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Chimiothérapie : identifier et prévenir les risques pour les aidants

guideUn texte vient préciser les conditions relatives à la chimiothérapie pour les animaux et les mesures de prévention à prendre. Il s’agit en fait d’un guide des bonnes pratiques d’emploi des médicaments anti-cancéreux à l’usage des vétérinaires. Ces bonnes pratiques nous interpellent sur les pratiques dans le secteur de la santé humaine…
Au fil de la lecture de ce document (en fichier joint) on découvre NOTAMMENT que :

« La plupart des médicaments anticancéreux présentent un potentiel cytotoxique, qui s’exprime de façon immédiate ou retardée. »
« Un risque de toxicité existe pour l’ensemble des personnes susceptibles d’entrer en contact avec ces produits ou leurs métabolites, à savoir :
l’équipe de l’établissement de soins vétérinaires, comprenant le vétérinaire qui manipule et administre, les auxiliaires, les autres membres du personnel dont le personnel chargé de l’entretien des locaux, les éventuels stagiaires ou toute autre personne susceptible d’entrer en contact avec le produit, l’animal traité ou les déchets produits ; l’entourage familial de l’animal; le public mis en relation fortuitement avec des animaux traités ou leurs excréta, ainsi que pour l’environnement, avec pour conséquence finale une contamination potentielle des animaux et des personnes. »

D’autre part :

« Les femmes enceintes ou allaitant, les personnes immunodéprimées et les personnes mineures représentent des catégories particulièrement à risque pour lesquelles toute manipulation ou participation à la manipulation des médicaments anticancéreux est interdite. »

Les obligations des vétérinaires :

« Le vétérinaire s’engage à recueillir auprès du propriétaire ou détenteur d’animaux, des informations relatives à son entourage qui lui permettront d’apprécier au cas par cas la mise en oeuvre du traitement anticancéreux et le choix du mode d’administration. Il s’engage à informer le propriétaire ou détenteur d’animal des particularités des médicaments anticancéreux et notamment du danger représenté par leur utilisation, particulièrement pour les femmes enceintes ou allaitant, les personnes mineures et les personnes immunodéprimées. »

« En outre, chaque vétérinaire s’engage à recueillir le consentement du propriétaire au respect des contraintes liées à la mise en oeuvre d’un traitement anticancéreux, en particulier lorsque l’animal est hébergé chez son propriétaire ou son détenteur. »

En ce qui concerne le personnel

« Tout membre du personnel, quelle que soit sa qualification, bénéficie d’une formation initiale et d’une formation continue adaptées aux tâches qui lui sont confiées et aux procédures d’urgence correspondantes. Cette formation comporte des données relatives à la dangerosité des médicaments anticancéreux cytotoxiques ainsi que des éléments lui permettant d’éviter la contamination bactérienne des préparations. Le personnel a accès à toute la documentation nécessaire relative à son activité. Cette formation s’applique également au personnel affecté au nettoyage, à l’entretien, au réapprovisionnement des stocks et à la gestion des déchets. »

Les protections spécifiques pour le personnel :

« La participation des femmes enceintes ou allaitant, des personnes mineures (éventuels stagiaires), des personnes immunodéprimées à toute manipulation de médicaments anticancéreux est interdite. Les mesures de protection collective et individuelle sont clairement établies et portées à la connaissance de chacun. Leur mise en oeuvre est systématique. Une tenue de protection est obligatoire pour les personnes lors de toute participation à la manipulation, au nettoyage ou à l’élimination de médicaments anticancéreux et des déchets associés, ou en cas de contact avec un animal traité. »

Les durées des hospitalisations des animaux:

« Quelles que soient les données, la durée d’hospitalisation ne peut être inférieure à 24 heures après administration du médicament et doit tenir compte de l’état physiologique de l’animal (persistance d’épisodes de vomissements ou de diarrhées). »

« Le dispositif dans lequel l’animal est maintenu hospitalisé permet une gestion satisfaisante des déchets. »

En ce qui concerne les déchets :

« De par leurs propriétés toxiques, cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques, les médicaments anticancéreux et leurs déchets sont considérés comme dangereux conformément au code de l’environnement.
Toutes les mesures nécessaires pour éviter la contamination des personnes et de l’environnement sont prises. Sont considérés comme des déchets :
– les médicaments non utilisés ou les reliquats, les contenants et les emballages contaminés,
– les matériels, les déchets de soins, les tenues de protection des manipulateurs,;
– les ustensiles de nettoyage des surfaces contaminées,
– les excréta des animaux traités (urines, fèces, vomissures, salive). »

Et plus particulièrement les excrétas

« Tout excréta ou matériel en contact avec cet excréta est considéré potentiellement contaminé et traité comme tel. La collecte des excréta est réalisée selon une procédure garantissant toute absence de contamination des personnes et de l’environnement. »

Informations et recommandations pour les détenteurs d’animaux traités :

« Les propriétaires ou détenteurs des animaux sont informés des particularités des médicaments anticancéreux et notamment du danger représenté, notamment pour les femmes enceintes ou allaitant, les personnes mineures et les personnes immunodéprimées. »…… »[Ils sont invités] notamment à récupérer les excréta de leur animal et à les éliminer selon les recommandations du vétérinaire. Ceci vaut également pour les traitements administrés quotidiennement par voie orale au domicile du propriétaire ou du détenteur. »

Conclusion & ouverture à une réflexion plus large.

Ce texte pose de nombreuses questions pour le secteur de la santé.
Si ces excrétas sont dangereux en médecine vétérinaire, quid en médecine humaine dont l’augmentation du nombre de séances frise environ les 10 % par an ?
Si pour endiguer ce risque il est prévu de ne pas hospitaliser moins de 24HOO les animaux qui subissent des séances de chimio, quid du développement de l’ambulatoire en médecine humaine ( 90% de l’activité dans la spécialité) lié au développement des soins à domicile, pour lesquels aucun traitement des excrétas n’est prévu ?
Quid également, pour le retour à domicile, des recommandations de ne pas avoir de contact avec des personnes mineures, enceintes, immunodéprimées ?
Quid enfin des protections nécessaires des personnels en contact avec les déchets, et le nettoyage des locaux contaminés ? les toilettes en particulier…

Ces questions nécessitent un « Guide des bonnes pratiques en santé humaine », pour protéger nos salariés, les familles des patients et l’environnement.

Olivier TOMA.

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