Un « Guide » contre les violences hospitalières ? Sans rire !

    Un « guide » à l’usage de nos établissements de santé pour prévenir les « attentats » et avoir les « bon réflexes » en cas d’attaque terroriste ! Ce serait presque désopilant s’il ne s’agissait d’une question aussi grave !

    Nos hôpitaux et cliniques ne sont pas – en tout cas pas encore mais cela ne tardera guère si on laisse la situation pourrir  – affrontés à des « attentats » mais à des violences individuelles quotidiennes et de plus en plus agressives : une toutes les 30 minutes 48 par jour !

    Agressions perpétrées à titre individuel, par une certaine catégorie d’individus qui n’ont pas besoin (pour le moment) de se réclamer d’une quelconque idéologie pour donner libre cours à leur violence et leur brutalité, sachant qu’elles ne seront pas sanctionnées.

    Un « guide » pour endiguer ce fléau cela revient à distribuer un « guide » de navigation pour affronter une inondation.

    Des mesures concrètes et impératives sont indispensables.

    Nous les avons indiquées dans un précédent article de ce  blog. Nous les réitérons ici afin que nul ne puisse dire que nous n’avions pas –  à temps et à contretemps – alerté nos responsables (jusqu’au sommet de l’Etat) du danger et des remèdes à lui apporter.

    Nos propositions.

    Nous demandons impérativement que l’édition de ce « guide » soit complétée par les mesures suivantes :

    • envisager la création d’une stratégie sécuritaire dans le monde hospitalier,
    • envisager des systèmes de visio-surveillance,
    • limiter les visites,
    • organiser la surveillance des multiples accès par des rondes de jours et de nuit,
    • installer des portiques de sécurité, à l’instar de la SNCF qui dispose désormais de son propre service de police ou encore des palais de justice dont l’accès est systématiquement contrôlé…
    • Créer une police hospitalière,
    • Fournir tous moyens nécessaires pour éviter le pire.

    Sur le plan des moyens nous écrivions que  » confier à certains des Six Millions de chômeurs que compte notre pays, judicieusement sélectionnés, formés et encadrés, le contrôle et la sécurisation des lieux, la vérification de l’identité des visiteurs, pour assurer un plan de sureté des instances hospitalières françaises nous paraît devoir constituer une véritable priorité nationale. »

    Il faut un temps où devant un problème quelconque, les Gouvernements créaient une Commission. Un pas de plus dans le dérisoire est franchi puisqu’aujourd’hui l’Etat publie un « Guide » qui est censé le dispenser de la mission de protection dont il a la charge et la responsabilité devant le peuple français affronté à un réel état de guerre sur son propre sol.

    Cela ne pourra plus durer très longtemps

    Les arguments cosmétiques du responsable de l’ONVH.

    Nous étions prêts à publier ce papier lorsqu’est parue une interview du directeur (sous peu remplacé) de l’ONVS, Arnaud Poupard. Interview dont il profite pour nous dévoiler une « nouvelle fiche réflexe centrée sur les six points clés d’une politique de sécurité en établissement sanitaire ou médico-social« .

    Dire que nous sommes navrés après lecture de l’analyse de ce Monsieur, serait très au-dessous de la réalité.

    Remarquons simplement que ce Monsieur qui ne s’était jamais exprimé sur ces sujets brûlants, qui ne s’était jamais donné la peine d’alerter l’opinion publique sur les violences qui se multiplient dans les établissements de santé, nous offre la puissante analyse suivante :

    • La situation est sous-évaluée (par la faute des établissements de santé qui ne font pas remonter les informations à l’ONVS
    • et par la faute des soignants : « Sans plainte des soignants, même pour une agression mineure, la violence ne s’arrêtera pas« . Tout le monde sait, bien sûr, que le taux de violences est inversement proportionnel à la somme des « mains courantes » déposées au fond d’un tiroir de commissariat ou de gendarmerie !
    • mieux encore : une des responsables de la violence dans nos lieux de santé c’est la HQE à cause de laquelle « les ondes passent mal » dans les édifices

    Ce que constatant l’ONVS volant au secours des soignants….sort un Guide, que les agressés n’auront qu’à consulter quand ils seront attaqués par leurs agresseurs.

