmes, contre 44% dans le privé.

Ce qui tend à prouver, reconnaît la Drees, que, sur la question des nuisances environnementales, rien n’a vraiment changé depuis l’étude de 2003 !

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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