Stratégie Nationale de santé 2018-2022

    Les comportements favorables à la santé

    La promotion des comportements favorables à la santé peut réduire des facteurs de risque qui induisent des coûts sociaux considérables (20,4 milliards d’euros pour l’obésité, 15 milliards d’euros pour l’alcool et 26,6 milliards d’euros pour le tabac. L’enjeu est de renforcer les compétences psychosociales des individus par l’éducation pour la santé et de créer un environnement incitatif (fiscalité, aménagements).

     

    Promouvoir la santé au travail, développer une culture de prévention dans les milieux professionnels et réduire la fréquence et la sévérité des pathologies liées aux conditions de travail

    – Mettre en place une politique globale de santé et de qualité de vie au travail dans l’ensemble des milieux professionnels publics et privés

    – Développer la prévention en milieu professionnel dans une approche globale de la santé en améliorant la coordination des acteurs, en développant l’utilisation du volet professionnel du dossier médical partagé, en intégrant mieux les services de santé au travail dans le parcours de santé et en renforçant la prise en compte de la prévention des risques professionnels dans la formation des futurs salariés et dirigeants des entreprises

     – Coordonner l’offre proposée par les acteurs de la prévention des risques professionnels sur le champ des risques psychosociaux pour mieux accompagner les entreprises et tester de nouvelles démarches de prévention de ces risques en entreprise

    – Renforcer l ’ accompagnement des victimes du syndrome d’épuisement professionnel (« burn out »)

    – Améliorer la prévention et la prise en charge précoce des troubles musculo-squelettiques en entreprise et des risques liés aux manutentions manuelles notamment dans des secteurs d’activité particulièrement concernés comme celui de l’aide et des soins à la personne

    – Promouvoir le télétravail en raison de ses impacts positifs sur la santé des personnels, la qualité de vie au travail, la productivité et sur l’environnement compte tenu de la réduction des déplacements.

     

    Réduire l’exposition de la population aux pollutions extérieures et aux substances nocives pour la santé

    Selon une étude de Santé Publique France, l’exposition à la pollution atmosphérique est responsable de 48 000 morts anticipées par an (cancers, maladies cardiovasculaires, affections respiratoires). Le coût global de la pollution de l’air, en incluant à la fois la pollution atmosphérique et la qualité de l’air intérieur, a été évalué à 101,3 milliards d’euros annuels, en prenant en compte les dépenses de santé, l’absentéisme et la perte en termes d’espérance de vie, de bien-être et de qualité de vie.

    Au-delà de ce danger bien connu pour la santé, les Français sont exposés à d’autres risques environnementaux, tels que les pollutions du sol et de l’eau, les contaminations des aliments et les risques liés à l’usage de produits toxiques. Les études scientifiques ont mis en exergue le concept d’ « exposome » qui prend en compte l’effet sur la santé d’un individu de la totalité de ses expositions à des facteurs environnementaux, tout au long de sa vie.

    Notre alimentation est susceptible de contenir des contaminants issus de l’environnement ou des modes de production ou d’emballage. Il s’agit notamment des substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques, des pesticides, des métaux lourds, des toxines, des nanomatériaux et des substances au contact des denrées alimentaires (bisphénol A, huiles minérales), dont certaines sont potentiellement des perturbateurs endocriniens. L’exposition aux perturbateurs endocriniens est suspectée d’être responsable de nombreuses pathologies : trouble de la reproduction, diminution des capacités intellectuelles, cancers, troubles du métabolisme (diabète par exemple).

    – Réduire les expositions de la population :

    • Aux substances suspectées d’avoir un effet nocif sur la santé humaine, notamment en organisant leur traçabilité, en incitant les entreprises à évaluer et maîtriser durablement le risque chimique pour leurs salariés, en promouvant une agriculture durable et sans intrants, et en portant une attention particulière à l’exposition des populations riveraines de zones d’épandage agricole, en particulier les femmes enceintes et les enfants

     

    • A une alimentation en eau dont la qualité est inadéquate, notamment en renforçant la vigilance sur la présence de substances dites émergentes dans l’eau du robinet.

     

    -Développer les connaissances en matière de santé environnementale: nouveaux stresseurs (perturbateurs endocriniens, nano matériaux), effets des poly-expositions et effets cumulés des combinaisons de facteurs de stress («cocktail»), exposition au long de la vie et conséquences intergénérationnelles.

    Limiter l’impact du système de santé sur l’environnement (résidus de médicaments dans l’eau et dans les sols, déchets d’activités de soins, empreinte énergétique, etc.)

     

    Préserver l’efficacité des antibiotiques

    Diminuer la consommation d’antibiotiques de 25 % d’ici 2020

     

    Développer une démarche d’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins en y associant les usagers.

