Les parabènes avancent masqués dans les médicaments…

    400 médicaments contiennent des parabènes

    On parle beaucoup perturbateurs endocriniens en ce moment et à juste titre puisque le quotidien « Le Monde » vient de publier une étude sur les produits  pharmaceutiques présents sur le marché d’où il ressort que 400 médicaments contiennent des parabènes, pourtant légitimement suspectés de perturber le système hormonal. L’étude va du dentifrice de consommation courante aux chimiothérapies anticancéreuses.

    On sait désormais de source sûre que les parabènes doivent à tout prix être évités pour les femmes  en âge de procréer, et, a fortiori, les femmes enceintes, les nouveaux nés et les enfants.

    Or, beaucoup de médicaments en contiennent, mais aussi des produits de consommation courante tels que les dentifrices. Il faut donc alerter les gynécologues, pédiatres et médecins généralistes pour qu’ils soient dument informés de la présence de ces perturbateurs endocriniens dans les médicaments qu’ils prescrivent, mais aussi les pharmaciens au moment de la délivrance…

    Parabènes, perturbateurs endocriniens

    Les parabènes sont suspectés de perturber le système endocrinien en mimant les propriétés de certaines hormones, notamment par l’activation des récepteurs aux œstrogènes, d’où l’interrogation de leurs effets sur la fertilité et le risque de cancers hormono-dépendants (cancer du sein).

    Des études réalisées chez l’animal (rongeurs) ont démontré des effets sur l’appareil reproducteur mâle et femelle, sur la production et la qualité des spermatozoïdes et quelquefois sur la fertilité.

     

    enfants parabènes

    Les parabènes sont également suspectés être un facteur prédicteur de l’obésité chez l’enfant. En septembre 2014, une étude coordonnée par l’Université de Grenoble et l’équipe d’épidémiologie environnementale de l’Inserm, a suivi 520 couples mère-fils français, pendant la grossesse et jusqu’aux 3 ans de l’enfant de la cohorte EDEN, (Philippat et al. 2014) ; cette étude a montré que 95 % des femmes avait été exposées à des parabènes et du triclosan (biocide utilisé dans certains savons, dentifrices…) au cours de la grossesse. Il a été observé que les concentrations urinaires de parabènes (méthylparabènes, propylparabène, butylparabène, éthylparabène) chez la femme enceinte étaient associées à un poids plus élevé à la naissance et aux 3 ans de l’enfant.

    D’autres études ont montré qu’une prise de poids rapide dans les premières années de vie pourrait être associée à un risque d’obésité plus important plus tard dans la vie. L’exposition prénatale aux parabènes pourrait alors se traduire par une probabilité plus forte d’être en surpoids à l’âge adulte. Néanmoins, ces résultats doivent être confirmés par d’autres études épidémiologiques.

    Parabènes et cancers

    cancer parabèneLes parabènes subissent une transformation rapide dans l’organisme : la plupart des molécules de parabènes libres et conjuguées sont retrouvées dans les urines.
    Toutefois, des parabènes ont pu être retrouvés dans les tissus mammaires de l’homme sans pouvoir en déterminer l’origine (Dabre, 2004 ; Rapport de l’assemblée Nationale, 2011 ; Académie de Pharmacie, 2013). Une étude a pu mettre en évidence la présence de parabènes sur des tissus mammaires sains ainsi que sur des biopsies de tumeurs mammaires chez l’homme (Barr, 2012). Mais les études scientifiques actuelles ne permettent pas de mettre en évidence un lien de causalité entre l’exposition aux parabènes, leur présence dans les tissus et le développement de cancers du sein (Académie de pharmacie, 2013). De plus, ces études ont été critiquées par la communauté scientifique en raison de différentes limites méthodologiques. Des hypothèses sont actuellement en cours de confirmation concernant la présence des parabènes dans ces tissus.

    Depuis ces études, les effets cancérogènes des parabènes sont controversés, notamment par le manque de données scientifiques chez l’Homme et d’effets mis en évidence dans les études expérimentales chez l’animal (Andersen, 2008).

