Les fabricants de PVC s’entendent comme larrons en foire.

    Nous dénonçons depuis longtemps les dangers représentés par les substances polluantes émises dans l’air que nous respirons par le PVC largement utilisés dans les matériaux de construction et de décoration.

    Déjà dès 2006, nous avions alerté les médias et les établissements de santé sur la présence de phtalates dans les matériaux de construction et revêtement de sols. Les fabricants de sols, s’entendaient déjà pour ne pas nous répondre sur cette alerte, nous renvoyant vers les lobbyistes de leur syndicat pour nous expliquer que « le PVC ne générait aucun effet néfaste  ni risques pour l’homme », pire que « le PVC contribue au développement durable ».

    La réglementation a pris acte de l’insalubrité de ce produit et a mis en place en septembre 2013 une étiquette qui indique le niveau d’émission de polluants volatils des produits utilisés. Ceux-ci sont désormais classés de A+ pour les moins dangereux à C pour les pires.

    Le temps nous a donné raison, ces industriels viennent enfin d’être condamnés !

    Un Pacte inqualifiable

    Ainsi l’Autorité de la Concurrence a dû sanctionner, en octobre passé, l’entente illicite que les trois principaux fabricants de sols en PVC avaient conclue entre eux et qui consistait :

    • À ne pas se faire de concurrence sur les prix
    • À ne pas se faire de concurrence en matière environnementale

    Nous citons :

     » En effet, Gorbo, Gerflor et Tarkett, avec le concours actif du SFEC ont pris part à un accord prenant la forme d’une charte imposant que la communication au public sur les performances environnementales de leur produit soit exclusivement fondée sur les moyennes retenues au sein du syndicat. En s’interdisant de communiquer sur la base de données environnementales individuelles, fondées sur les performances spécifiques de chaque fabricant, les entreprises ont renoncé à se faire concurrence sur la base des mérites de leurs produits respectifs au regard des critères environnementaux, alors même que les performances environnementales des revêtements de sols, notamment en ce qui concerne l’émission des composés organiques volatils, se sont imposées comme l’un des principaux critères de choix des clients distributeurs, professionnels ou consommateurs particuliers. Cet accord a pu dissuader les entreprises d’améliorer les performances techniques de leurs produits et d’investir dans les processus innovants visant à en améliorer les performances environnementales, Il a ainsi réduit le bien-être des utilisateurs finals.

    Les entités  mises en cause (entreprises et syndicats) ont toutes sollicité de l’Autorité, le bénéfice de la procédure de transaction, en application des dispositions du III de l’article L-464-2 du code de commerce. La mise en œuvre de ces dispositions a donné lieu, pour chacune de ces entités à l’établissement d’un procès-verbal de transaction, signé avec le rapporteur général, fixant le montant maximal et le montant minimal de la sanction pécuniaires envisagée. Dans ce cadre procédural, l’Autorité a prononcé des sanctions d’un montant suivant :

    • 165.000.000 € pour Tarkett
    • 62.000.000 € pour Gerflor
    • 75.000.000 € pour Forbo
    • Et 300.000 € pour le SFEC »

     

    Il faut croire que les trois PDG des poids lourds que sont Forbo, Gerflor et Tarkett – 86% de part de marché en France pour les ventes aux professionnels et 66% au grand public (chiffres portant sur la période 2001/2012)- ont soigneusement lu « Le Parrain » et se sont inspirés des discussions pour réglementer la concurrence entre les « familles » new-yorkaises.

    Entente qui comportait des réunions régulières entre représentants des trois « familles » pour établir les prix minimums ou les hausses à appliquer. Ils s’informaient aussi les uns les autres sur leurs ventes et sur les stratégies à adopter pour « traiter » certains clients ou concurrents.

    Certes, il ne s’agissait pas de se partager les trottoirs de New-York ni les zones de distribution de la drogue (enfin, pas la même), mais on avouera que les mœurs révélées par ces accords apparaissent comme assez « mafieuses ».

    Et d’autant plus condamnables que les intérêts à protéger par ce système, concernent la diffusion de produits indispensables au logement des Français et de leur hôpitaux, et dont nous devrions pouvoir être assurés qu’ils sont parfaitement sains.

    En plus subtil et toutes proportions gardées, cela rappelle la diffusion des huiles d’olive trafiquées (et mortelles) en Espagne au début des années 80,  sans oublier celle du sang contaminé.

    Une faute morale assumée

    Mais le pire à nos yeux, c’est le mépris évident manifesté par ces entreprises concernant la santé publique. En effet l’entente comportait un volet environnemental (ou plutôt anti-environnemental) qui consistait en une charte qui imposait « de ne pas chercher à mettre en avant les performances environnementales de tel ou tel produit« . En clair : à laisser le consommateur dans l’ignorance de la nocivité éventuelle des dits produits.

    Eliott Ness, au secours ! Ils sont devenus fous !

    Bref, nous ne saurons jamais s’il y avait vraiment quelque chose de pourri au royaume de Danemark comme s’en inquiétait ce pauvre Hamlet, mais de pareilles pratiques montrent bien qu’il y a encore beaucoup d’écuries d’Augias à nettoyer dans notre pays. Dénoncer ces scandales où la confiance du consommateur est toujours trahie, devrait pouvoir y contribuer. Mais le poids des résistances (et des ententes secrètes) est très grand.

    Chaque année au pied du sapin nous trouvons des jouets pour enfants pleins de phtalates considérés cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques !!! Cette industrie du PVC est très structurée, nous devons être très vigilants dans nos achats, analyser les étiquettes et maîtriser la composition exhaustive des produits que nous achetons ou référençons…

     

     

     

    Ainsi comment interpréter le fait que les laboratoires de l’air, de laits infantiles, ne nous répondent pas quand nous leur demandons de nous donner la composition exhaustive des produits qu’ils commercialisent ?

    Ou, quand ils veulent bien réagir, comment comprendre qu’ils se contentent de nous faire répondre par « alliance 7 » (Fédération des produits de l’épicerie et de la diététique) ? pour nous dire qu’il ne nous répondrons pas !

    Pour notre part, nous ne résoudrons jamais à « laisser faire » sans réagir. Les deux courriers que nous reproduisons en fichiers joints, devraient vous en convaincre.

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

    Fichiers Joints :

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