La Gentilhommière, une maison de retraite « high-tech » !

    Interview de Christophe Hézèque, Directeur de la Résidence La Gentilhommière
    La Gentilhommière est une propriété du parc médico-social de l’Agirc-Arrco. Située à Boussy-Saint-Antoine dans l’Essonne, cet ancien foyer-logement rénové en 2011 est aujourd’hui un véritable EHPAD high-tech !
    Tout a commencé par un concours d’architecte lancé en 2007

    Christophe Hézèque, Directeur : « Les groupes de protection sociale des fédérations Agirc et Arrco, qui finançaient une grande partie du projet, voulaient un bâtiment innovant et exemplaire. Le plan de travaux a donc été plus ambitieux que prévu. Notre choix d’innovation s’est porté sur la gérontechnologie pour accompagner la personne âgée dans le domaine de la santé, de la sécurité et du lien social. Ce qui devait être une restructuration s’est finalement transformée en reconstruction partielle. Les travaux ont débuté en 2011 pour une livraison de la première partie du bâtiment en août 2013 et la seconde partie en octobre 2014. »

    Le système de domotique devait être facile à utiliser par les résidents et les salariés

    Christophe Hézèque : « Nous avons porté une réflexion sur la capacité des résidents à utiliser les nouvelles technologies. Il fallait un système facile à utiliser, c’est ce que nous avons recherché. J’ai également interrogé les salariés et les résidents sur la perception qu’ils avaient de toutes ces nouvelles technologies. Il n’y a pas vraiment eu de personne réfractaire, la principale difficulté que nous avons rencontrée était de trouver des professionnels qui puissent nous former à l’utilisation de la domotique. C’est un peu comme la HQE(1) dans le bâtiment, tout le monde en parle, les entrepreneurs du bâtiment disent qu’ils connaissent, mais lorsqu’ils sont sur le chantier ce n’est pas toujours évident d’avoir les réponses à nos questions. »

    La formation à l’utilisation des systèmes de domotique n’est pas si facile à trouver

    Quinze nouvelles technologies équipent le bâtiment et quelques expérimentations en cours

    Christophe Hézèque : « Les résidents peuvent par exemple de leur lit commander l’ouverture et la fermeture des volets, les lumières et l’appel soignant grâce à une seule télécommande. Il y a seulement quatre boutons sur le boitier, c’est donc facile à prendre en main et à utiliser.

    Nous avons également équipé le bâtiment en vidéosurveillance et vidéo-vigilance. Dans un établissement comme le nôtre, les agents de nuit ne sont que deux, le système de vidéosurveillance permet au personnel d’être rapidement averti si la personne âgée chute, si elle reste trop longtemps dans la salle de bain ou si elle essaie de sortir de la résidence. A l’extérieur du bâtiment, ce sont des barrières infra-rouges qui nous informent en cas d’intrusion.

    Tous les dossiers de soins sont informatisés, nous expérimentons la télémédecine gériatrique avec la possibilité d’avoir un médecin 24h/24h sur une plateforme. Le médecin possède le dossier médical du résident et peut accéder à distance à l’oxymètre et au tensiomètre branchés. Ce qui lui permet dans un premier temps de définir si les soins sont urgents ou pas. Nous sommes à 3,2% de passages de nos résidents aux urgences sans hospitalisation à la suite, alors qu’au niveau régional le taux est de 32% et de 26% au niveau national. Nous avons donc de très bons résultats avec la télémédecine, et les résidents évitent une longue attente aux urgences. »

    La domotique facilite la vie du résident et favorise le lien social

    Christophe Hézèque : « Nous avons un espace multimédia à la disposition de tous. Il permet notamment d’avoir des connexions avec les familles un peu éloignées. Il y a par exemple un panneau d’affichage tactile à leur disposition pour consulter tous nos documents, comme les comptes rendus des conseils de vie sociale, la photothèque, … C’est aussi dans cet espace que les résidents participent à la conception de notre journal interne mensuel, avec nos animatrices qui les aident à rechercher les informations. L’espace multimédia est finalement un lieu de vie et d’animation pour nos résidents et leurs familles, mais également pour nos salariés.

    Il y a aussi la salle des fêtes équipée d’un grand écran et d’une acoustique adaptée pour ne pas avoir de réverbération du son. Un système de boucles magnétiques renvoie tout ce qui est sonorisé directement dans les appareils auditifs des seniors. Nous proposons aussi des approches non médicamenteuses avec un espace multi-sensoriel, et deux salles de balnéothérapie, la médiation animale, l’art thérapie,… »

    Les nouvelles technologies améliorent la qualité de vie au travail

    Christophe Hézèque : « Un exemple, nous avions demandé dans le cahier des charges du concours d’architecte que la maintenance du bâtiment soit facilitée. Résultat, nos agents techniques n’ont plus à se faufiler par la petite trappe d’accès de la chambre pour assurer la maintenance. Nous avons de vraies portes, de grandes portes pour leur faciliter le travail lorsqu’ils interviennent dans les chambres des résidents. 

    Les salles de kinésithérapie et de balnéothérapie, où les patients sont souvent manipulés, sont équipées de rails de transfert. Cela nous a permis de réduire le nombre de TMS(3) et d’accidents du travail. Globalement notre taux d’absentéisme lié aux maladies professionnelles a diminué. Et puis les salariés sont fiers de leur outil de travail. Quand on parle « maison de retraite », l’image d’Épinal qui persiste dans notre société est celle d’un mouroir ou d’un hospice. Notre résidence « high-tech » change un peu la donne. Cela nous permet de véhiculer une meilleure image et de valoriser notre service au « grand âge ».

    Accompagner des personnes qui sont en fin de vie et qui ont besoin des autres, c’est quand même un beau métier. Nous pourrions être plus futiles et vendre de la mode !

    De nouveaux projets ?

    Christophe Hézèque : « Des projets, nous en avons tout le temps. Augmenter la qualité fait partie de notre axe prioritaire de travail, nous sommes d’ailleurs engagés dans une démarche RSO(2) et nous sommes toujours accompagnés en matière de développement durable par l’agence Primum Non Nocere. Nous souhaitons faire perdurer la télémédecine gériatrique. Après la télé-régulation, la téléconsultation avec neuf spécialités sur deux hôpitaux, nous allons poursuivre la mise en place de la téléformation et de la télé-expertise. »

     


    • (1)HQE : Haute Qualité Environnementale
    •  (2)RSO : Responsabilité Sociétale des Organismes
    • (3)TMS : Troubles Musculo-Squelettiques

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