L’émergence d’un éco-syndicat en entreprise ?

    éco syndicat en entreprise

    UNE RÉVOLUTION dans L’ENTREPRISE ?  L’APPARITION D’UN « ÉCO-SYNDICAT ».

    L’association Printemps écologique vient de lancer le premier « éco-syndicat » dans les entreprises françaises. Alors que le nombre de personnes syndiquées est de plus en plus faible en France et que l’urgence climatique mobilise les citoyens, ce syndicat veut allier justice sociale et transition écologique. Pour cela, il va pénétrer dans onze entreprises dont cinq sociétés du CAC 40 dans les prochains jours et espère atteindre 100 sociétés d’ici la fin de l’année.

    L’objectif est de créer 100 éco-syndicats d’ici la fin de l’année.

     

    La CGT main dans la main avec Oxfam et Greenpeace pour défendre l’environnement. Ces alliances, autrefois impensables, tendent aujourd’hui à se multiplier. Face à l’urgence climatique, les syndicats traditionnels sont de plus en plus nombreux à intégrer les enjeux environnementaux dans leurs revendications, même si ce n’est pas leur coeur de leur lutte. Un nouveau syndicat, porté par l’association Printemps écologique, compte bien, quant à lui, faire de la transition écologique le sujet prioritaire des négociations collectives.

    « Les nouvelles générations ne veulent plus seulement qu’on parle de leurs conditions de travail mais aussi de l’urgence climatique, des nouveaux modes de travail, des conséquences de leur travail sur la planète… « , explique Maxime Blondeau. Cet enseignant, spécialiste des mutations du travail, vient de cofonder Printemps écologique. L’association guide les salariés dans la création d’éco-syndicats dans les entreprises.

    L’ambition est d’intégrer les enjeux environnementaux au dialogue social. Onze « syndicats verts » sont en cours de lancement dont trois dans des sociétés de moins de 50 salariés, trois dans des entreprises moyennes et cinq dans des sociétés du CAC 40. Le nom de ces dernières sera bientôt révélé. L’objectif est d’en créer 100 d’ici la fin de l’année et d’avoir 20 000 membres, contre 1 000 aujourd’hui.

    Concilier transition écologique et justice sociale 

    L’association espère notamment attirer les jeunes et pouvoir travailler avec les syndicats traditionnels en créant des alliances. « Il s’agit d’être complémentaire. On autorise même la double adhésion. Mais l’enjeu est de faire venir des salariés qui n’ont pas de culture syndicale », avance Maxime Blondeau. Par ailleurs, plusieurs associations dont Halte à l’obsolescence programmée ou Green IT ont développé des partenariats avec Printemps écologique.

    L’association vise la promotion des pratiques écoresponsables à toute échelle, l’adaptation des modes de gouvernance à l’impératif écologique, l’anticipation des mutations de l’emploi pour concilier transition écologique et justice sociale ou encore la neutralité carbone dans chaque établissement. La question du modèle économique de l’entreprise sera un enjeu crucial.

    « Le citoyen peut voter pour les représentants de son choix. Le consommateur responsable opte pour des produits de son choix. Mais le salarié peut-il choisir ? Peut-il dénoncer dans son travail des pratiques qui vont à l’encontre des objectifs climatiques et faire valoir en retour des alternatives respectueuses du vivant ? Non, il ne le peut pas », estime Printemps écologique. « Parce que les salariés ne sont pas encore unis pour réclamer ces droits« , défend l’association.

    Reste que « l’obsession écologique d’un syndicat » pourrait mener à la « division syndicale », prévient dans une tribune publiée dans le Monde Jean-Emmanuel Ray, professeur à l’école de droit à la Sorbonne. Sauf que les futurs éco-syndicats ne devraient pas uniquement prendre en compte les questions environnementales dans leur périmètre. « On veut transformer l’appareil productif en priorisant l’impératif écologique mais sans sacrifier la justice sociale », avance Maxime Blondeau.

