Les fleurs coupées ? Un cadeau empoisonné pour la planète.

    Les fleurs coupées ? Un cadeau empoisonné pour la planète.

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    Qu’on en juge. Sur France 2 la journaliste nous explique : “La plupart des fleurs que nous achetons ne sont pas françaises. 85% des fleurs coupées sont importées des Pays-Bas, de l’Équateur ou du Kenya”. Bonjour l’empreinte carbone…

    Pour en savoir plus : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/saint-valentin-l-incroyable-bilan-carbone-des-fleurs_2056335.html

    Mais quand on constate que les roses cultivées en Hollande le sont sous serres chauffées alors que les roses venues du Kenya poussent au soleil du Bon Dieu, on se dit que la distance n’est peut-être pas le facteur unique pour juger des nuisances entraînées par la confection du bouquet de fleur de la saint Valentin ou de la Fête des Mères : 25 roses hollandaises polluent autant que 20 kms en voiture.

    De quoi réfléchir, non ?

    Et surtout de quoi décider de choisir des fleurs françaises avec le label Fleurs de France : Plante bleue, MPS ou AB

    Offrir des fleurs c’est bien et nous ne voudrions dissuader personne de le faire, mais à condition de savoir d’où elles viennent et de faire le bon choix. Surtout quand on sait que le problème des roses – qui constituent la moitié de l’ensemble des achats de fleurs en Europe – avec leur cortège de nuisances : transport en avion, utilisation de pesticides, consommation d’eau, occupation de terres agricoles, est loin d’être le seul. Si bien que le petit bouquet acheté chez le fleuriste ou dans votre supermarché constitue « une véritable aberration écologique et économique ».

    Vous me direz que c’est loin d’être la seule et sans doute pas la plus grave dans un domaine où le bon sens a, depuis fort longtemps, été étouffé sous les considérations mercantiles des grands réseaux de fabrication et de distribution.

    Les fleurs coupées ? Un cadeau empoisonné pour la planète.Il faut savoir que 90% des roses, orchidées et tulipes sont importées : Amérique centrale, Afrique, Inde. Et, comme elles supporteraient sans doute difficilement un transport en containers de plusieurs semaines sur un cargo quelconque, elles ne voyagent qu’en avion. Bonjour les GES !

    Mais ce n’est pas tout. La floriculture est une culture des plus polluantes à cause de la fragilité du produit et des exigences de perfection de l’acheteur. On ne lésinera donc pas sur les pesticides (souvent dangereux et interdits en Europe) sur les engrais et sur la consommation d’eau ; non seulement pour les arroser mais aussi pour « diluer les substances chimiques à vaporiser » ! Les fleurs sont très fragiles et sensibles aux conditions extérieures : il faut donc aussi veiller aux écarts de température, à la pluie, au vent,  à la brûlure du soleil pour certaines. D’où la culture sous serre. Ce qui entraîne la mise en œuvre d’un système de climatisation : chauffage ou réfrigération … et donc l’émission de CO2). Il leur faut aussi un éclairage lorsque la lumière naturelle est insuffisante à certaines périodes de l’année (en Hollande tout particulièrement). De plus les arrosages sous serre sont plus nombreux qu’en cas de culture en pleine terre.

    C’est ainsi qu’au Kenya la culture des roses, dont les exploitants entourent le lac Naivasha, a réussi à mettre en péril la riche biodiversité du site : eaux trop polluées et baisse de leur niveau par pompages excessifs pour irriguer les rosiers sont en train d’éradiquer toute forme de vie naturelle.

    Les fleurs coupées ? Un cadeau empoisonné pour la planète.L’autre aspect néfaste de cette énième manifestation d’un « progrès » technique exercé sans conscience et sans mesure, concerne la santé des personnels (mal payés) qui travaillent dans ces exploitations : exposés à des substances chimiques dangereuses sans ils ne bénéficient d’aucune protection, ni d’aucune information.

    Sans oublier que les terres exploitées pour produire des fleurs parfaitement inutiles et superfétatoires à nos besoins véritables, mobilisent des terres fertiles qui pourraient et devraient être utilisées pour des cultures vivrières. Ce qui nous paraît scandaleux quand on connaît les problèmes alimentaires que ces pays exotiques peuvent rencontrer. Notamment l’Inde.

    Mais les économistes indiens ont toujours la ressource d’affirmer à leurs compatriotes qui meurent de faim auprès d’un champ de roses que c’est leur  karma !

    Comment acheter des fleurs en toute conscience et responsabilité ?

    Voici les conseils que nous avons relevés dans un article qui était consacré à ce problème et dont voici le lien : https://www.gerbeaud.com/nature-environnement/fleurs-coupees-pollution-environnement.php

    • Le label AB : les fleurs étant des produits agricoles, en théorie, elles peuvent bénéficier du logo AB et être certifiées comme étant issues de l’Agriculture Biologique. En pratique, les fleurs bio restent rares (voire rarissimes)… et c’est dommage ;
    • Les fleurs issues du commerce équitable (Max Havelaar) : certes, un produit “équitable” n’est pas forcément un produit obtenu de manière respectueuse de l’environnement, mais au moins, on sait que les personnes qui ont travaillé pour sa production ont été correctement rémunérées, et dans le cadre d’une relation commerciale durable ;
    • Les fleurs produites localement : la Charte Qualité Fleur garantit, outre une fleur d’une excellente qualité et présentant une très bonne tenue en vase, une production locale (et donc, au minimum, française) ;
    • Plus confidentielles, plus contraignantes mais aussi plus militantes, les démarches de type AMAP ou cueillette à la ferme sont aussi une bonne solution pour dénicher des fleurs locales et de saison.

    La bonne solution quand on aime les fleurs ?

    • Acheter des fleurs dont vous êtes sûr qu’elles sont cultivées localement.
    • Plus difficilement : assurez-vous qu’elles ne sont pas cultivées sous serres, grandes consommatrices d’énergies et polluantes.
    • Cultivez-en vous-même. Dans votre jardin si vous en avez un, sur votre terrasse, sur votre balcon, sur l’appui de vos fenêtres ou en pot sur votre table de travail ou de salle à manger…
    • Sachez en outre que les jonquilles, les dahlias et le jasmin, n’exigent pas une culture sous serre. Donc pour le prochain anniversaire de votre femme ou de votre mère, vous devriez savoir quoi faire. Le cactus en pot, peu gourmand en eau, devrait convenir pour votre belle-mère

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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