Recycler les masques usagés ? Les initiatives

    recycler masques

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    Des initiatives sont prises pour collecter et recycler les masques usagés…Mais pas par l’État.

     

    Que faire de tous ces masques – des millions – qui sont jetés dans les poubelles (dans le meilleur des cas) ou abandonnés un peu partout par nos compatriotes à cervelles de pangolin ?

    Carrefour, sans doute reconnaissant qu’on lui permette de continuer à faire de bonnes affaires alors qu’on éradique le petit commerce plus sûrement que le virus du Covid-19, veut proposer des solutions pour traiter les masques chirurgicaux, au nombre desquelles la collecte et le recyclage dans 10 de ses magasins en Île-de-France. Tout en encourageant les « acteurs du recyclage » à proposer leurs propres solutions.

     

    Lire aussi : Les masques, présents ou absents, génèrent un désastre !

    Comment organiser la collecte ?

     

    C’est tout simple : vous n’aurez qu’à déposer vos masques usagés dans la boîte prévue à cet effet dans les magasins Carrefour. L’opération a commencé le 15 septembre et elle se poursuit au moment où vous lisez ces lignes.

    Ce projet pilote devrait permettre, d’après Carrefour, de structurer les filières, les tester et identifier les partenaires qui ont un processus efficace de recyclage des masques chirurgicaux pouvant être développé sur l’ensemble du territoire.

     

    Le processus adopté.

    Une fois collectés, Carrefour les envoie chez TerraCycle où ils sont mis en quarantaine puis pesés, triés et compressés avant d’être recyclés dans des usines spécialisées en fonction de leurs matériaux et de leur composition (polypropylène, élasthanne…).

    Ils se transforment alors en granulés plastique que les industriels pourront utiliser pour fabriquer de nouveaux produits, notamment du mobilier d’extérieur, des palettes d’expédition en plastique, des arrosoirs, des contenus de stockage, des bacs, des tubes pour la construction…
    Rien de sorcier, comme on peut le constater.

     

    Si bien que Carrefour, se découvrant une vocation irrésistible dans le domaine sanitaire, annonce d’une part qu’il va développer son initiative à l’ensemble de ses magasins et  incite tous les acteurs possible dans ce domaine, à suivre son initiative.

     

    Lire aussi : initiative remarquable pour recycler les masques, PLAXTIL.

    Une autre initiative : celle de RECYGO.

     

    RECYGO (filiale de La Poste et du groupe SUEZ) est associé à TerraCycle pour proposer une solution originale à la collecte et au recyclage des masques usagés. Elle consiste tout simplement à vous proposer des boites de collectes prêtes à l’emploi.

    L’opération se déroule en 4 ÉTAPES

    1/ Vous commandez vos  boîtes auprès de Recygo : 01.73.28.40.30

    2/ Vous recevez vos boites dans les cinq jours et commencez à recueillir les masques après usage.

    3/ Quand la boîte est pleine, vous la fermez, vous la mettez en quarantaine 72h* et vous demandez à RECYGOO, de procéder à la collecte. Qui se fera dans les 24 H.

    4/ TerraCycle et ses partenaires de recyclage recyclent les masques

    Toutes les informations complémentaires au même N° : 01.73.28.40.30

     

    A noter que TerraCycle est le leader mondial du recyclage et de la transformation de déchets difficilement recyclables, en activité dans 21 pays et engagée avec plus de 60 millions de collecteurs.

     

    Une solution alternative : le lavage des masques.

     

    Une autre solution pour lutter contre le fléau de la pollution de notre environnement par les masques chirurgicaux, consiste à les laver et à les réutiliser. Solution intéressante dans la mesure où ils s’avéreront toujours plus efficaces que les masques en tissu, d’après les chercheurs du laboratoire Gemtex de l’Ensait à Roubaix. Nous citons :

    Le masque chirurgical est très efficace en terme de filtrage. Comme ce masque a une efficacité globalement supérieure à la moyenne des autres masques, même après avoir été lavé et donc perdu sa charge électrostatique, ce masque reste plus efficace que les autres ».
    Donc acte.

