Pollution de l’air et croissance foetale

    croissance foetale pollution

    La  pollution de l’air aurait un impact sur la croissance fœtale.

    L’étude

    Il existe un lien entre une pollution élevée de l’air et les troubles de la croissance fœtale. Ce sont les grossesses uniques (un foetus par grossesse), qui avaient fait l’objet des recherches jusqu’à présent, les grossesses multiples (plusieurs foetus) beaucoup plus risquées – accouchement prématuré et troubles de la croissance fœtale – n’étant pas prises en compte.

    Une équipe de chercheurs des CHU de Besançon et Dijon a voulu pallier ce manque et leurs récents travaux ont permis de mettre en évidence qu’une exposition, même à faible concentration, au dioxyde d’azote (NO2) compromet la croissance fœtale dans le cas de ces grossesses multiples.

    La méthode

    Les équipes de chercheurs ont pris en compte  les 10 905 accouchements survenus au sein des hôpitaux universitaires de Besançon ou de Dijon entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2009.

    Elles avaient retenu le NO2 comme indicateur de pollution atmosphérique. Celui-ci concerne principalement la circulation routière et le chauffage domestique, particulièrement  actifs dans la zone d’étude.

    Elles avaient modélisé cette exposition au NO2 au domicile des parturientes, dans un rayon de 50 mètres autour de l’habitation en ciblant certaines périodes de la grossesse.

    Et les chercheurs ont pu constater un trouble de la croissance fœtale entraînant un retard de croissance intra-utérin et se manifestant par un arrêt ou un ralentissement de la croissance constaté à l’occasion de mesures prénatales effectuées à deux ou trois semaines d’intervalle.

    Sur les 10905 cas observés :

    • 249 concernaient des grossesses multiples aboutissant à la naissance de 506 nouveau-nés ;
    • 8 grossesses étaient triples.

    Le rapport précise que les mères étaient en moyenne exposées pendant la durée de la grossesse à une concentration de NO2 dans l’air extérieur de 24,3 μg/m3, cette valeur variait de 10 à 46,7 μg/m3. La valeur limite annuelle moyenne pour la protection de la santé humaine est fixée par la législation à 40 μg/m3. Les chercheurs ont observé que, pour une augmentation de 10 μg/m3 de cette concentration moyenne sur la durée de la grossesse, le risque de retard de croissance intra-utérin augmentait de 50%.

    Conclusion

    Ces travaux ont permis de montrer qu’il existe une association entre l’exposition au NO2 et la survenue d’un trouble de la croissance fœtale lors de grossesses multiples même dans des villes peu polluées, présentant un niveau d’exposition au NO2 essentiellement inférieur au seuil fixé par la législation européenne.

    Hommage soit rendu aux équipes du CHU de Besançon et du CHU de Dijon aux unités mixtes de recherche CNRS-université de Franche-Comté Chrono-environnement, à ThéMA, le centre scientifique et technique du Bâtiment, à l’association de surveillance de la qualité de l’air ATMO-BFC,  à la ville de Besançon et du Grand Dijon. Sans oublier l’ADEME qui a financé l’opération. Le tout aboutissant à une récente publication dans la revue « Environment International » de renommée internationale..

    L’observation est une chose et c’est le travail des scientifiques que de nous ouvrir les yeux, mais, la mise en œuvre des remèdes nécessaires en est une autre qui appartient aux « politiques ».

    Il est urgent que des mesures vraiment efficaces soient prises pour dépolluer l’air de nos villes et permettre aux enfants à venir de « pousser » sans danger.

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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