Le désert sanitaire avance et s’attaque aux maternités. Allons-nous réagir ?

    materNotre système de santé, déjà assez éprouvé doit affronter une autre menace : celui des fermetures de maternités « déficitaires ».
    C’est ainsi que  » faute de bébés, la maternité de la clinique Saint-Martin de Pessac va fermer » titre un journal du Sud-Ouest.
    Pourquoi ?  « Avec seulement 500 accouchements en 2015, le service maternité de la clinique ne peut plus maintenir son activité. Sur les cinq gynécologues-obstétriciens, l’un est parti à la retraite, trois autres ont démissionné. La fermeture de la maternité en mai 2016 semble inéluctable« . Et l’ARS du coin d’évoquer, dans cet irremplaçable jargon technocratique, qui glace le sang des citoyens normaux  » une problématique de démographie médicale« .
    Nos épouses et le sort de nos enfants à naître ne sont, à ses yeux, qu’une donnée quantifiable de « démographie médicale« .
    Ainsi la maternité de Saint Martin de Pessac fermera en fin mai parce qu’un obstétricien part à la retraite et que trois autres démissionnent.
    Pourquoi cette hécatombe de praticiens ? On ne nous le dit pas. Il n’en restera donc plus qu’un !

    Et après ?

    Il faudra aller chercher une autre maternité à des dizaines de kms de l’endroit sans doute.
    On précise que  » la fermeture probable de la maternité n’affecte pas le service gynécologique (cancérologie mammaire et pelvienne, et de statique pelvienne) des docteurs Françoise Soffray et Philippe Tribondeau, qui n’était déjà plus rattaché à la maternité « .

    Et on n’en restera pas là !

    Il faut en juger d’après le nouveau rapport de la Cour des comptes qui « préconise des mesures de restructuration des maternités« . Cela pourrait conduire à la fermeture des petites structures réalisant « moins de 300 accouchements par an » au titre de considérations financières qui se dissimulent derrière le prétexte de « la sécurité des soins« . Comme si obliger une femme prête à accoucher à parcourir 50 kms était de nature à satisfaire à « la sécurité des soins » !
     » En 2013, 13 maternités réalisant moins de 300 accouchements demeuraient en fonctionnement par dérogation au seuil d’activité établi par les décrets de 1998, et 35 autres maternités avaient une activité faible, comprise entre 300 et 500 accouchements» constatent les comptables de la rue Cambon.
    Et les « rapporteurs » poursuivent : « Le réseau français de maternités a connu une vague importante de concentration du fait de l’application des normes de sécurité issues des décrets de 1998 », sans, disent-ils que  » que la couverture du territoire ne se dégrade » …bien « qu’une maternité sur cinq ait disparu entre 2002 et 2012« . Il s’agit des plus petites d’entre elles.
    Mais rassurez-vous, ces nobles statisticiens ont calculé que  » l’accès médian à une maternité est resté stable à 17 minutes  » ! Et Dieu seul sait s’il peut se passer des choses en 17 minutes du point de vue médical…
    Et ils précisent : « Seize ans après la parution des décrets du 9 octobre 1998, la qualité et la sécurité des prises en charge restent imparfaitement assurées, faute en particulier que les normes alors instituées soient partout respectées», ce qui, d’après eux, a conduit la France à occuper le 17e rang européen pour la mortalité néonatale avec un taux de 2,3 pour mille naissances « .
    Et de souligner  « des difficultés de recrutement aux conséquences lourdes (…) dans les établissements ou les zones géographiques les moins attractifs ou les plus isolés» ainsi qu’«une réorganisation inaboutie et peu cohérente » dans ces petites structures.
    Et, dans la plus parfaite cohérence avec la morale libérale, on préconise de s’attaquer à ce mal en l’aggravant…. puisque la Cour préconise d’aider les petites structures à mieux s’organiser…..en les supprimant.

    Or, pour notre part nous affirmons:

    • Que les maternités sont les écoles des parents en France car il n’y a pas d’autres structures qui prennent soin de conseiller les femmes enceintes et les couples sur les bonnes conditions de la grossesse.
    • Que, contrairement aux termes de ce rapport, la sécurité est maintenant optimale partout en France; les maternités – tant publiques que privées – étant aujourd’hui  d’excellent niveau.
    • Qu’il faut impérativement militer pour qu’une offre public/privé se maintienne dans notre pays pour garantir, proximité et humanité dans la prise en charge à 3 niveaux :
      • avant la naissance par une optimisation de la préparation à l’accouchement, par un suivi optimal des grossesses à risque,
      • pendant l’accouchement par des sites modernes, sécurisés et organisés pour former et sensibiliser les couples aux bonnes conditions de la naissance
      • après la naissance pour tous les conseils de prévention durable.
    • Que les maternités sont une condition indispensable de bonne santé des populations si on est capable d’en avoir une vision à long terme et non une vision purement comptable de court terme. Vision réductrice conduisant à des choix politiques erronés qui, s’ils se confirmaient,  entraîneraient des répercussions négatives sur les décennies à venir.
    • Qu’il faut impérativement financer les actes liés à la naissance.
    • Qu’enfin, il faut soutenir les gynécologues, les sages-femmes, les pédiatres en développant leurs formations. C’est un des moyens pour motiver les jeunes générations à s’engager dans cette voie et pour porter remède à la pénurie médicale annoncée en évitant la catastrophe d’une dégradation de la santé publique par manque de médecins.

    Naissance du réseau « Maternité éco-responsable ».

    Nous en profitons pour annoncer qu’un réseau  « Maternité  éco-responsable » est en train de voir le jour en France. Il est destiné à mettre en oeuvre un programme d’action  adaptable à tous les services. Ce réseau s’inspire intégralement du concept du Développement Durable dans ses choix d’organisation. Il entend ainsi garantir sécurité et bien être des parturientes, sensibilisation des papas, et santé des générations futures… ce qui, au-delà de tous les discours de circonstances, est le but même d’une écologie véritable.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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