Mise en cause de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA)

    EFSA mise en cause perturbateurs endocriniens

    L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments – EFSA – mise en cause par l’Endocrine Society.

     

    La EFSA est en effet accusée de minimiser certains effets des perturbateurs endocriniens ! Et ses accusateurs ne sont pas les premiers venus puisqu’il s’agit de l’Endocrine Society, société savante qui réunit 18 000 chercheurs et cliniciens spécialistes du système hormonal.

    Que du beau linge scientifique comme on peut le constater.

     

    Le Scud de l’Endocrine Society

     

    Scud est le terme qui nous vient à l’esprit quand on lit les termes de l’attaque de ces éminents scientifiques contre un projet de rapport de l’EFSA sur les effets inhabituels de certaines substances.

    Elle dénonce une évaluation inexacte » conduisant à  limiter la capacité des agences réglementaires à prendre des mesures de protection de la santé ». Comme on le voit, la Society ne se contente pas de critiquer, elle accuse en même temps.

    Il ne faut pas croire que l’ES en est à coup d’essai. Il y a beau temps qu’elle conteste les travaux de l’EFSA pour leur manque de rigueurs (pour le moins), mais, cette fois-ci elle a franchi un cap ; son attaque est très vive et il semble bien, qu’au-delà de la critique scientifique proprement dite, on assiste à une mise en cause de la loyauté des rapports de l’EFSA.

     

    De quoi s’agit-il concrètement ?

     

    La sévère critique de l’ES vise clairement un projet de rapport de l’EFSA soumis à une consultation publique qui s’achève le 4 février.

    Rapport qui porte sur un problème essentiel pour la santé publique : celui de la toxicité  et des effets indésirables de certaines substances – depuis longtemps soupçonnées et accusées –  d’être plus nocives à de faibles doses d’exposition qu’à des doses plus importantes.

    Un phénomène appelé dans le jargon scientifique :  relations dose-réponse non monotones .

     

    Or l’ES constate que le rapport de l’EFSA, qui s’est autosaisie sur la question, semble vouloir « noyer le poissons » sur cette toxicité.

    Ce rapport  ne reconnaît pas que les relations dose-réponse non monotones sont bien définies mathématiquement, que leur existence a été démontrée, et qu’elles sont bien comprises grâce à la recherche fondamentale sur les systèmes endocriniens et la biologie hormonale », accuse l’Endocrine Society.

    Vous nous demanderez : mais pourquoi l’EFSA, rechignerait à dénoncer un danger potentiel lié à l’utilisation massive de certaines substances chimiques ? Nous pensons que seuls les deux mille lobbyistes à la manœuvre à Bruxelles 24H/24, seraient en mesure de vous répondre.

    Lire aussi : consommateurs et perturbateurs endocriniens, ce que dit la Loi.

     

    Paracelse est de retour

     

    A noter cependant que le sujet est épineux et la difficulté à le traiter se prête à toutes les interprétations (voire manipulations) possibles.

    Depuis Paracelse  on considère pouvoir évaluer les risques liés aux produits chimiques de la façon suivante : la dose fait le poison ». Raisonnement tout quantitatif, bien en accord avec le matérialisme moderne, comme on le voit. Et c’est sur ce principe qui date du seizième siècle que se base notre réglementation. Forts de ce principe, industriels et agences calculent ainsi des seuils en deçà desquels le risque sanitaire ou environnemental est considéré comme nul ou négligeable.

    Visiblement l’expérience de l’homéopathie – dans laquelle l’action thérapeutique est d’autant plus forte que la dose substantielle est plus diluée – ni celle de la physique quantique qui vient mettre à mal l’explication mécaniste héritée du positivisme -, n’ont encore pénétré l’univers mental de l’EFSA.

     

    Les faits sont têtus

     

    Comme disait Lénine qui les ignorait pourtant superbement. Car il y a beau temps que ce parti pris, plus idéologique que réellement scientifique, est remis en cause par ces perturbateurs endocriniens empêcheurs de décider en tout conformisme et en toute quiétude.

    Dès le début des années 90 la revue « Découvertes » accusait ces substances comme étant capables d’interférer avec le système hormonal alors qu’elles sont omniprésentes

    • dans l’alimentation : pesticides, additifs, plastifiants, etc., ou
    • dans les objets du quotidien : traitements des meubles et des textiles, détergents, et autres inventions du « progrès ».

    On comprend ainsi combien d’intérêts colossaux sont dépendants de la façon dont l’EFSA qualifiera les substances incriminées et combien les critiques de l’ES sont dangereuses pour certaines positions acquises : retour à la case « lobbying ».

     

    Or, justement, cette position, pour le moins confortable, adoptée par nos technocrates européens n’est pas du goût des véritable hommes de science et de terrains que sont les spécialistes endocrinologues qui, mieux que quiconque, connaissent les dangers à attendre de l’utilisation massives des perturbateurs endocriniens.

    C’est pourquoi, sans doute, ne figure aucun expert endocrinologue dans les responsables et signataires du rapport de l’EFSA. Si bien que l’ES a pu écrire dans un communiqué : Les principes scientifiques de l’endocrinologie n’ont pas été inclus dans l’expertise [qui ne reflète pas]  le consensus scientifique le plus à jour » sur le sujet.

    Et de demander que des échanges soient établis entre l’EFSA et la communauté scientifique compétente, avant l’adoption de la version définitive du texte.

     

    Question à 1000 € : que va donc décider, d’après vous, l’EFSA ???

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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