L’insécurité des personnels de santé : combien de temps encore ?

    Voici qui relance la campagne que nous avons déclenchée auprès de l’Elysée et du ministère de la santé concernant l’insécurité des personnels soignants et administratifs, tant en libéral que dans nos établissements de santé. Le figaro du 1er Février nous a appris  » qu’un médecin de 64 ans avait été retrouvé tué d’une trentaine de coups de couteau dans son cabinet de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir)« .
    L’Assemblée nationale nous expose

    C’est le moment même qui a été choisi par l’assemblée nationale pour rejeter un amendement de MR GOSSELIN proposant la possibilité de fonder les entreprises de sécurité privée à assurer des missions de surveillance des établissements hospitaliers, et notamment de leurs services d’urgence, par l’intermédiaire d’agents pouvant être armés.

    Mme le Ministre nous enfume

    Et c’est le moment que choisit Marisol Touraine, ministre de la santé, pour répondre, enfin, aux deux courriers que nous avons adressés à l’Elysée.

    Voir le courrier du Ministère de la santé.

    Or, que retenir de cette correspondance ?

    Tout d’abord qu’elle manifeste un amateurisme hallucinant.

    C’est la pauvre argumentation d’un ministère à bout de souffle incapable de prendre les bonnes décisions pour garantir la sécurité des usagers et professionnels. Et cela pour des questions purement idéologiques car, bien au-delà du « terrorisme » qui a bon dos, l’insécurité de nos établissements répond à des causes précises qu’on ne veut ni nommer ni traiter véritablement.

    Que nous dit exactement Mme Touraine ? 
    • Que nous allons avoir droit à l’élaboration d’un « Plan de Sécurité d’Etablissement » réalisé par les établissements eux-mêmes…..mais sans que la question des moyens humains ou financiers indispensables, soit le moins du monde abordée.
    • Qu’il va falloir former les professionnels et les usagers (on croit rêver !!!) aux réactions face à une menace d’attentat (voir plus haut ce qu’il faut penser de la « menace d’attentat« )
    • Comment, ? Quand ? Avec quels moyens? Avec quels formateurs ? Agréés par qui ?..

    Mystère complet.

    • Qu’un accompagnement financier sera accordé aux établissements de santé.

    Ce terme « d’accompagnement » est, à lui tout seul, la plus belle manifestation de la technique d’enfumage qui a servi de politique de santé depuis cinq ans. Entre autres.

    Car enfin, pourquoi parle-t-on « d’accompagnement« , là où il faut parler de « financement » ? Cela veut-il dire que les établissements devront fabriquer les euros qui assureront leur sécurité ? Car nous rappelons que leurs tarifs sont fixés d’autorité par l’Etat et qu’ils ne peuvent maîtriser de nouvelles dépenses qui leur seraient arbitrairement imposées pour se protéger si elles ne sont pas budgétées et financées.

    • Doit-on plutôt penser que le financement de 75 millions annoncé par le ministre « n’accompagnera » que les établissements les plus exposés ?

    Mais alors quels sont ils ? Quels sont les critères d’éligibilité ?

    Sans oublier le côté ubuesque de la chose qui veut que si certains établissements  soient sécurisés, cela conduira les autres à se distinguer comme cibles privilégiées.

    En terme de cybersécurité, nous lisons :

     « Le renforcement de la sécurité des systèmes d’information des établissements sera mis en oeuvre par un plan spécifique qui sera prochainement dévoilé « . C’est pire que le Da Vinci Code. Quand le sera-t-il ? Quand il sera trop tard ?

    On remarquera, dans le dernier paragraphe de ce lamentable argumentaire, combien la discrimination est présente dans les moyens attribués

    Le FIPD

    Le FIPD est ainsi présenté dans le courrier du ministre : «  Ces crédits s’ajoutent à ceux du fonds interministériel de prévention de la délinquance auquel les établissements sont d’ores et déjà éligibles » (http://www.interieur.gouv.fr/SG-CIPDR/FIPD/Les-circulaires-du-FIPD). Or, c’est juste faux !

    À aucun moment les Etablissements Hospitaliers ne sont mentionnés parmi les éligibles. Pire : l’annexe 5 précise que «  le FIPD est essentiellement destiné aux collectivités territoriales et aux associations » et il précise que les établissements publics peuvent en bénéficier…

    Ce qui signifie donc que l’ensemble des établissements privés, centres de consultations, maisons médicales, EHPAD, cliniques et hôpitaux privés ne sont pas éligibles !!!

    Précisons au passage que le rapport de 2015 de l’ONVS n’est toujours pas édité…les chiffres doivent être éloquents !

    Est-ce acceptable, surtout à l’heure où un praticien décède de 30 coups de couteaux ?

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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