     

    Pourquoi cette supériorité ?

     

    Les chercheurs expliquent. Elle tient en deux points :

    • une matière appelée le Melt Blown
    • une charge électrostatique qu’on met sur le masque.

     

    Le Melt Blown, une sorte de voile non tissé, est l’une des trois épaisseurs qui constituent un masque chirurgical. Il a pouvoir filtrant très élevé : il filtre 95% des particules mesurant 3 microns et aussi des particules plus petites. On ajoute sur ce masque chirurgical une charge électrostatique qui augmente encore son pouvoir de filtration : le masque peut alors filtrer des particules mesurant 0,1 micron. C’est donc pour cela qu’il est utilisé dans le milieu médical. Si bien que les masques chirurgicaux ont un niveau de filtration des particules nettement supérieur à celui des masques en tissu.

     

    En revanche, le fait de mouiller le masque, en le lavant ou en respirant dedans, détruit la charge électrostatique et le niveau de filtration baisse (d’où le conseil de ne jamais le porter plus de quatre heures).

    Dans le milieu médical le masque ne peut donc servir qu’une fois du fait de cette perte de la charge électrostatique après lavage. Mais cet inconvénient peut être accepté dans l’usage public du fait que, même sans charge électrostatique le niveau de filtration des masques chirurgicaux reste bien supérieur à celui des masques grand public [c’est à dire les masques en tissu] qui eux ne filtrent que 90% des particules de 3 microns.

     

    Laver un masque chirurgical, d’accord, mais combien de fois ?

     

    Après études et tests qualifiés, on constate des « résultats intéressants » même après cinq lavages.  Mais ces résultats provisoires (du fait qu’il n’avait jamais été envisagé qu’on puisse réutiliser les masques chirurgicaux) devront encore être confirmés.

     

    Une conclusion… et des questions

     

    En attendant, constatons une chose : que nous utilisions un masque chirurgical un fois ou cinq fois en choisissant de le laver, arrivera inéluctablement le jour où nous devrons nous en débarrasser.

    La solution proposée par Carrefour, pour commerciale qu’elle soit, peut alors s’avérer positive pour éviter que nos poubelles, nos espaces verts, voire nos trottoirs, ne soient encombrés de déchets à la fois polluants et dangereux.

    Mais, constatant que désormais les masques sont recyclables, il faut se poser la question des moyens à mettre en œuvre au seul niveau qui compte : celui de l’État.

    Dégagera-t-il les moyens nécessaires à cette collecte et à au recyclage, sous la forme, par exemple, d’un financement spécifique qui permettrait de réduire les risques, les déchets et leurs pollutions associée ?

     

    Olivier Véran, ministre de la santé, a estimé, il y a peu, la consommation des masques à 24 millions d’unités par semaine. Soit. Sauf que plusieurs collectifs de médecins ont déclaré, dans un communiqué relayé par Le Figaro, que les besoins s’élevaient à 15 millions de masques FFP2 par jour ! Soit 105 millions par semaine… Et cela sans prendre en compte les masques chirurgicaux.

    Cherchez l’erreur…

    Mieux encore : une autre estimation publiée par le JDD, montre qu’on est encore loin du compte car cet hebdomadaire affirme que plus de :

    • 113 millions de masques sont jugés nécessaires pour les généralistes,
    • 106 millions pour les infirmiers libéraux et près de
    • 19 millions pour les pharmaciens.
    • Concernant le personnel hospitalier, le chiffre avancé est d’environ 174 millions.
    • Pour les autres équipes amenées à être en contact avec de potentielles personnes contaminées, comme les pompiers et le Samu, il faudrait près d’1,5 million de masques. »

    Faites l’addition (on l’a faite pour vous : 413,5 millions de masques par semaine) et vous prendrez conscience de l’ampleur des besoins

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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