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Entre 0.9 et 1.8 milliards d’euros annuels à la charge de notre système de soins du fait de la pollution de l’air extérieur.

Bien sûr, ce sont les maladies respiratoires qui absorbent l’essentiel de ce budget : l’asthme d’abord, entre 40 et 60%. Ces chiffres étant établis sur la base d’une étude du CGDD récemment publiée. Etude rendue d’autant plus impérative que la région parisienne a connu un épisode aigu de pollution dans le courant mars.

Cinq pathologies ont été prises en compte par le CGDD qui édite un tableau récapitulatif. Elles touchent toutes, principalement et logiquement, le système respiratoire. Ce sont : l’asthme, les bronchites aigües ou chroniques, les cancers des voies respiratoires et les broncho-pneumopathies obstructives chroniques.

Des coûts en cascade.

Sont pris en compte dans le budget global évoqué : les coûts de consultations, de traitements, des examens ou encore les dépenses d’hospitalisation. Les arrêts de travail ne sont pas oubliés qui viennent grever le budget des prestations sociales versées en espèce au malade.

Et pourtant le CGDD estime que ces coûts annoncés sont sous-estimés car : certains coûts annexes ne sont pas pris en compte ou sont mal identifiés dans la gestion du système de santé : par exemple le transport des malades, imparfaitement estimé – les prescriptions annexes par les généralistes, notamment pour les cancers. De plus les données « lorsqu’elles existent, sont très parcellaires, hétérogènes et se réfèrent à des années différentes ».
D’autre part, les chiffres ne tiennent compte que des nouveaux cas de maladies déclarées et non des récidives, comme pour le cancer. Enfin l’estimation de certaines dépenses prête à débat, comme celles de l’asthme qui pourraient être affinées.

Cet état de fait n’a pas échappé à la vigilance de notre gouvernement et plusieurs textes relatifs à la baisse de la pollution de l’air extérieur sont en discussion à l’assemblée, dans le cadre du projet de « loi de transition énergétique » ou du projet de « loi sur la santé ». Il est notamment proposé de prévoir des zones à circulation restreinte pour certaines collectivités. On a aussi adopté des mesures réglementaires pour renouveler le parc automobile trop « diesélisé ».
Le gouvernement veut améliorer la qualité de l’air extérieur et prouver qu’il agit, dans le temps où la commission européenne doit saisir la Cour de justice de l’UE pour sanctionner le non-respect des valeurs limites de PM-10 dans onze zones répertoriées.
N’oublions pas non plus que ce problème se cumule avec la problématique de l’air intérieur, qui assombrit encore plus le tableau.

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

Un choix de nos précédents articles consacrés à la Qualité de l’Air Extérieur et/ou Intérieur :

http://politiquedesante.fr/2014/12/21/propositions-de-lagence-primum-non-nocere-pole-expertise-du-c2ds-dans-le-cadre-des-textes-relatifs-a-la-qualite-de-lair-interieur/
http://politiquedesante.fr/2014/05/28/premiere-estimation-du-cout-de-la-pollution-de-lair-interieur-en-france-19-milliards-de/
http://politiquedesante.fr/2014/04/17/20-milliards-deuros-pour-reparer-les-degats-de-la-pollution-de-lair-interieur-et-beaucoup-plus-si-affinites/
http://politiquedesante.fr/2014/04/09/pollution-de-lair-en-2012-7-millions-de-deces-prematures/
http://politiquedesante.fr/2013/10/30/le-combat-pour-la-qualite-de-lair-exterieur-et-interieur-mobilise-les-bonnes-volontes/
http://politiquedesante.fr/2013/10/21/loms-est-categorique-la-pollution-de-lair-et-les-particules-fines-sont-des-cancerigenes-indiscutables/
http://politiquedesante.fr/2013/01/03/12-millions-de-francais-empoisonnes-par-la-pollution/

 

 

 

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