Round Up et Cancer. Un exemple à suivre : La Californie

    round 3Désormais le glyphosate, un des composants du célèbre herbicide « Round Up » sera clairement identifié comme « cancérigène » sur l’étiquette du produit. Ainsi en a décidé L’Agence de Protection Environnementale (EPA) de Californie.
    Mesure d’autant plus remarquable que ce glyphosate (N-(phosphonométhyl) glycine, C3H8NO5P) était jusqu’alors présenté comme un désherbant « moins mauvais » (entendez moins toxique) que d’autres.
    Mode d’action.

    Pulvérisée sur les feuilles, la substance est transportée de manière systémique au travers de la plante jusqu’aux racines. Après quoi elle s’implante dans le sol où elle se trouve dégradée par le jeu des micro-organismes.

    Que dit l’OMS ?
    Le glyphosate avait la réputation étonnante d’être moins toxique pour les êtres vivants alors même qu’en début 2015 l’OMS l’avait classé parmi les trois pesticides appartenant à la catégorie 2A, – « cancérogènes probables » – avec le diazinon et le malathion.
    Mais, si les deux premiers sont peu utilisés en Europe, le glyphosate, lui, fabriqué par Monsanto le grand ami du genre humain, est l’herbicide le plus utilisé au monde.

    Que disent les autres ?
    Dans le sillage de l’OMS, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) avait classifié les trois molécules, quasi dans les « cancérogènes certains ». De quoi alerter les utilisateurs des 750 produits généreusement répandus chez nous par les agriculteurs, les forestiers et les particuliers dans leurs jardins. Tous en contact direct et fréquent avec le glyphosate, donc aux premières loges pour bénéficier de ses redoutables atteintes.

    Des observations inquiétantes.
    Qui ne s’arrêtent d’ailleurs pas aux humains puisqu’il apparaît que désormais, dans plusieurs pays, les plantes ont été génétiquement modifiées de telle sorte qu’elles puissent résister à l’herbicide. De quoi justifier une utilisation sans précaution particulière…
    C’est la raison pour laquelle, en 2011, on a pu constater aux USA la présence de glyphosate dans les trois quarts des échantillons d’air et d’eau de pluie analysés. Situation qui a empiré depuis. L’Agence de Protection Environnementale de Californie, nous révèle ainsi que 90 % des champs de maïs et de soja ont été conçus pour résister au glyphosate. Son utilisation y devient donc exponentielle. Pourquoi se gêner ?

    Faiblesse et irresponsabilité ?
    Les industriels n’ont pas à se faire de mouron pour la côté de leurs actions : l’avis seul d’un organisme comme le CIRC ne permet pas l’interdiction. En effet l’identification des risques n’est qu’une étape préliminaire avant celles où les agences de sécurité sanitaire n’émettent un avis mettant clairement en garde contre le risque encouru par nous tous. C’est la règle : quand un risque est clairement identifié, chaque nation doit ensuite adopter la législation nécessaire. Cela a été le cas pour la Commission européenne qui s’est décidé à interdire ces pesticides tueurs d’abeilles qui faisaient les choux gras de Bayer.
    Ce que va sans doute faire l’EPA de Californie qui projette de passer le glyphosate dans la liste des « cancérigènes connus de l’État », détaillant dans un communiqué que « dans les prochains mois, il sera ajouté à une liste de produits chimiques connus comme cancérigènes, mais aussi causes d’interruptions de grossesse et perturbateurs endocriniens, le tout dans le cadre de la Proposition 65. Une fois que cela sera fait, les industriels auront à placer et porter des avertissements clairs avant d’exposer des gens au Roundup et autres produits contenant du glyphosate ».
    On croit rêver : les étiquettes protègeront-elles les citoyens des pratiques de ceux qui passeront outre cet « avertissement clair » ?

    Saines réactions.
    Il semblerait que l’avis de l’OMS ait réveillé certaines volontés internationales jusque-là défaillantes. Ainsi le Salvador, qui se propose de supprimer l’utilisation du Roundup. Les études s’accumulant il devient de plus en plus difficile de dissimuler les ravages du glyphosate sur le plan génétique,. De quoi émouvoir les agences de santé les plus pusillanimes. Quant à Monsanto, il nie tout en bloc et en détail….. même après que les dernières études aient montré que le glyphosate tue rats et papillons ?

    Une victoire isolée ?
    Dans le même temps la CJUE (Cour de Justice de l’Union Européenne) – dans un arrêt rendu jeudi 10 septembre 2015, en réponse à une question préjudicielle posée par le Conseil d’Etat français en mars 2014 – juge que « les articles incorporés en tant que composant d’un produit complexe doivent faire l’objet d’une notification auprès de l’Agence européenne des produits chimiques, lorsqu’ils contiennent une substance extrêmement préoccupante dans une concentration supérieure à 0,1 % ».
    La Cour fait donc adopte donc la même position que celle exprimée par la France dans un avis du 8 juin 2011. Ce faisant, elle et donne tort à la Commission européenne et à la majorité des Etats membres…. peut-être plus sensibles au travail opiniâtre des lobbies ???

    Une hirondelle ne fait pas le printemps, elle se contente de l’annoncer.
    Il faudra encore beaucoup de temps et d’efforts pour l’imposer.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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