Des perturbateurs endocriniens sont retrouvés dans les cheveux de nos enfants

    perturbateurs endocriniens dans les cheveux de nos enfants

    Pesticides, phtalates et bisphénol A sont retrouvés dans les cheveux d’enfants de 10 à 15 ans. C’est ce que révèle une récente étude publiée par le magazine « 60 millions de consommateurs » qui lance un appel au gouvernement.

    Appel que nous ne pouvons que soutenir : « Aux très hautes autorités d’arrêter de jouer les poules mouillées et d’imposer des règles. (…) Et rappelons que la meilleure pression vient des consommateurs, capables de refuser d’acheter des produits non vertueux » avertit le magazine. Quand on connaît les conséquences de cette pollution sur la santé et sur la fertilité des futurs adultes que deviendront ces enfants, on se dit qu’effectivement, faute de mesures efficaces prises par le futur gouvernement français, il faudra impérativement que les consommateurs s’emparent du problème. Car si le panel observé ne comportait que 43 enfants dans les cheveux desquels on a trouvé 23 à 54 molécules, il est assez évident que les résultats suggèrent que tous les petits Français sont « contaminés » puisqu’ils utilisent les mêmes produits.

    Les effets des perturbateurs endocriniens

    Substances présentes dans de nombreux produits de consommation courante : cosmétiques, jouets, peintures, contenants alimentaires…, les perturbateurs endocriniens (P.E.) dérèglent le système hormonal et peuvent provoquer maladies et anomalies. Primum Non Nocere n’a pas attendu les résultats de la présente étude pour dénoncer vigoureusement les méfaits de ces substances ainsi que le prouve notre interview du 03.09.2010 ou les pages que nous avons consacrées au problème dans notre ouvrage « Hippocrate, au secours !« 

    Rappelons que parmi les sept grandes familles de polluants visées par l’étude, la présence de phtalates et de pesticides est apparue dans tous les échantillons analysés. Suivis de près par les bisphénols, PCB (interdits depuis 1987), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les métaux lourds et les retardateurs de flamme bromés (PBDE) pour une bonne partie des enfants sélectionnés. Pour pallier un tel danger avéré, on espérait la mise en place d’un « principe de précaution » qui imposerait aux fabricants de renoncer à ces poisons ? Or c’est l’inverse qui se produit puisque l’Etat ré-autorise leur diffusion !!!

    L’Etat limite l’interdiction des phtalates à des seuils fixés par arrêté

    Inconcevable saut en arrière quand on sait qu’en 2015 notre action avait contribué à l’interdiction des phtalates dans les tubulures hospitalières. A partir du 1er juillet 2015, les tubulures contenant plus de di-(2-éthylhexyl) phtalate furent interdites dans les services de pédiatrie, de néonatologie et de maternité. Mais l’affaire n’était pas réglée car cette disposition de 2015 a été modifiée par la loi de santé de 2016 qui conditionne l’interdiction à des seuils qui devaient être fixés par arrêté.

    On espérait une grande sévérité quant au niveau des seuils tolérés.

    Or l’arrêté du 13 avril 2017, qui vient d’être enfin publié, fixe la concentration maximale à 0,1% masse/masse de matière plastifiée. En dehors des services de pédiatrie, de néonatologie et de maternité, la concentration maximale est de 40% masse/masse de matière plastifiée, ce en l’absence d’alternative. Consternation ! Pourquoi 0,1% en pédiatrie ? Pourquoi rouvrir la boite de pandore ? Surtout quand on sait que l’Etat, n’exerce aucun contrôle sur la composition des dispositifs médicaux et que cette disposition risque de rester un vœu pieux. Pourquoi 40% dans tous les autres dispositifs ? Disposition scandaleuse !

    Les industriels se frottent les mains… Rappelons-nous l’histoire du groupe Sorin

    Pourquoi le Directeur Général de la santé autorise-t-il des seuils aussi élevés ? Peut-être faut-il chercher les raisons d’une telle décision dans la proximité d’un changement de gouvernement et de majorité à l’Assemblée nationale ? Et si elles se trouvaient tout bêtement du côté du fric ? C’est la question que nous nous posons à la lecture du document de Groupe SORIN, publié en septembre 2014, qui demandait alors un report de 2 ans pour l’interdiction du DEHP dans les dispositifs chirurgicaux. Report accepté.

    Combien de nouveaux nés, d’enfants, d’opérés du cœur ou de mamans en difficulté ont-ils été pollués par le DEHP pendant ces deux ans ?

    Lire l’article : « Sorin demande le report de l’interdiction du DEHP en chirurgie cardiaque »

    Le groupe SORIN est-il prêt aujourd’hui en 2017, à supprimer les perturbateurs endocriniens de ses dispositifs ?

    Interrogation légitime puisque le temps a passé depuis cette note. Nous les saisissons officiellement par écrit cette semaine et relayerons leur réponse. Si l’état modifie par arrêté le texte tel qu’il est joint, peut-être y a-t-il eu d’autres interventions pour leur permettre de continuer paisiblement à ajouter 40% de produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques dans leur dispositifs.

    Bonnes questions à poser à Sorin et surtout aux « Autorités » qui se sont rendues complice de cette opération.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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