Interdiction du bisphénol A – bis –

    Pourquoi des demi-mesures contre le Bisphénol A ?

    Suite à l’interdiction du bisphénol A dans les biberons, décidée par la Commission européenne, nous observons sans surprise que le RES (Réseau Environnement Santé) tout en appréciant la mesure, en dénonce cependant le caractère insatisfaisant. Ce qui rejoint notre propre position.

    Dans son communiqué de presse (25.11.2010) le RES fait observer que « personne ne comprendrait que l’on se préoccupe de protéger les nourrissons nourris via un biberon au BPA, mais pas ceux qui sont nourris au sein maternel alors que le lait maternel est tout autant contaminé. C’est bien de se préoccuper de la contamination des nourrissons, mais comme cette contamination débute dès la gestation, l’enjeu est d’éliminer la contamination maternelle. Celle-ci passe par l’alimentation et provient en premier lieu, du revêtement intérieur des boîtes de conserve. C’est pourquoi le RES demande une interdiction du BPA dans les contenants alimentaires ».

    On ne saurait mieux dire……..


    Le RES évoque aussi une récente étude de l’INRA de Toulouse qui montre que la contamination [peut] aussi venir d’un contact avec la peau du papier thermique, lequel contient du BPA libre. Le risque [étant] principalement pour les personnes exposées professionnellement, comme les caissières. Travaux confirmés par une étude américaine qui a observé que les caissières forment le groupe de femmes le plus imprégné en BPA. A quand des mesures de protection pour ces personnes ?

    Le RES cite aussi une autre étude réalisée à Mexico et qui pointe une corrélation entre imprégnation en BPA et naissance de prématurés ! Dramatique perspective.

    Enfin, le RES ne manque pas de pointer les positions contradictoires entre la Commission européenne qui interdit le bisphénol A dans les biberons et l’Agence Européenne de Sécurité Sanitaire (EFSA) qui n’y voit rien d’inquiétant et maintient une Dose Journalière Admissible (DJA) à la valeur de 50 microgrammes par kilo et par jour (µg/kg/j) !

    Quid de la multi-exposition qui permet d’atteindre et de dépasser les 50 µg/kg/j et dont le biberon n’est qu’un élément de la vaste chaîne de produits « contaminés » avec lesquels maman et bébé sont en contact permanent ? Ne faut-il pas commencer par un bout de la chaîne pour arriver à l’assainir dans son intégralité ?

    Quid des études scientifiques qui concluent à la toxicité de la molécule et à un impact sanitaires dans 95% des cas ?

    Il n’est pire aveugle…..

    Et le RES de rappeler que la transformation précancéreuse des cellules mammaires est observée chez la souris lorsque celle-ci a été exposée pendant la gestation à une dose 2000 fois plus faible.

    Qu’ajouter de plus ???

    Olivier TOMAPrimum Non Nocere

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