L’immuno-oncologie : un traitement d’avenir pour combattre le Cancer ?

    L’immuno-oncologie : un traitement d'avenir pour combattre le Cancer ?
    Avant d’aborder le domaine de l’immuno-oncologie il nous faut rappeler que le système immunitaire « est un ensemble de mécanismes de défense de l’organisme face au « non-soi« .

    A ce titre il nous défend contre les agents infectieux extérieurs, mais aussi contre les transformations de nos propres cellules, parmi lesquels les processus de cancérisation. Mécanisme très complexe dans lequel on peut cependant distinguer :

    • l’immunité innée présente chez tous les êtres vivants destinée à s’attaquer à tout agent extérieur ou « anormal », de :
    • l’immunité adaptative, présente chez les seuls vertébrés et spécifiquement dirigée contre certaines caractéristiques du pathogène ou de la cellule transformée. Ce deuxième type d’immunité est doté d’une « mémoire ». C’est ce mécanisme immunitaire qui est mis en jeu dans la vaccination par exemple, mais aussi avec les anticorps immunomodulateurs de nouvelle génération ou les anti-PD1/PDL1 actuellement en essais cliniques.

    → Pour en savoir plus sur l’immunité et l’immunothérapie

    Cancer : le remède « oublié » ?

    Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est une application de l’immunothérapie contre le Cancer, découverte à la fin du XIXème (1890), et qui a été « oubliée » depuis.

    Un cas étrange

    Il s’agit de la découverte réalisée par le Dr William Coley qui, profondément affecté par la mort précoce d’une de ses patientes par un Cancer des os, va consacrer ses efforts à découvrir un traitement efficace. Après avoir traqué plusieurs pistes, le Dr Coley découvrira un cas étrange qui va le mettre sur la piste :  il met à jour le dossier médical d’un homme dont le sarcome a mystérieusement disparu après avoir attrapé….l’érysipèle (maladie pratiquement disparue).

    L’érysipèle est une infection de la peau agressée par un streptocoque : grosses plaques rouges – accompagnées de fièvre – qui peuvent toucher le visage, mais plus souvent les jambes, et s’accompagne de fièvre. On en guérit aisément.

    Or ce dossier révèle que le sarcome de ce patient a brutalement disparu après qu’il ait attrapé cette fameuse érysipèle !

    Une voie de traitement

    Sa curiosité mise en éveil, le Dr Coley va découvrir plusieurs cas semblables  apparus à des époques souvent très lointaines : à chaque fois le Cancer (sarcome) a disparu après que la peau ait été infectée.

    Suivant l’exemple d’illustres devanciers (Pasteur, Koch) le bon docteur va inoculer ce streptocoque – en mai 1891- à un premier patient atteint d’un Cancer de la gorge. Résultat : régression quasi immédiate du Cancer et une rémission de 8 ans ½ !

    D’où l’idée de créer une « mixture » de bactéries mortes (moins dangereuses) : les Toxines de Coley. Mixture peut-être, mais – injectée jusqu’à entraîner de la fièvre – la dite mixture s’avère efficace même dans le cas des cancers déjà métastasés !

    Le premier cas, un jeune patient de 16 ans, atteint d’une tumeur abdominale massive, voit sa tumeur régresser  après plusieurs injections répétées à deux ou trois jours d’intervalle et entraînant un épisode fiévreux à chaque fois. A chaque injection, il faisait une poussée de fièvre… et la tumeur régressait. Quatre mois après la première injection la tumeur avait perdu 4/5 de sa taille originelle ! Trois mois plus tard elle n’était plus perceptible et la guérison totale survint peu après.

    Le patient ne mourut que 26 ans plus tard….d’un infarctus.

    Comment a-t-on pu « oublier » une telle découverte qui aurait amélioré le sort de millions de personnes et sauvé la vie de nombre d’entre elles ?

    A cause de la radiothérapie et de ses machines à rayons, plus facilement industrialisables (donc plus rentables pour le fabricant, faut-il le souligner ?)

    Or Coley, s’équipant lui-même de deux machines de radiothérapie, put prouver de leur efficacité moindre par rapport au traitement avec ses « toxines » qu’il poursuivit pendant quarante ans, jusqu’à sa mort le 16 avril 1936.

    Rien n’y fit. La radiothérapie puis la chimiothérapie et les fabuleux bénéfices qu’elles entraînent étouffèrent le recours à ce remède, « bien plus simple, moins dangereux, et surtout beaucoup moins coûteux« .

    Une redécouverte

    Jusqu’en 1999 où des chercheurs ayant repris les archives laissées par le Dr Coley et comparant les résultats obtenus avec ceux des traitements les plus modernes contre le Cancer…. ont découvert que ceux de Coley étaient supérieurs !

    Pour preuve : la déclaration de Charlie Starnes, chercheur chez Amgen, une des premières sociétés mondiales de biotechnologie, qui travaille en France avec l’Institut National du Cancer : « Ce que Coley faisait pour les malades du sarcome à l’époque était plus efficace que ce que nous faisons pour ces mêmes malades aujourd’hui ».

    Qu’on en juge :

    • 50% des patients de Coley touchés par le sarcome vivaient dix ans ou plus après le début du traitement,
    • 38 % avec les thérapies les plus récentes !
    • Résultats également supérieurs pour les cancers des reins et des ovaires.
    Un espoir

    Aujourd’hui, MBVax (USA) a repris les recherches sur les Toxines de Coley.

    70 personnes ont déjà bénéficié de cette thérapie entre 2007 et 2012. Avec des résultats si encourageants que la revue Nature leur a consacré un grand article en 2013. Information reprise par Le Point en France (8 janvier 2014).

    Thérapie – non-homologuée pour le moment – mais qui a bénéficié à des personnes en phase terminale, affectées de mélanomes, de lymphomes, de tumeurs malignes dans le sein, la prostate, les ovaires.

    Malgré l’extrême gravité de ces cancers, les Toxines de Coley ont provoqué une diminution des tumeurs dans 70 % des cas, et même une rémission complète dans 20 % des cas, selon MBVax.

    Où est le problème pour diffuser ce traitement quasi « miracle » ?

    C’est tout simple : la réglementation actuelle est si contraignante que, pour mener à bien les recherches préalables nécessaires à une industrialisation et construire une unité de production aux normes européennes ou nord-américaines, il faudrait dépenser des centaines de millions de dollars.

    Et déjouer le tir de barrage que ne manquerait pas de déclencher les lobbies de « l’industrie » du cancer qui risquerait d’y perdre une source de revenus exponentiels.

    Ce qu’a réalisé un simple médecin en cabinet hier, n’est plus possible aujourd’hui dans notre monde hyper-technologique, hyper-réglementé, et hyper-étouffant sous couleur de « progrès ».

    Il faudrait que quelqu’un ait le courage et de « casser la baraque » et contraigne l’ensemble des technocrates qui peuplent les comités Théodule qui phagocytent et paralysent notre système de santé, à lâcher prise pour libérer enfin les forces véritables de progrès thérapeutique,  indispensables à sauver les vies humaines, toutes résistances technocratiques ou mercantiles étant enfin vaincues.

    Ce n’est pas demain la veille ? Voire…..

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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