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Les océans, malades des pailles en plastique

Les océans, malades des pailles en plastique

Saviez vous que chaque jour la population étatsunienne abandonne 500 millions de pailles en plastique dans ses poubelles…ou ailleurs ?

Saviez vous que la masse de déchets de plastique produite chaque année, correspond à cinq sacs remplis à ras bord disposés tous les 30 centimètres le long des côtes…avant de se répandre dans les océans ?

Pas de surprise donc à ce que les plages de certaines îles (normalement) paradisiaques des Caraïbes, soient recouvertes de bouteilles, d’emballages et de pailles en plastique jetées à l’eau par la population sans doute la plus gaspilleuse et la plus pollueuse du monde.

Qu’est-ce que cinq cent millions de pailles en plastique par rapport aux huit millions de tonnes de déchets de plastique déversés dans les océans du monde chaque année ? Une quantité négligeable  ? Certainement pas et d’autant moins négligeable qu’on n’a aucun besoin de pailles pour boire. D’où des campagnes environnementales dirigées contre l’utilisation de pailles pour sauver les océans.

La paille et la poutre ?

pailleSi elles sont si polluantes pour les mers et océans, c’est que très légères elles aboutissent rarement à la poubelle de recyclage mais s’envolent où le vent (et la négligence humaine) les emportent. De plus, particulièrement  disposées à s’emmêler et s’enchevêtrer  elles constituent de redoutables pièges pour les animaux marins et un aliment bien lourd pour l’estomac des poissons. C’est ainsi qu’on a pu voir en 2015 la vidéo d’une tortue que des scientifiques délivraient d’une paille enfoncée dans son nez. Cela a dû beaucoup choquer au « 20 H » les populations affalées sur leur canapé….en sirotant un coca avec une paille.

 

 

Les mesures

Il existe une longue liste de produits en plastique prohibés, taxés ou boycottés, mais les pailles arrivent en dernier sur cette liste censée éviter que le plastique ne décime la population de poissons d’ici 2050.  Ce qui n’est pas gagné, comme on le devine.

La Californie a lancé le mouvement aux USA: elle est devenue le premier État à interdire les sacs en plastique. Ce qu’avaient déjà décidé et organisé le Kenya, la Chine, le Bangladesh, le Rwanda et la Macédoine.

Pour notre pays, non seulement les sacs en plastique ont été interdits, mais – tant qu’à faire – on a aussi interdit les assiettes, les gobelets ainsi que couverts en plastique. Certes à partir de 2020 mais c’est déjà bien.

La ville de San Francisco, elle, a interdit le polystyrène dans toutes ses applications. Et particulièrement  dans les gobelets, les récipients alimentaires, les emballages ainsi que les jouets de plage en styromousse.

L’Etat de  Rhode Island, lui, envisage de supprimer les lâchers de du fait que près de 2 200 ballons ont été ramassés sur les côtes de l’île Aquidneck au cours des quatre dernières années.

La contre-offensive du « système »

Comme on peut s’y attendre, l’industrie des plastiques freine des quatre fers et s’oppose inlassablement aux interdictions. Elle a même fait mieux : ses lobbyistes sont arrivés à empêcher les législateurs de Floride, du Missouri, d’Idaho, d’Arizona, du Wisconsin et d’Indiana d’adopter une loi condamnant les interdictions indispensables ! Un de leur représentant  a déclaré que l’industrie chimique s’opposera à tous les efforts entrepris contre l’utilisation des pailles en plastique.

L’argument consiste à affirmer que  les produits de substitution pourraient causer « plus de dommages environnementaux que les produits en plastique qui ont étés interdits » :

  • les produits dits « biodégradables » ne le seraient pas, ou pas tous.
  • le comportement des consommateurs ne change pas forcément en bien. C’est ainsi que lorsque les déchets constitués par les gobelets en styromousse ont baissé à San Francisco, ce sont les déchets de gobelets en carton qui ont augmenté.

Peut-être, mais le carton est bel et bien biodégradable, non ?

En définitive le salut passe par le consommateur.

Nous ajouterons que les pailles sont fabriquées à base d’hydrocarbures et d’adjuvants dont certains sont des perturbateurs endocriniens comme le BPA qui contaminent non seulement l’océan, mais l’utilisateurs et l’environnement. Nous devons donc supprimer cet objet de notre quotidien, de nos cafés et restaurant, c’est un geste collectif de santé publique »

Quoiqu’il en soit, la campagne anti-paille pourrait s’avérer victorieuse du simple fait que ses initiateurs ont compris qu’il fallait éviter le combat sur le plan des lois et des règlements mais qu’il fallait s’adresser directement et simplement aux consommateurs pour qu’ils changent leur habitudes et refusent les pailles. C’est aussi notre sentiment.

Et il semblerait que la tactique est en train de marquer des points.

 

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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