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L’infirmier « en pratique avancée » : un nouveau métier.

Évaluation d’impacts sur la santé : EIS.

Cette qualification « d’infirmier en pratique avancée » est toute récente puisqu’elle est née par décret au JO le 19 juillet.

En quoi consiste-t-elle ?

A remplacer le médecin dans ses tâches régaliennes et, sans doute, à pallier la pénurie de médecins constatée actuellement, en lui substituant des « professionnel(le)s aux compétences élargies…évoluant après plusieurs années d’exercice ». Cette décision a été prise après la mise en œuvre, en Ile de France, d’un programme expérimental mené par l’ARS (Agence Régionale de Santé) destiné à  « préfigurer la mise en oeuvre concrète de la pratique avancée ».

Voici l’objectif tel que défini par le projet.

« Intégrer, comme une trentaine d’infirmières franciliennes, un master spécialisé innovant, monter en compétences, et prendre partiellement en charge une patientèle âgée, atteinte de maladies chroniques ou poly pathologique, réalisant des actes habituellement réservés aux médecins. Vieillissement de la population, désertification médicale: alors que de nombreux malades, aux parcours de soins complexes, nécessitent un suivi rapproché et que les médecins sont surchargés, l’IPA peut « prendre le relais » »

On ne peut être plus clair. Plutôt que de mettre en œuvre une politique médicale qui assure à la population française l’implantation d’un corps médical de qualité en tous points du territoire, on en revient – sans le dire – aux « officiers de santé » comme M. Bovary d’illustre mémoire.

Comment cela se passe-t-il ?

« Tous les trois mois, pendant une heure », l’IPA mène une « consultation de suivi », avant de renouveler l’ordonnance, éventuellement l’adapter ou prescrire des examens complémentaires, qu’elle doit encore, tant que son statut n’est pas officiel, « faire valider par un interne ». Coordinatrice du parcours de soins, elle réalise « un bilan annuel personnalisé », fait « le lien entre la ville, l’hôpital, les spécialistes, et autres interlocuteurs du patient ». Elle participe à des visites à domicile, « avec l’objectif à terme d’y aller seule », lorsque la réglementation lui donnera cette autonomie, lorsque  les compétences de cette catégorie de personnel seront reconnues. Ce qui, maintenant, ne saurait tarder.

Le genèse de cette initiative.

Le texte officiel offre aux infirmiers, après trois ans d’expérience et un master, le droit de renouveler, d’adapter des ordonnances ou de prescrire certains examens. Mais il ne définit pas le futur salaire des IPA.

Il a d’ailleurs subi plusieurs retouches au gré de plusieurs mois de négociations houleuses, les médecins craignant d’être peu à peu remplacés.  On les comprend.

À quoi une IPA répond « On ne remplace personne, on enrichit la prise en charge, toujours au sein d’une équipe pluridisciplinaire ». Soit.

Ce qui n’empêche pas la dite infirmière de regretter la « timidité » du texte, qui limite le champ d’intervention des IPA à « quelques pathologies », au choix: « oncologie », « maladies rénales chroniques, dialyse, transplantations rénales », ou encore « pathologies chroniques stabilisées, prévention, poly pathologies courantes en soins primaires ».

La mucoviscidose n’en fait pas partie et pourtant, de par son caractère évolutif, justifie que les enfants malades et leurs familles aient besoin d’être régulièrement suivis, accompagnés pour apprendre à gérer « l’apparition des symptômes, la charge de soins » auxquelles certain(e)s IPA sont particulièrement  attentif/ves et bien formé(e)s. Ce qui justifierait d’après une porte-parole que l’expertise en mucoviscidose soit reconnue, que la recherche sur le sujet soit développée et enseignée (par des IPA ?).

A noter que les masters tels que conçus ne correspondant pas exactement au décret ! Aussi les IPA déjà formées devront « repasser certains modules ». Mais l’optimisme est derigueur car on espère l’ouverture d’une dizaine de formations dès septembre, l’élargissement à la psychiatrie en 2019, et à « d’autres domaines » à l’avenir.

 

Affaire (intéressante) à suivre.

 

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

 

https://www.challenges.fr/entreprise/sante-et-pharmacie/un-nouveau-metier-est-ne-aujourd-hui-a-l-hopital-infirmier-en-pratique-avancee_602275

 

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/07/19/feu-vert-aux-infirmiers-en-pratique-avancee-5-000-ipa-attendus-avant-la-fin-du-quinquennat_860002

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