Des médecins partent en guerre contre les perturbateurs endocriniens.

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    pertC’est ainsi que la Fédération Internationale des Gynéco-Obstétriciens (FIGO) réunie en Congrès à Vancouver entre le 4 et le 9 octobre, vient de publier un premier appel qui conseille aux femmes enceintes (notamment) de manger bio. Il s’agit d’une initiative tout à fait originale et de grande ampleur. Soutenue par plusieurs associations, la Fédération Internationale, dénonce « les dégâts liés à la pollution chimique pour la femme enceinte et l’enfant à naître, dont les médecins sont les premiers témoins ».

    Et la déclaration de dénoncer «les fausses couches et pertes fœtales, les troubles de la croissance fœtale, le faible poids à la naissance, les malformations congénitales, les atteintes des fonctions cognitives ou du neurodéveloppement, les cancers de l’appareil reproducteur, la baisse de la qualité du sperme, les comportements de type troubles du déficit de l’attention et hyperactivité (TDAH), et l’agressivité chez l’enfant».
    Devant la progression de ces fléaux la Figo demande «aux obstétriciens, sages-femmes, professions infirmières en charge de la santé des femmes et autres professionnels de santé d’agir rapidement pour prévenir l’exposition aux toxiques chimiques environnementaux».

    Comment faire ?

    En intégrant mieux la santé environnementale dans les soins. Préoccupation à peu près négligée pour le moment.
    La Fédération propose donc aux médecins de conseiller, tant aux couples voulant procréer qu’aux femmes enceintes et allaitantes, «de consommer des fruits et légumes frais sans pesticide…. d’éviter les fast-foods et les autres aliments transformés autant que possible, tout en limitant les aliments lourds en graisses animales et les poissons contenant du méthylmercure».
    Signalons que cette déclaration de la Figo publiée jeudi a été signée par les sociétés savantes américaine, canadienne et britannique, ainsi que par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
    Rien, en revanche, du côté des médecins français ! …où la prise de conscience médicale est traditionnellement en retard sur les pratiques outre-Atlantique.

    La Figo n’est pas la seule à tirer le signal d’alarme.

    Elle a même été précédée par l’Endocrine Society – une autre société savante internationale – , qui a publié trois jours avant elle son deuxième avis scientifique sur les perturbateurs endocriniens. Le précédent remontant à 2009. Considérant l’ensemble des données recueillies et publiées au cours des six dernières années elle affirme qu’il «n’existe plus de doutes quant au fait que [ces substances] contribuent à la recrudescence des maladies chroniques, dont l’obésité, le diabète, les troubles de la reproduction, les problèmes thyroïdiens, les cancers, les troubles hormonaux et neurodéveloppementaux».
    Elle recommande à ses membres de continuer à «informer le public, les médias, les politiques et les agences gouvernementales sur les moyens de laisser les perturbateurs endocriniens à l’écart de l’alimentation, de l’eau et de l’air, et de protéger en particulier les enfants».

    Comment agir ?

    L’Endocrine Society indique plusieurs pistes de recherche pour les 5 prochaines années et conseille d’accélérer l’engagement scientifique sur le sujet. Outre l’intérêt thérapeutique elle estime que, du point de vue économique, la recherche en ces domaines sera bien moins couteuse que la prévention et le traitement des maladies. Rappelons qu’une étude de mars 2015 évalue à 157 milliards d’euros le coût médical entraîné par les ravages de ces substances chimiques.

    Quelle sera la réponse politique à une telle situation ?

    L’UE a accouché avec grande difficulté d’une interdiction du Bisphénol A dans la fabrication des biberons. Il semble que cette tentaculaire structure technocratique, si prompte à définir la courbure des bananes, la dimension idéale des préservatifs ou la profondeur des rainures dans les pneus, s’avère tout à fait impuissante à régler leur compte aux perturbateurs endocriniens destructeurs de la santé de nos enfants. Serait-ce faire preuve de mauvais esprit que de dénoncer le travail efficace de lobbying des industriels ? …. Comment expliquer alors que le règlement n°1107/2009 sur les pesticides qui prévoyait de fixer la liste des critères définissant ces substances pour mi-décembre 2013….est toujours en panne ? Étonnant non ?
    Et le restera tant que les institutions européennes concernées, ne décideront pas de remettre les industriels à leur place et face à leurs responsabilités.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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