SSE, l’entreprise Québécoise d’économie sociale pilotée par des professionnels de santé

    la communauté SSE

    Synergie Santé Environnement a pour mission d’accompagner le secteur de la santé et des services sociaux québécois dans la réduction de ses impacts sur l’environnement et sur la santé. Depuis 2007, SSE aide les établissements de santé et de services sociaux publics et privés, de la grande région de Montréal, à s’inscrire dans une démarche responsable et à entreprendre des actions d’amélioration de leurs pratiques environnementales.

    Les mots-clés de SSE : innover, collaborer, former, accompagner.

    Jérôme Ribesse, co-fondateur et Directeur Général SSE, fait un tour d’horizon des projets en cours et à venir : un partenariat avec Recyc-Québec sur la récupération et la valorisation des déchets plastiques issus des unités de soins ; La publication d’un guide d’optimisation des matières résiduelles dans les hôpitaux ; Et l’élaboration d’un observatoire du réseau de santé Québécois.

    Jérôme Ribesse, Directeur Général de SSEJérôme Ribesse : « Nous sortons d’une fusion du réseau public de la santé et des services sociaux ici au Québec qui a eu lieu il y a deux ans et dont les effets se feront encore sentir pendant quelques années. Nous sommes passés de 182 à 34 établissements. Un grand changement pour le système de santé et de services sociaux et ses organisations. Cette fusion a été leur priorité et le sujet du développement durable a été relégué au dernier plan.

    Il faut aussi savoir qu’il n’y a pas ou peu d’obligations et de réglementations environnementales s’appliquant aux établissements de santé et des services sociaux au Québec. Nous avons un plan d’action sur les changements climatiques, le PACC 2013- 2020 financé par le Fonds vert, mais aucune obligation de réduction des émissions de gaz à effet de serre n’est imposée aux organisations publiques et privées. Les quelques hôpitaux Québécois qui se sont engagés dans la résilience au changement climatique l’ont fait volontairement.

    Ce qui est positif c’est que parmi les 34 structures issues de cette fusion, 13 sont adhérentes de SSE et sont en demande d’informations, de conseils et d’accompagnement sur la réduction de leurs impacts. Les projets que nous avons menés avec ces établissements et les travaux rendus sont la preuve d’une réelle volonté d’agir de la part du secteur de la santé. »

    Innovation et optimisation de la GMR

    Jérôme Ribesse : « la gestion des matières résiduelles et notamment les plastiques provenant des activités de soins est particulièrement problématique car ces déchets ne semblent pas intéresser les récupérateurs. Il est généralement plus simple pour les établissements de les envoyer à l’enfouissement alors qu’ils pourraient avoir une seconde vie, ici au Québec. La réalité « terrain » des établissements de santé et de services sociaux fait que les récupérateurs considèrent souvent les matières résiduelles générées comme étant des déchets biomédicaux alors que la majorité n’ont jamais été en contact avec des patients et sont même stériles.

    les déchets plastiques à l'hôipital

    Ces déchets ont un grand impact sur la santé et sur l’environnement. Une fois dans les sites d’enfouissement, les plastiques se dégradent très lentement, processus au cours duquel certains de leurs constituants comme les phtalates sont lessivés et se retrouvent dans le lixiviat, polluant par la suite les nappes phréatiques et les cours d’eau. »

    En 2014, SSE répondait à la demande de plusieurs hôpitaux de la région de Montréal pour mener un projet pilote visant la récupération et la valorisation des déchets plastiques de l’hôpital, et plus particulièrement ceux provenant des activités de soins. Le projet, qui a duré deux ans, a reçu le soutien financier d’Environnement Canada et Recyc-Quebec, organisme porteur de la politique Québécoise de gestion des matières résiduelles, qui dépend du Ministère du développement durable, de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques. SSE a travaillé avec trois établissements pilotes : la Cité de la santé de Laval, l’hôpital Jean-Talon et l’Hôpital Pierre Boucher.