    – Développer la mesure de la satisfaction des patients (« expérience », «qualité ressentie et déclarée»)

    – Conforter l’expertise et la qualité au bénéfice des établissements et services médico sociaux

     

    Adapter la formation initiale des professionnels de santé, sociaux et médico-sociaux.

    formation hospitalier– S’appuyer sur le service sanitaire pour former les futurs professionnels aux enjeux de prévention et plus généralement de promotion de la santé propres à l’ensemble des professions de santé et du médico-social

    – Développer la sensibilisation des étudiants au vécu du patient, ainsi qu’aux enjeux de la relation de soin et de la vulnérabilité (handicap, dépendance)

    – Développer dès la formation une culture pluriprofessionnelle et du travail en équipe et une plus grande proximité avec les autres professions, notamment grâce à des modules communs et à des échanges de pratique avec les travailleurs sociaux et les acteurs médico-sociaux

    – Développer et diversifier l’offre de stages en ambulatoire au cours des deuxième et troisième cycles des études médicales en cabinet comme en maisons et en centres de santé universitaires, en médecine générale comme dans les spécialités de premier recours

    – Concrétiser l’« universitarisation » des formations sociales et paramédicales afin de renforcer la qualité de la formation, de favoriser la recherche en sciences paramédicales et d’encourager la pluridisciplinarité comme une incitation à l’exercice pluri professionnel ultérieur

    – Concevoir les formations destinées aux professionnels appelés à exercer en pratique avancée au fur et à mesure que de nouveaux champs d’exercice seront reconnus

    – Réaffirmer les valeurs des métiers de la santé et la nécessité de faire converger les devoirs et les responsabilités des acteurs de santé autour de la contribution aux missions de service public (prévention, urgences, précarité, rééducation, non-discrimination et non sélection des patients et des activités, etc.)

    salutogénese-santéRenforcer les équipes de santé au travail dans les établissements sanitaires et médico-sociaux, et développer leur formation sur les enjeux de promotion de la santé et du bien-être au travail – Mettre en place des méthodes de management favorables à la qualité de vie au travail, et notamment renforcer l’écoute et le sens donné au travail, développer le travail en équipe et valoriser l’engagement, l’expression et l’initiative des équipes médicales et soignantes – Accompagner les professionnels de santé et médicosociaux et les salariés de particuliers employeurs dans l’évolution des organisations afin d’améliorer la qualité de vie au travail – Poursuivre les efforts déployés pour améliorer l’environnement et les conditions de travail des professionnels au quotidien, y compris leur sécurité d’exercice – Améliorer la détection et la prise en charge des risques psycho-sociaux, et notamment des syndromes apparentés à l’épuisement professionnel (« burn out »)

     

    Adapter la formation initiale des professionnels de santé, sociaux et médico-sociaux. Améliorer la qualité de vie et la sécurité au travail des professionnels de santé et médico-sociaux

    Mettre en place un cadre juridique facilitant les expérimentations locales et nationales – Soutenir financièrement les organisations innovantes via le Fonds d’intervention régionale (FIR) ou le fonds

    pour l’innovation du système de santé – Renforcer les modalités d’évaluation des expérimentations pour permettre la diffusion de celles qui auront démontré leur efficacité – Favoriser la recherche notamment médicoéconomique sur les organisations innovantes

     

     

     

    Facilité l’émergence et la diffusion des organisations innovantes.

    – Mettre en place un cadre juridique facilitant les expérimentations locales et nationales – Soutenir financièrement les organisations innovantes via le Fonds d’intervention régionale (FIR) ou le fonds pour l’innovation du système de santé

    – Renforcer les modalités d’évaluation des expérimentations pour permettre la diffusion de celles qui auront démontré leur efficacité

    – Favoriser la recherche notamment médico-économique sur les organisations innovantes notamment médicoéconomique sur les organisations innovantes

    Accompagner les parents dès la période prénatale dans l’apprentissage des enjeux de santé de l’enfance et de l’adolescence 

    -Agir dès la grossesse, à l’accouchement et durant la période néonatale sur les facteurs qui peuvent affecter la santé et le développement psychomoteur des enfants, et/ ou favoriser la survenue de maladies chroniques à l’âge adulte

    – Améliorer la coordination des acteurs intervenant auprès des familles et susceptibles d’accompagner les parents quant à la santé de l’enfant, qu’ils relèvent du champ sanitaire, éducatif ou social

    – Mettre en adéquation les offres d’accompagnement proposées aux parents avec les besoins de santé de leur enfant, en utilisant des méthodes innovantes et participatives (Malette des parents par exemple) et en mettant à la disposition des parents des ressources pédagogiques de confiance

    – Renforcer le réseau de la protection maternelle et infantile

    – Étudier les circonstances de survenue des accidents de la vie courante chez les enfants de moins de 15 ans, afin d’analyser les facteurs de risque, de déployer des campagnes de prévention et d’améliorer la réglementation sur les produits dangereux

    – Sensibiliser les parents aux risques associés aux addictions ou aux usages nocifs des écrans (téléphone, tablette, ordinateur) et aux enjeux associés à la qualité du sommeil

     

    Améliorer le repérage et le prise en charge précoces des troubles et maladies de l’enfant 

    -augmenter le nombre de maladies dépistées comme amblyopie.

    Réduire l’incidence des maladies chroniques, et notamment du diabète et de ses complications

    – Renforcer le développement des actions de prévention et d’information en liaison notamment avec les services de l’Education nationale, de l’agriculture, des sports et de la cohésion sociale

    – Appliquer la réglementation en matière de limitation de la teneur en sucres ajoutés des denrées alimentaires de consommation courante – Accentuer les efforts de prévention et de dépistage des cancers.

    Renforcer et adapter l’offre de formation initiale et continue

    Développer et coordonner les activités de recherche en santé.

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