    Et de nous gratifier des six points clés qui, d’après lui vont guérir nos établissements de santé de la violence quotidienne dont ils sont le théâtre :

    • l’analyse systématique et exhaustive des atteintes aux personnes, aux biens et à l’information pour objectiver et reconnaître les situations de risques, afin de sortir du « ressenti » et de dégager la « pluricausalité » des agressions ;
    • l’amélioration de l’organisation du travail et la gestion de la relation avec les usagers pour éviter les situations conflictuelles (séparation des flux personnels/patients, mise en place d’une frontière hermétique entre espaces clinique et public, transparence des services, gestion du temps d’attente, retour de l’information vers les patients/résidents et accompagnants…) ;
    • développer la prise en charge et l’accompagnement des victimes d’agressions, tant sur le plan médico-social, psychologique, professionnel que juridique ;
    • améliorer l’ergonomie, la propreté, le confort des lieux d’accueil du public mais aussi la sécurité des postes de travail et des accès aux locaux de l’établissement ;
    • former régulièrement les salariés à la maîtrise des procédures de gestion des risques mais aussi à gérer des situations conflictuelles et à désamorcer la violence des usagers ;
    • mettre en place plusieurs niveaux de communication adaptés aux objectifs visés (de la communication sur la prévention à la communication de crise en différenciant le court du long terme).

    Bref, un parfait catalogue de mesures typiquement technocratiques parfaitement secondaires (qu’on comparera utilement à celles que nous préconisons plus haut) et qui seraient sensées mettre un terme aux 14500 agressions annuelles, près de 50 agressions quotidiennes !

    Chiffres reconnus comme sous évalués) auxquels l’ex- directeur de l’ONVS oppose….300 arrestations annuelles : soit 1 agresseur sur 48 mis sous les verrous (et encore…)

    Il règne autour de cette situation un silence assourdissant : aucun média pour nous offrir une grande enquête ! aucun débat à l’Assemblée Nationale !

    Or la situation est très grave, pour notre part nous avons alerté l’Etat au plus haut niveau car, se contenter d’analyser des chiffres qui ont prêt de deux ans de retard, relève au mieux de l’inconséquence au pire de la forfaiture.

    L’Observatoire observe benoîtement et les pouvoirs publics regardent ailleurs tant le sujet  est  brûlant car impliquant des choix de société entraînant des mesures politiques courageuses étant donné le profil général des « agresseurs ».

    Là réside le nœud du problème.

    Nos conclusions.

    On veut nous balader en orientant la faute vers les soignants ou vers les directions qui ne portent pas plaintes systématiquement ou qui ne font pas remonter les informations ! On les comprend puisque les uns et les autres ne peuvent que constater leur total abandon à leur sort.

    J’ai moi-même dirigé des établissements pendant 20 ans et je peux confirmer que constater la totale absence de réaction de la part des autorités, à de multiples plaintes déposées, finit par décourager d’entreprendre une énième démarche inutile et souvent mal accueillie.

    Le seul problème réel consiste dans un effondrement du sens civique qui rend totalement insuffisante la sécurité telle qu’elle était traditionnellement assurée dans nos établissements. Or, faire face à cette explosion de violence qui oblige chaque citoyen à s’entourer de multiples dispositifs de sécurité, est au-dessus des moyens dont les établissements disposent.

    Combien d’entre eux sont-ils dotés de vidéo surveillance ?,

    Combien disposent-ils de contrôle systématique des entrées ?

    Combien peuvent recruter des agents de sécurité de jour et de nuit ?

    Combien bénéficient-ils de rondes de nuit ?

    Combien peuvent-ils faire respecter les heures de visites ?

    Combien peuvent-ils entourer les nouveaux de moyens de surveillance efficaces ?…

    Un peu de sérieux Messieurs les technocrates et Messieurs les politiques : les derniers chiffres que vous daignez nous communiquer datent de 2014, alors que 2016 se termine et que nous n’avons aucune indication 2015 dans le même temps où vous disposez d’une plateforme en ligne !

    Nous devrions connaitre ces chiffres tous les mois pour adapter moyens et formation.

    Mais cette information en temps réel dénoncerait si bien vos argumentations sophistiques qu’on comprend parfaitement que vous cherchiez à la retarder du mieux possible.

    En attendant que la situation explose vraiment faute de l’avoir traitée à temps.

     Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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