    Autres effets suggérés des parabènes

    Dès juin 2004, l’AFSSAPS (aujourd’hui ANSM), en collaboration avec l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, devenue depuis l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail – ANSES) et l’InVS (Institut de Veille Sanitaire), ont engagé une évaluation de la sécurité d’utilisation des parabènes et mis en place un groupe d’experts. Sur la base de l’analyse des données de la littérature et des données de pharmacovigilance, ce groupe a considéré que les parabènes étaient peu toxiques et bien tolérés, bien que des réactions allergiques puissent survenir chez certaines personnes.

    Des études ont cependant établi que ces conservateurs pourraient être à l’origine d’une perturbation, jugée faible, du système endocrinien (Rapport de l’assemblée Nationale, 2011). L’ANSM a néanmoins considérée que les données toxicologiques et épidémiologiques existantes actuellement ne permettaient pas de caractériser ni de quantifier le risque qui pourrait être associé à la perturbation endocrinienne.

    A ce jour, il n’existe pas de valeur toxicologique de référence (VTR) pour les parabènes en France et en Europe. La seule valeur de référence retrouvée provient d’un avis d’expert de l’OMS et la FAO (Food and Agriculture Organisation) en 2007 (« Food Additives Series n°58 »). Ce groupe d’experts avait recommandé une dose journalière acceptable (par ingestion) de maximum 10 mg de parabènes / kg de poids corporel / jour. Le propylparabène n’est pas concerné par cette valeur car des effets sur des cellules reproductrices animales ont été observés en dessous de cette concentration.

    Les parabènes sont des agents conservateurs de synthèse. Ils sont non seulement utilisés pour la conservation des produits cosmétiques (crèmes, gels douche etc…) mais aussi pour la conservation des aliments, des boissons, des cirages, des colles et des médicaments. Ils ont une action antiseptique, antimicrobienne, antifongique, anti-levure,  anti-moisissure.

    Chimiquement parlant, les parabènes sont des esters, il résultent de la condensation de l’acide parahydroxybenzoïque et d’un alcool (qui leur donnera leur préfixe). Les 5 parabènes les plus courants sont le methylparaben, l’ethylparaben, le propylparaben, le butylparaben, l’isopropylparaben (dans les aliments on ne retrouve que le méthyl et le propyl-paraben). Le paraben le plus potentiellement dangereux est l’isopropylparaben. Dans le même produit, la législation autorise une quantité maximale de 0,8% de parabènes et au maximum de 0,4% d’un seul paraben.

    Conclusion provisoire.

    Dans l’attente des résultats de nouvelles études de confirmation «  APPLIQUONS LE PRINCIPE DE PRECAUTION » qui vient d’être soutenu par tous les ministres de la santé européens dans le cadre de la déclaration « OSTRAVA »

    Autre information capitale, les parabènes avancent masqués dans les médicaments, dont les étiquetages ne les signalent pas du tout. L’astuce est un peu grosse mais elle marche hélas : l’industrie du médicament utilise d’autres noms.

    Nous vous offrons donc un tableau qui vous permettra de les débusquer sans difficulté :

    Voici les noms couramment rencontrés pour identifier un paraben :

    • méthylparaben = parahydroxybenzoate de méthyle = E 218 = 4-hydroxybenzoate de méthyle et E 219 pour son sel de sodium
    • éthylparaben = parahydroxybenzoate d’éthyle = E 214 = 4-hydroxybenzoate d’éthyle et E 215 pour son sel de sodium
    • propylparaben = parahydroxybenzoate de propyle = E 216 = 4-hydroxybenzoate de propyle et E 217 pour son sel de sodium
    • isopropylparaben = parahydroxybenzoate d’isopropyle
    • butylparaben = parahydroxybenzoate de butyle
    • isobutylparaben = parahydroxybenzoate d’isobutyle
    • benzylparabène = parahydroxybenzoate de benzyle

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

     

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