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Vernis à ongles : des amis qui ne vous veulent pas de bien ?

Vernis à ongles : des amis qui ne vous veulent pas de bien ?

Vernis à ongles : des amis qui ne vous veulent pas de bien ?

Quelle femme ne rêve pas de posséder des mains belles et soignées ?

Laquelle pense atteindre à ce résultat sans le précieux concours d’un vernis à ongles… quelle que soit la nuance choisie, quelquefois surprenante.

Mais voilà qu’un récent rapport de la Commission européenne vient ternir ce qui brillait jusqu’alors d’un si bel éclat et susciter l’inquiétude chez nos compagnes.

Une vieille histoire…

On sait que les recettes de beauté concernant toutes les parties du corps – et les ongles n’y ont pas échappé – sont aussi vieilles qu’Eve, la première fois qu’elle s’est vue dans un miroir un peu vieillissante. Il a fallu attendre la fin du 2ème millénaire pour qu’Adam ne la suive dans ce type de préoccupation narcissique… en ce qui concerne le maquillage tout du moins car, pour le reste, il n’avait guère attendu pour concurrencer sa compagne.

Mais qu’en est-il plus particulièrement du vernis à ongles tel qu’il s’offre à notre utilisation aujourd’hui ? En fait il constitue quasiment un sous-produit de l’industrie automobile puisqu’il est né  de la peinture automobile dans les années 20 et de l’ingéniosité d’une certain Michelle Ménard (rien à voir avec Béziers) créatrice d’émaux de couleur à appliquer sur l’ongle.

L’« Assassin habite au 21 ».

Vous connaissez certainement ce célèbre film d’Henri-Georges Clouzot où trois retraités se relaient habilement pour effectuer des meurtres en série à l’abri d’alibis en béton.

Ici c’est un peu la même chose.

La composition des vernis à ongles, si elle a évolué depuis 1920, en est arrivée, elle aussi, à un haut degré de toxicité qui fait penser, sous le registre de la beauté alliée à la destruction, à la très jolie pomme rouge que la méchante sorcière tend à Blanche-Neige dans le non moins célèbre film de Walt Disney.

Nous n’inventons rien, Nous tirons ces références inquiétantes, que nous colorons d’un peu de cinéphilie pour les rendre moins… laides, de l’enquête menée au printemps 2012 par le Departement of Toxic Substances Control dans des salons de manucure de San Francisco.

C’est ce Département, qui, tel le commissaire Wenceslas Vorobeïtchik dans le film de Clouzot,  a débusqué le trio toxique sournoisement à l’œuvre dans ces vernis aux si jolies couleurs et classés – sans doute par humour, les fabricants américains sont tellement farceurs ! – « toxic free ».

Les membres de ce trio sont respectivement :

  • Des formaldéhydes, pourtant répertoriés depuis 2004 comme « produits cancérigènes » par le Centre International de Recherche sur le Cancer.
    Ce sont des substances très volatiles à l’origine de problèmes respiratoires de moins en moins contestables. On les utilise comme durcisseurs et peuvent être « tolérés » jusqu’à une concentration de 5% dans les vernis.
    Inutile de préciser que cette proportion n’était respectée dans aucun des échantillons utilisés en Californie.
  • Du dibutyl phtalate (DBP)
    Ce triste sire est accusé de provoquer des dysfonctionnements endocriniens. Précisions que son utilisation est interdite en Europe depuis 1976… dans les vernis à ongles !
  • Du toluène.
    Il s’agit là d’une résine censée faciliter l’application du vernis à ongles… mais jugée responsable d’allergies cutanées et respiratoires.

Ne croyez pas que seuls les USA constituent le terrain de chasse du trio maléfique, le système d’échange rapide d’informations sur les produits dangereux de la Commission européenne que nous avons évoqué dans notre précédent article – RAPEX – a pointé du doigt dès juin 2012 des vernis à ongles bon marché vendus dans des solderies mais aussi dans des parfumeries reconnues.

Et si on essayait de garder nos ongles tels que la nature, si prévoyante et avisée, nous les a donnés, ne serait-ce pas plus sain. Et plus économique, ce qui ne gâterait rien.

Quand cesserons-nous de dénoncer des fléaux que nous nous ingénions à placer sur notre chemin et à nous plaindre de maux dont nous chérissons les causes, comme le déplorait déjà Bossuet… qu’on ne lit plus beaucoup hélas !

 

Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

 

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