Les laits infantiles sont-ils sûrs pour nos enfants ?

    Dans le cadre de nos activités, nous sommes en lien avec des maternités que nous formons pour réduire au maximum la présence de perturbateurs endocriniens dans ces services. Nous nous sommes interrogés sur la composition des laits infantiles.

     

    Quelle est la réglementation ?

    Les laits infantiles doivent être conformes à la réglementation européenne. Cela signifie que tous les pays faisant partie de l’Union européenne ont la même réglementation. Deux textes sont applicables : le règlement du 12 juin 2013 concernant les denrées alimentaires destinées aux nourrissons et aux enfants en bas âge (…) et le règlement du 25 septembre 2015 en ce qui concerne les exigences spécifiques en matière de composition et d’information applicables aux préparations pour nourrissons et aux préparations de suite (…).

    Le lait infantile est donc considéré comme une denrée alimentaire spécifique. Ces textes comportent des dispositions relatives à la présence de pesticides, aux macro et micro nutriments pouvant entrer dans la composition des laits infantiles, et à la nature des informations fournies au consommateur.

    En matière d’information, les laboratoires de lait infantile doivent renseigner les consommateurs sur la supériorité de l’allaitement au sein et en expliquer les avantages. C’est pourquoi il est systématique aujourd’hui de voir sur les sites internet des laboratoires un message d’information et des rubriques consacrées à l’allaitement.

     

    Perturbateurs endocriniens et dangers pour les enfants

    En plein cœur de l’actualité, nous ne cessons d’alerter le grand public et les autorités sanitaires de la présence de perturbateurs endocriniens dans l’environnement des enfants, dès le plus jeune âge.

    Déjà en 2014, le magazine 60 millions de consommateurs avait réalisé une étude sur la présence d’aluminium dans les laits infantiles. Les résultats montrent une potentielle surdose en aluminium pour un certain nombre des laits testés. De même, l’étude questionnait la nécessité de la présence de taurine dans la majorité des laits. En effet, il n’existe aucune étude scientifique en démontrant les bénéfices.

    Il y a donc deux poids deux mesures dans la science. Certains domaines pour lesquels il existe une incertitude scientifique font réagir la communauté scientifique (ex : médecines non conventionnelles, toxicité de l’aluminium, etc). D’autres sont complètement ignorés et tolérés (tel est le cas pour la taurine).

    Or, c’est dans le cas présent que le principe de précaution doit intervenir. Pour rappel, ce principe signifie que l’incertitude scientifique ne fait pas obstacle à l’adoption de mesures visant à protéger la santé ou l’environnement. Cela peut consister à interdire un produit qui n’a pas fait la preuve d’un quelconque bienfait pour la santé humaine. On se trouve dans ce cas pour la taurine.

     

    Une inquiétude : de quoi sont composés réellement les laits infantiles ?

    laitNous souhaitons aujourd’hui avoir une totale lisibilité de la composition des laits infantiles. C’est pour cela que nous avons contacté 16 laboratoires produisant du lait infantile pour en recueillir la composition exhaustive. Nous avons de plus demandé d’obtenir la garantie absolue de l’absence de perturbateurs endocriniens, d’agents cancérigènes, suspectés ou avérés, et de nanoparticules, dans le contenant et le contenu.

    Nous avons déjà été contactés par le Secteur Français des Aliments de l’Enfance sur la nature de notre demande, par leur responsable communication et réputation Mme Magali Lafleur, qui représente également le Syndicat Français du Café, le Syndicat du Chocolat, le Syndicat national de la confiserie, le Syndicat français des miels et le Syndicat des apéritifs à croquer, s’étonnant de notre initiative, sans pour autant répondre à nos interrogations légitimes !

    En cas d’absence de réponse des laboratoires concernés, nous nous verrons contraints de procéder à des analyses physico-chimiques. L’objectif final est d’informer les professionnels de santé pour qu’ils puissent donner les bons conseils et orienter les mamans vers des laits de meilleure qualité, sans danger pour les enfants.

    Règlement (UE) n ° 609/2013 du Parlement européen et du Conseil du 12 juin 2013 concernant les denrées alimentaires destinées aux nourrissons et aux enfants en bas âge, les denrées alimentaires destinées à des fins médicales spéciales et les substituts de la ration journalière totale pour contrôle du poids

    Règlement délégué (UE) 2016/127 de la Commission du 25 septembre 2015 complétant le règlement (UE) n° 609/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les exigences spécifiques en matière de composition et d’information applicables aux préparations pour nourrissons et aux préparations de suite et les exigences portant sur les informations relatives à l’alimentation des nourrissons et des enfants en bas âge

     

    elise lamarre

    Elise Lamarre, 

    Juriste à l’agence Primum Non Nocere, Doctorante à l’université de Montpellier. Titre de la thèse : « Approche juridique des confrontations entre santé et environnement »

     

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