Triclosan et Triclocarban doivent-ils être interdits ?

    Ils le sont déjà par l’Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments. Pourquoi ? Parce que ces substances chimiques peuvent représenter un risque pour la santé sans pour autant s’avérer vraiment efficaces contre les microbes !

    Triclosan et triclocarban ne sont d’ailleurs pas les seuls produits chimiques à devenir persona non grata dans le panel des produits alimentaires et médicamenteux US. La FDA  en a éliminé  dix-sept autres…. en laissant un an aux fabricants pour remplacer les substances incriminées dans leurs produits. Sauf à les retirer du marché purement et simplement : l’Oncle Sam ne rigole pas avec l’usage des substances nocives dirait-on. On ne peut en dire vraiment autant chez nous….

    Ces décisions ne peuvent nous laisser indifférents car triclosan et triclocarban , sont présents dans nombre de nos savons antibactériens, de nos dentifrices ou de nos talcs pour bébé.

    Le triclosan et le triclocarban c’est quoi ?

    Le premier, 5-chloro-2-(2,4-dichlorophénoxy) phénol, est un biocide : une substance qui tue les micro-organismes. On l’utilise depuis les années 70 dans le lavage chirurgical des mains. Le second, 3,4,4′-trichlorocarbanilide, est une substance chimique aux propriétés antibactériennes et antifongiques.

    Ils sont partout….

    Le triclosan règne sur les produits ménagers,  les jouets, les vêtements, le linge de maison quand ils sont traités anti-odeur ou antibactérien. Là ne s’arrête pas la liste car  ils imprègnent aussi les fils de suture, les cathéters, les sacs poubelle… et, pour faire bonne mesure, on trouve ce biocide  dans de nombreux savons, gels douche, gels hydro-alcooliques, déodorants ou dentifrices. Sans oublier le talc pour bébé : the last but not the least.

    Le triclocarban, lui,  sévit dans certains savons, les solutions moussantes antiseptiques, les bactéricides et fongicides, sans oublier les solutions désinfectantes et les produits d’entretien. Bien sûr il se fait la part belle dans certains médicaments comme les traitements locaux en dermatologie gynécologique.

    Quels dangers présentent-ils ?

    Leur utilisation prolongée  affecte la santé en provoquant, par exemple, une résistance microbienne et surtout en affectant le système hormonal. Elle favorise de plus le développement de certains cancers, les malformations congénitales, elle altère la fertilité, elle induit la puberté précoce…Rien d’anodin comme on le voit.

    Qui nous débarrassera définitivement de ces dangers mortels que le « progrès scientifique » et ses dérives « physico-chimiques » font peser sur la santé humaine depuis cinquante ans et on commence à mesure l’ampleur aujourd’hui ?

    Quand nous écrivons « aujourd’hui », c’est une façon de parler car dès 2007, l’université de Californie à Davis publiait une étude dans Science Daily qui montrait  » une amplification significative de l’activité de la testostérone par le TCC, à la fois in vitro et in vivo. In vivo, l’exposition des rats au triclocarban entraîne une augmentation substantielle du poids des organes génitaux et de la prostate« .

    Et en avril 2013, une étude publiée par l’UFC-Que choisir, nous alertait sur « l’effet cocktail » de différentes molécules présentes dans les produits d’hygiène qu’elle soupçonnait  d’être à l’origine de perturbations endocriniennes.

    Faut-il rappeler que  nous utilisons tous les jours  – et nos enfants avec nous –  des savons, des shampooings, du dentifrice, des déodorants, des crèmes pour le visage, quelquefois  aussi pour le corps, sans oublier le maquillage pour la plupart des femmes ?.

    Quant aux savons antibactériens les utiliser sans discernement ni besoin manifeste c’est accepter d’affaiblir notre système immunitaire.

    Quel est le statut du triclosan et du triclocarban en Europe ?

    La Commission européenne a fixé à 0,3% du produit fini la concentration maximale du triclosan dans les cosmétiques.  Elle l’autorise dans les bains de bouche, mais à une concentration maximale de seulement 0,2%. En revanche, ils sont bannis de tous les produits de rasage depuis le 30 octobre 2014.

    Rappelons que malgré relances et admonestations,  la dite Commission n’a toujours pas publié sa définition de « perturbateur endocrinien » comme elle devait le faire fin 2013 ! Ce qui s’avère intolérable et inadmissible car plusieurs  règlements européens qui « prévoient des mesures de protection des populations contre l’exposition aux perturbateurs endocriniens » ne pourront entrer en vigueur que lorsque cette définition sera enfin publiée et adoptée.
    Pendant ce temps ce sont les fabricants et leurs lobbyistes qui sont à la fête !

    Action auprès du ministre de la santé.

    Définition ou pas, pour notre part nous avons déjà écrit à Marisol Touraine pour lui demander d’obtenir de l’Europe qu’elle prenne les mêmes mesures de salubrité publique que celles adoptées par la FDA américaine.

    Nous attendons mais ne voyons rien venir….

     Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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