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Ségolène Royal soutient la protection des Français contre l’exposition chimique !

Et celle qui est chargée des relations internationales sur le climat n’a pas mâché ses mots lors d’une visite à l’Ineris, vendredi 19 février dernier : « Donner toute l’information au moment où on l’a, c’est une façon de respecter les citoyens, de compter sur leur intelligence, et que par leurs orientations d’achat, ils favorisent l’achat de produits industriels qui vont dans la bonne direction« . La syntaxe n’est pas terrible mais le cœur y est.La chasse au MIT….

A preuve son soutien à l’interdiction de la « méthylisothiazolinone« , ou MIT, contenue dans « les produits cosmétiques non rincés« , comme les lingettes pour bébés; produits qui, restant sur la peau, peuvent provoquer des allergies.
De plus, un communiqué des services de Mme Royal, très inspirée, préconise « une forte diminution de la dose autorisée pour les autres produits cosmétiques, comme le recommande l’Anses« . Il nous faudra donc observer dans les faits la pleine application de ces directives.
Et comme une bonne décision n’arrive jamais seule, le ministre « demande à l’Agence européenne des produits chimiques d’accélérer le processus d’harmonisation de la classification pour la MIT afin que l’ensemble des autres usages de cette substance soient soumis aux mêmes doses limites« . Dans cette optique, elle va demandera au commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, dès le 3 mars prochain, « une révision rapide des exigences européennes dans le cadre du règlement cosmétique, ainsi qu’une révision de la classification pour la MIT« .

…..aux désodorisants

Elle nous mitonne d’autre part un projet de décret qui rendra obligatoire l’information des consommateurs sur les produits désodorisants. Ce qui ne peut qu’assainir ce marché qui ne sent pas toujours très bon.
Ainsi l’Ineris s’intéresse-t-il de près aux bougies et aux encens parfumés car plusieurs substances contenues dans ces produits « s’avèrent préoccupantes« , tels que le benzène et le formaldéhyde. Et de préconiser « quelques recommandations simples : ne pas inhaler en direct les fumées d’encens et limiter les durées de combustion dans le temps, en particulier en présence de personnes sensibles (enfants, personnes asthmatiques)« .

…..à la QAI (Qualité d’Air Intérieur)

Dans ce domaine Mme Royal a annoncé « mettre gratuitement à disposition des territoires à énergie positive pour la croissance verte, 1000 kits de mesure de la qualité de l’air intérieur pour les écoles et les crèches« . De même, « 200 crèches de ces territoires bénéficieront de travaux d’isolation acoustique« .
Sans oublier une instruction aux préfets qui pourront prendre  » des arrêtés interdisant l’épandage à proximité des lieux sensibles comme les crèches et les écoles » (on a oublié « les préfectures » si chères à nos paysans bretons !).

Le cas des P.E. (Perturbateurs endocriniens)

Mme Royal, durant cette visite, n’a pas oublié de pointer du doigt les perturbateurs endocriniens, et elle a insisté sur « la nécessité d’innover et de créer des substitutions aux substances chimiques dangereuses…… [ce qui] est une manière de « réconcilier l’environnement et l’activité économique, les emplois« .

Du nerf !

Mme Royal, très offensive a alors appelé à l’action : « Si ça flotte, si c’est mollasson, si l’on repousse les délais, alors c’est très difficile pour les industriels d’investir », et « on perd des emplois« . Au contraire, « si l’on est clair« , notamment en matière de réglementation, « la transition peut se faire rapidement« .
Nous, on veut bien le croire; mais pas sûr que les industriels en question apprécient le syllogisme implicite contenu dans l’analyse ministérielle……

Un compliment

Adressé à l’Ineris bien sûr. D’après le ministre de l’environnement (et autres domaines), celui-ci a été « un précurseur dans la mise en place d’outils pour détecter les perturbateurs endocriniens. Il y a déjà des résultats impressionnants en France« , a-t-elle affirmé.
Désormais, ses vœux vont vers la Commission européenne pour que celle-ci « prenne des décisions afin d’éviter des distorsions de concurrence entre les industriels européens et de ne pas défavoriser ceux qui développeraient et utiliseraient des produits de substitution à ces substances chimiques« . Là encore on peut mieux dire mais l’idée va dans le bons sens.

Les nanomatériaux

Ceux-ci n’ont pas été oubliés puisque le ministre a annoncé que le rapport « R-nano 2015 » sur les nanomatériaux, objets d’alarmes justifiées, sera « publié demain » (le 20 février, donc). On lira avec intérêt ce rapport qui doit rendre publique la synthèse des déclarations par les industriels des nanomatériaux produits, importés et utilisés en France, quand on sait que, toujours d’après Mme Royal, « 300 formes sont produites ou importées sur notre territoire« . Le ministre affirme avoir écrit à la la Commission « pour lui permettre de prendre connaissance de ce rapport ». Et il demande la « meilleure prise en compte de ces matériaux dans la règlementation européenne sur les substances chimiques« .

« Les faits sont têtus » disait Lénine. Confirmeront-il l’optimisme volontaire de Mme Royal ? Nous l’espérons sincèrement.

Olivier TOMA – PRIMUM NON NOCERE

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