    Marina Fabre, @fabre_marina

     

    Lire aussi : entreprise inclusive et travailleurs handicapés.

     

    De quoi s’agit-il ?

     

    D’une initiative totalement inédite : la création de collectifs – constitués par des salariés soucieux de transition écologique – au sein de certaines grandes entreprises françaises telles que Axa, Michelin, Edf, Vinci.

     

    Le but ?

     

    Transformer ces groupes de l’intérieur en créant un vaste réseau pour pousser leur employeur à repenser les business models au regard de l’urgence climatique. 27 de ces collectifs se sont associés le 22 avril dans le but de créer une fédération unique baptisée « Les Collectif ». D’après certains de ces militants d’un nouveau type il suffit de 10 % des collaborateurs pour changer toute l’entreprise.

    Et d’ajouter :

    On s’est rendu compte qu’il y avait une multitude de collectifs de salariés qui s’autoorganisaient au sein des entreprises pour mener des actions sur la transition écologique mais qu’ils n’étaient pas connus et qu’ils ne se connaissaient pas les uns des autres […] Pendant un an, on a décidé de réunir ces différents collectifs, de créer des ponts entre eux afin de former un vrai réseau.

    Ainsi a-t-on pu recenser et cartographier l’ensemble des collectifs de salariés en France. Ce qui permettra de partager les bonnes pratiques, de généraliser l’entraide et de créer une vraie communauté qui puisse peser son poids dans les décisions sous la forme d’un lobbying interne

    De cette expérience est née une cartographie qui recense les différents collectifs de salariés présents en France. Le but est de partager les bonnes pratiques, de généraliser l’entraide mais surtout de créer une vraie communauté qui ait du poids :  c’est un lobbying interne […] plus on est nombreux, moins les entreprises peuvent éviter la discussion, affirme une des têtes pensantes de ce Collectif original.

     

    Sur le plan pratique.

     

    Le collectif réunit plus de 200 salariés.

    Sa première préoccupation portait sur les écogestes :  remplacer les gobelets en plastique par des mugs, les bouteilles par des gourdes.

    Cela constituant une première approche pour préparer les salariés à aller plus loin dans la pratique de leur métier et les écogestes qui pourront y être introduits. Un des participants propose ainsi des ateliers d’une demi-journée pour redéfinir les métiers en y intégrant l’environnement.

    Le Collectif de Michelin, a défini, quant à lui, quatre axes de priorité dans le domaine de la sensibilisation à la neutralité carboneUn de ses responsables déclare : On souhaite vraiment challenger (sic !) notre entreprise et, à long terme, pouvoir jouer un rôle dans la réorientation de son business model (resic) […] On sait que ce ne sera pas facile, mais ce n’est pas impossible.

    On ne le lui fait pas dire.

     

    Ce qui peut changer.

     

    Jusque là certaines initiatives individuelles qui pouvaient remettre en cause le modèle économique d’une entreprise était souvent bloquées. Avec la création de cette fédération on va pouvoir montrer qu’on est puissant et nombreux, – espère une des intéressées –. mais si rien ne bouge, je ne resterai pas dans une entreprise qui est bloquée dans le monde d’avant, prévoit-elle.

    Changer les choses tout en restant constructif et productif, tel est le problème que cette Fédération de Collectifs, aura à résoudre.

    C’est ce que résume, à sa façon, le responsable du collectif Go Green qui appartient au Boston Consulting Group : En France, on compte des millions de salariés dont les entreprises vont devoir se transformer. On veut les aider dans cette démarche, en y apportant du sens. Les dirigeants doivent s’appuyer sur les forces vives de leur entreprise pour y arriver et ce nouveau mode d’engagement ne peut que leur faciliter la tâche.

     

    Voilà une référence qui ne peut manquer d’amener la question des ingérences américaines dans le développement d’un authentique éco-syndicat représentatif français. Un éco-syndicat dégagé de tout soupçon de conflit d’intérêts.

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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