La bactérie C dénoncée par les chiens-renifleurs

    Le Clostridium difficile – bactérie C – se prépare des jours sombres. Cette dangereuse bactérie, souvent mortelle et difficile à détecter par les moyens usuels, sera désormais traquée et dénoncée sans pitié par Angus, un brave springer anglais, qui va traquer sa trace dans les couloirs de l’hôpital général de Vancouver (Canada).

    Angus a été entraîné pendant 18 mois à remplir sa  mission : détecter la bactérie mortelle….  Le Clostridium difficile a un faible pour les patients affaiblis ou âgés, notamment sous traitement antibiotique.  Son agression se traduit par des diarrhées nosocomiales pouvant entraîner une perforation du colon – exigeant une intervention chirurgicale d’urgence – et, malgré tout , souvent mortelle.

    Que vient faire un chien dans cette galère ?

    C’est simple. Les selles d’un malade attaqué par la bactérie dégagent la plupart du temps une odeur caractéristique.  Et là où l’odorat du personnel médical pourrait s’avérer en défaut, Angus, lui, parce qu’il y a été sensibilité, flaire l’odeur du germe aussi radicalement  que celle d’un steak cuit à point.
    Mieux : Angus est désormais en mesure (et c’est le seul chien au Canada) de détecter la présence du germe non seulement dans les selles  mais sur le sol, les murs, les surfaces, voire sur les patients eux-mêmes…. d’un simple frémissement de sa truffe.

    Angus a des prédécesseurs. 

    Avant cela Angus s’était fait déjà une belle réputation : il avait été dressé par sa maîtresse – éleveuse de chiens – à détecter les drogues et les explosifs. Il étend maintenant ses compétences vers le domaine de la Santé où sa contribution devrait s’avérer tout aussi précieuse. Cette évolution n’est pas due au hasard. Sa maîtresse, blessée à la jambe, a elle-même été attaquée par la bactérie lors de son séjour à l’hôpital.  Pendant qu’elle était gravement malade son mari était tombé sur un article qui vantait les exploits d’un chien amstellodamois qui s’était avéré capable de vaincre la difficulté de déceler  le clostridium difficile chez les malades. Le mari suggéra alors à son épouse l’idée de dresser un chien à en faire autant.  Et Angus suivit l’exemple de son congénère hollandais, Cliff, un beagle de deux ans, et apprit à détecter la bactérie grâce à « une méthode d’entraînement basée sur la récompense et le jeu ». On lui a d’abord  appris à chercher et retrouver son jouet. Après quoi on a associé le jouet  à l’odeur de la bactérie Clostridium difficile. Il a alors compris qu’en retrouvant l’odeur, il obtiendrait son jouet. » CQFD.

    Après quoi Angus réagit comme lorsqu’il traquait drogues ou explosifs : il se couche ou s’asseoit devant la bactérie et attend tout heureux la récompense ne devant pas tarder.

    Il ne reste plus alors qu’à éliminer la bactérie et à bloquer sa propagation à l’aide de lumière ultraviolette….pour le plus grand bénéfice des patients.

    Pour le moment Angus doit d’abord s’entraîner dans les endroits de l’hôpital où rien n’est susceptible de le distraire : chambres inoccupées, salles médicales, corridors. Après cette préparation il deviendra pleinement opérationnel, partira en chasse dans tout l’hôpital et les bactéries pourront commencer à se faire du mouron (si tant est que…)

    Etat des lieux et perspectives

    Au cours de ces dernières années, les ravages du Clostridium difficile ont connu une véritable « embellie »  entraînant une « embellie » de la mortalité subséquente.

    C’est ainsi qu’on dénombre, chaque année,  quelques 700 personnes victimes de la bactérie, dans la seule municipalité de Vancouver. Très contagieux et peu farouche le Clostridium navigue facilement d’un patient à un autre  ou d’un pensionnaire d’une maison de retraite à un autre.
    C’est là que le chien intervient avec tant de bonheur car, possédant  un flair de 10.000 à 20.000 fois supérieur à celui de l’homme, la traque des toxines du Clostridium difficile est, pour lui, un jeu d’enfant.

     Comment se fait-il ?

    Le chien possède une cavité olfactive 30 fois supérieure à celle de l’humain, et sa muqueuse comporte 100 à 200 millions de cellules olfactives alors que celle des pauvres humains en dénombre seulement  5 millions. Faites le compte.

    Voilà des dispositions naturelles qui devraient encourager à faire une place plus grande aux animaux dans nos hôpitaux pour qu’ils y détectent bactéries et cellules cancéreuses (une autre de leur spécialité).

    Peu coûteux (une caresse et un friandise), écologique (aucune mixture chimique ou radioactive) et, en plus, plein de joie de vivre et d’affection. Que demander de plus ?

    Pour paraphraser Aragon « Le chien serait-il l’avenir de la prévention médicale ? »

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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