Les perturbateurs endocriniens : une facture salée pour la France

    157 milliards d’euros par an ! c’est ce que coûtent les nombreuses pathologies entraînées par les perturbateurs endocriniens en Europe d’après les calculs de dix huit chercheurs. Ce qui pourtant n’incite pas la Commission européenne à les réglementer. Vous avez dit lobbies ???

    Leur présence est pourtant écrasante :

    • bisphénol A dans les biberons en plastique,
    • pesticides organophosphorés sur les fruits,
    • paraben dans les cosmétiques, dans les médicaments
    • perchlorate dans l’eau du robinet,

    Résultat global de cette surconsommation chimique : réduction de la fertilité, obésité, pubertés précoces, baisse du quotient intellectuel.

    Certes le bisphénol A et certains phtalates sont réglementés. Mais la plupart sont toujours autorisés et la Commission européenne maintient qu’elle n’édictera pas de loi régulatrice pour le moment. Elle s’est contentée de mandater un panel d’experts pour évaluer le coût économique d’une éventuelle régulation. Ainsi, la seule préoccupation de la Commission est d’ordre économique et non sanitaire ! Cela en dit long sur les institutions européennes.

    Une charge écrasante pour nous

    Ecrasante car les dix-huit chercheurs européens et américains qui ont publié leurs chiffres publié en avril 2015 dans The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (JCEM) l’estiment à 157 milliards d’euros par an précisemment, soit 1,23 % du PIB de l’UE !

    D’après le détail de leurs savants calculs, le coût annuel obtenu se situe entre 3,3 et 244 milliards d’euros annuels. 157 milliards d’euros représente en fait une moyenne. Mais les chercheurs sont persuadés qu’il y à 75 % de chance pour que le coût soit supérieur à 96,1 milliards d’euros.

    Nous ne reviendrons pas sur la liste des méfaits qu’on peut attribuer à la présence de ces poisons sur les adultes et les enfants. Nous les avons détaillés par un précédent article.

    Mais certains chiffrent sont de nature à susciter l’indignation
    • 316 cas d’autisme et entre 19 400 et 31 200 cas d’hyperactivité attribuables aux perturbateurs endocriniens.
    • infertilité masculine, baisse du taux de testostérone chez les hommes de 55 à 64 ans, entraînent respectivement 618 000 procédures d’aide à la procréation et 24 800 décés.
    • Ils seraient aussi à l’origine de 53 900 cas d’obésité et de 20 500 nouveaux cas diabètes chaque année chez les femmes âgées.
    • L’exposition prénatale au bisphénol A serait responsable de 42 400 nouveaux cas d’obésité infantile chaque année.
    • responsabilité partielle dans les cancers des testicules

    Encore s’agit-il d’estimations sous évaluées, précisent les chercheurs.

    Et la France ? Les pertubateurs endocriniens lui coûtent 4 milliards d’euros  

    C’est le chiffre auquel ont abouti les estimations de la Health and Environment Alliance (HEAL), à partir de la liste des pathologies que les P.E entraînent : infertilité, anomalies du pénis et des testicules chez les garçons, cancers du sein, de la prostate et des testicules, troubles du développement de l’enfant (autisme et troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH)), obésité et diabète. Là aussi on considère ces chiffres comme très sous-estimés car les auteurs n’ont pris en compte que les coûts sanitaires et non les autres coûts induits, comme l’absentéisme au travail ou la perte de production…

    Depuis une décennie on nous affirme que dans la santé coûte cher et que le secteur manque cruellement de moyens ! Or la solution est devant nos yeux pour résoudre cette crise sanitaire et écologique que nous vivons à moindre frais. Prévenir l’exposition aux facteurs de risques – PE et pollution – demeure la solution pour assurer une santé durable aux populations. Moins couteuse que la seule stratégie curative, elle assurera les conditions d’une meilleure santé.

    Nous regarderons de près ce qu’en pensent nos présidentiables… en espérant que les effets des PE ne les aient pas rendus aveugle et inconsistants face à des évidences criantes…

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

    • Voir les commentaires

    Ads

    Vous pourriez aimer aussi

    Protéger nos enfants des pesticides est indispensable.

    Deux médecins du RES (Réseau Environnement Santé) publient un article consacré aux rapports entre ...

    Le coût des perturbateurs endocriniens en Europe

    -Article publié le 18 janvier 2016- Ces 157 milliards d’euros représentent 1,23 % du ...

    puberté et perturbateurs endocriniens, phtalates, phénols

    Phtalates, parabènes, et autres phénols

    Les phtalates, parabènes, et autres phénols présents dans les produits d’hygiène et cosmétiques accélèreraient ...