La pilule ! Vous la préférez en boîte ou en bouteille ?

    La pilule ! Vous la préférez en boîte ou en bouteille ?Que vous soyez « pour » ou « contre » l’usage de la pilule à des fins contraceptives, vous êtes quasi condamné à l’avaler.

    Comment cela ?

    Mais de la façon la plus « naturelle » du monde : par les eaux usées…. qui finissent toujours par redevenir des eaux « propres à la consommation » !

    Qu’on vous explique.

    Une femme prend la pilule. Elle rejette fort obligatoirement dans ses urines des résidus d’éthinyoloestradiol plus connu sous l’appellation EE2. C’est l’œstrogène actif par voie orale le plus couramment utilisé.  Et il ne représente que l’une des hormones, naturelles ou synthétiques, rejetées dans la nature.

    Dans la nature ?

    Et oui. Du simple fait que les stations d’épuration, soit ne sont pas équipées pour les éliminer, soit (et c’est plus inquiétant encore) n’y parviennent pas. Ce qui fait qu’on retrouve cet inquiétant bouillon de culture d’oestrogènes – dont 35 à 50% venant des pilules contraceptives – dans nos rivières…puis dans nos bouteilles et dans notre alimentation.

    Peu ragoûtant isn’it ? Mais il y a pire. C’est que l’impact de ces substances de la faune et la flore est à l’origine de la féminisation des espèces et affecte leur fertilité.

    Pour les humains, et bien que pour certains pseudo-philosophes à la Teilhard de Chardin la femme soit « l’avenir de l’humanité » ou qu’elle soit encore  « l’avenir de l’homme » pour le délicat Aragon, il y a de quoi « se faire du mouron« .

    On nous dit que les effets de cette diffusion exponentielle des oestrogènes dans la nature n’ont pas pu être prouvés mais seulement soupçonnés comme affectant fertilité et la reproduction humaine, mais cela ne nous rassure pas du tout.

    Dans notre livre à paraître en septembre 2012 « Hippocrate au secours ! Ils sont devenus fous » nous écrivions : « La secrétaire d’Etat à l’écologie, a affirmé récemment dans les colonnes d’un quotidien du Mardi 24  Novembre 2009 : « On n’avait pas pris entièrement conscience du problème jusqu’à une étude récente qui a montré qu’il y avait une féminisation croissante des populations de poissons. On s’est alors rendu compte de notre manque de connaissances sur l’impact de ces rejets concernant l’environnement et la santé. On ne sait pas bien non plus quels sont les produits de  santé qui se retrouvent dans l’eau et les possibles interactions entre les différentes substances. Un recensement global sera un objectif sur le plan national ».

    Ce genre d’affirmation a de quoi nous laisser pantois puisque cela fait près de dix ans que les professionnels de santé alertent l’opinion publique et les autorités dites compétentes sur cet état de choses; proposent que l’indice PBT[indice de pollution des médicaments] devienne un critère de choix majeur comme il l’est dans d’autres pays ! Et ils s’aperçoivent, en fin de compte, que le Ministère de tutelle, chargé tout spécialement de l’écologie, ne fait que prendre conscience du problème avec une touchante naïveté ».

    Combien de temps encore va-t-on en rester au stade des supputations, soupçons et constats impuissants ?

    L’Europe « envisage sérieusement l’obligation l’élimination de l’EE2 » affirme-t-on, mais l’étude scientifique publiée dans la revue Nature laisse entendre que la décision pourrait s’avérer difficile à appliquer « pour des raisons techniques, mais surtout économiques » : 32 à 37 milliards d’euros pour les 1.360 stations d’épuration d’Angleterre et du pays de Galles, d’après les calculs du très honorable Richard Owen, professeur de Sa Majesté à l’université d’Exeter !

    Pourtant des  solutions sont envisagées : celle de la filtration au charbon actif, des plus efficaces. Mais il en existe d’autres, plus efficaces encore mais plus coûteuses.

    Quoiqu’il en soit il est évident que l’atermoiement n’est plus de mise et c’est pourquoi l’assemblée européenne, va examiner « la possibilité de renforcer les exigences de l’Europe en matière de valeurs-limites pour les rejets des stations de traitement« 

    Encore des textes et des directives alors qu’il faudrait passer à l’acte rapidement.

    Si nous n’y prenons garde, entre le nombre élevé d’avortements pratiqués dans notre pays malgré la promotion massive de et le recours à la contraception et la baisse de fertilité constatée chez les hommes en Europe (- 50% environ) notre continent, sa civilisation et sa population ne seront bientôt plus que des « chefs d’œuvres en péril ». Il nous restera toujours le recours à des « réserves » où réunir quelques spécimens encore valides.

     

    Olivier TOMA – Primum-Non-Nocere

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