Le coût sanitaire des subventions aux énergies fossiles

    subvention énergies fossiles

    Le coût sanitaire des subventions aux énergies fossiles est six fois celui qui avait été prévu par les Etats.

     

    Energies fossiles

    dépensesCeux-ci doivent payer deux fois:

    – une fois sous forme de subventions aux producteurs de pétrole, gaz ou charbon,
    – une fois pour faire face aux effets sanitaires que ces énergies entraînent.

    C’est en tout cas ce que démontre un rapport de la coalition d’ONG Alliance pour l’environnement et la santé (HEAL) qui montre que les pays du G20 qui sont censés subventionner les énergies fossiles à hauteur de 416 milliards d’euros, dépensent en fait six fois plus si on inclut  les dépenses liées aux effets sanitaires dus à l’utilisation d’énergie fossile :  soient 2.600 milliards d’euros pour soigner les infections respiratoires, les AVC, les crises cardiaques et autres cancers des poumons.

    Or, ces dépenses de santé liées à la pollution de l’air, au changement climatique et à la dégradation de l’environnement ne sont pas prises en charge par l’industrie des énergies fossiles mais par la société. C’est à dire vous et nous.

     

    Un classement désolant des producteurs d’énergies fossiles

    Le rapport prend en compte les subventions accordées aux producteurs d’énergie comme le pétrole, le gaz et le charbon dans sept pays du Nord et du Sud : Royaume-Uni, Chine, Pologne, Turquie, Allemagne, Inde et Afrique du Sud.

    On découvre que ces dépenses sont

     

    • 5 fois supérieures aux subventions payées au Royaume-Uni.
    • 18 fois supérieures en Chine.
    • Et 26 fois supérieures en Pologne, championne toutes catégories.

    Quant à notre pays il faut comparer les 1,41 milliard d’euros de subventions à la production d’énergies fossiles, aux 16,5 milliards d’euros annuels d’impact sanitaire dont ils induisent la dépense (chiffres du FMI).  Ce qui devrait nous consoler puisque l’Allemagne dépenserait 40 Md€ et la Pologne 36 Md€, mais ne nous console pas vraiment.

    On apprend ainsi que le pourcentage de décès prématurés entraînés par ces nuisances qui pourraient être évités, s’élève à

    • 24% en Allemagne
    • 3% en Grande Bretagne
    • 3%en Pologne
    • 5% en Inde
    • 1% en Chine
    • 2% en Afrique du Sud
    • 8 en Turquie

    Utiliser ces fonds pour améliorer le système de santé

    HEAL n’y v a pas par quatre chemins : elle engage les différents Etats développés à supprimer progressivement leurs subventions aux énergies fossiles d’ici à 2020; les sous-développés d’ici à 2025. Les pays du G7 qui s’étaient engagés en 2009 à éliminer les énergies fossiles à l’horizon 2025 se sont engagés dans la voie de cette diminution à l’exception des Britanniques qui ont augmenté ses subventions en exonérant les  producteurs de pétrole de la mer du Nord de toutes sortes de taxes.

    L’Alliance pousse la sollicitude jusqu’à indiquer aux Etats comment investir les sommes économisées pour améliorer la santé publique. L’Allemagne pourrait ainsi consacrer ses 5,1 milliards d’euros de subventions à la fourniture d’installations solaires à plus de 300.000 ménages. Elle pourrait encore, pendant les cinq ans à venir, financer la transition professionnelle de 15.000 salariés des centrales à charbon. Quant à la Pologne, elle pourrait utiliser ses fonds à construire plus d’une trentaine de nouveaux hôpitaux et employer 30.000 nouveaux médecins.

    ongUn des responsables de l’ONG va même jusqu’à déclarer : « Une des meilleures stratégies politiques pour réduire les subventions aux énergies fossiles consiste à mettre en place dans le même temps un système universel et gratuit de couverture des dépenses de santé financé par la suppression de ces subventions. Combiner ces deux mesures peut offrir des avantages significatifs sur le plan sanitaire, économique et environnemental. Cela peut également être un excellent atout politique pour les dirigeants qui mettront en place des services de santé gratuits pour leurs citoyens« .

     

    Toutes ces idées sont séduisantes, mais, comme pour toutes les idées séduisantes, il faut raison garder et voir si un serpent ne se cache pas sous les fleurs de « yaka ». Le monde industriel et le monde des ONG sont deux mondes bien trop imbriqués l’un dans l’autre, voire dépendants l’un de l’autre, pour qu’on évite de se demander quels calculs financiers se cachent derrière les propositions les plus généreuses.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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