    Jérôme Ribesse : « Nous avons d’abord caractérisé les déchets plastiques et évalué les volumes annuels. Nous avons restitué des indicateurs quantitatifs de la production de déchets plastiques générés par les établissements pilotes. Pour les déchets plastiques de type 3 par exemple, composés de polychlorure de vinyle (PVC), ce sont plus de 24 tonnes métriques par an qui ont été quantifiées sur les trois sites pilotes. Il a fallu ensuite dresser une liste des récupérateurs-recycleurs, identifier les modes de valorisation les mieux adaptés. Nous avons aussi testé la mise en place d’un système de récupération des plastiques à l’Hôpital Pierre Boucher. « 

    Un guide d’optimisation de la gestion des déchets hospitaliers

    En 2009, un programme complet de recyclage des plastiques médicaux avait déjà été mis en place dans plusieurs départements de l’Hôpital général de Montréal (HGM) avec l’aide de SSE. L’hôpital a depuis recyclé 5 tonnes d’appareils électroniques et plus de 850 tonnes métriques de papier et cartons en 2013. L’HGM a obtenu en 2014 l’attestation de niveau 2 décernée par Recyc-Québec dans le cadre de son programme : « Ici on recycle ».

    affiche pour le recyclage des déchets plastiques

    Jérôme Ribesse : « Nous venons de signer un nouveau partenariat d’un an avec Recyc-Québec sur la récupération des plastiques issus des unités médicales. Nous sommes ravis car c’est une approche très participative que nous avons avec notre partenaire. SSE va donc poursuivre son travail d’accompagnement des structures hospitalières. Nous sommes par exemple en train d’identifier ce qu’on appelle ici les « Brokers ». Des organismes récupérateurs de tout type de plastique qu’ils transforment en granules et revendent ensuite comme matière première à certaines entreprises. Les hôpitaux pourraient ainsi recycler leurs matières résiduelles et peut-être même percevoir une redevance. Rien n’est fait mais nous allons tester la mise en oeuvre de ce système de récupération dans cinq hôpitaux. Au final, nous produirons un guide d’optimisation de la gestion des déchets dans le secteur santé. Quel système de récupération peut-on mettre en place à l’hôpital ? Quels sont les récupérateurs de plastiques ? Comment gérer et diminuer les coûts de traitement et de transport des déchets ?… »

    Un observatoire des matières résiduelles du réseau de la santé Québécois

    Synergie Santé Environnement anime également un groupe de travail GMR « Gestion des matières résiduelles » avec Recyc-Québec,  le Ministère de la santé et les représentants d’une douzaine d’établissements. Les missions du groupe : rappeler les objectifs gouvernementaux en GMR, échanger sur les meilleures pratiques et élaborer un observatoire des matières résiduelles du secteur santé.

    indicateurs des déchets plastiques à l'hôpital Pierre BoucherJérôme Ribesse : « Avec le groupe GMR, nous allons élaborer un outil de reddition de comptes de la gestion de matières résiduelles. Une sorte d’observatoire des déchets hospitaliers informant sur les volumes annuels, les coûts et redevances. Cet outil pourra rendre des comptes et fournir des indicateurs moyens du secteur de la santé et des services sociaux. Pour aller plus loin, nous allons nous inspirer des pratiques de notre pays voisin. Les Etats-Unis ont en effet défini des balises en termes de taux de récupération et de valorisation. Dans les hôpitaux américains, on additionne les volumes de l’ensemble des matières recyclables et le compostable, que l’on divise par le volume total de déchets, incluant les DASRI. Si l’on obtient 30% de taux de valorisation, on est bon. Ce système de ratio moyen évite aux hôpitaux d’aller fouiller dans leurs poubelles et c’est ce que nous souhaiterions faire au Québec. »

    SSE a de belles années en perspective, l’entreprise est en plein développement. Un service de formations vient d’être lancé sur des sujets santé-environnement qui touchent directement les hôpitaux. La dernière formation en date, « les perturbateurs endocriniens en milieu hospitalier ». Et bientôt peut-être un partenariat avec l’agence Primum Non Nocere

    Synergie Santé Environnement

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