1000 conflits environnementaux dans le monde…..pour le moment !

    © Copyright 2013 CorbisCorporationC’est ce que nous révèle un atlas publié dans le cadre du projet « Ejolt » (Environmental Justice organizations, liabilities and trade)  financé par l’Union européenne.
    Il a fallu trois ans à cette centaine de personnes  – issues de l’université, de la justice, des ONG – ont participé à la constitution d’une carte interactive détaillant les 1000 conflits environnementaux annoncés en titre.
    On peut interroger l’atlas par produit, par entreprise (Ex : Chevron en Equateur ou Shell dans le delta du Niger), par pays ou par type de conflits. La base de données constituée par ce projet Ejolt et accessible à tous, permet aussi d’établir le lien entre ces conflits et des questions comme celle de l’énergie nucléaire, de l’eau, de la fracturation hydraulique et de l’exploration minière.
    L’objectif est de fournir toutes informations possibles aux activistes qui pourront rapporter les conflits locaux à une dimension globale, mais aussi aux chercheurs et aux médias pour faciliter leur travail ou découvrir certains conflits qu’ils ignorent.  » D’après le communiqué qui présente le projet :  » C’est une manière plus simple de trouver de l’information, de se connecter à  d’autres groupes, qui travaillent sur les questions qui y sont relatives et d’accroître la visibilité sur les conflits environnementaux  »
    Les cartes révèlent la multiplication des conflits dans le monde, provoqués par la demande en matériels et alimentés par  » les populations riches et la classe moyenne » précise le coordinateur de l’atlas.
    D’après lui « les plus touchés sont pauvres, marginalisés, ils appartiennent aux communautés autochtones et ils n’ont généralement pas le pouvoir politique pour s’assurer un accès à la justice et à la santé environnementale« . Toujours d’après lui  » plus de 2000 entreprises et les institutions financières » seraient impliquées, ce chiffre incluant  » de nombreux acteurs des entreprises et de l’Etat des pays développés mais avec une participation croissante des économies émergentes« . La palme des conflits environnementaux revenant à l’Inde (104) la Colombie (72) le Brésil et le Nigéria (58).

    En France l’atlas pointe six conflits environnementaux : quatre concernant des projets liés aux infrastructures parmi lesquels:

    • la ligne A « grande vitesse » entre Bordeaux et l’Espagne
    • la liaison routière Pau-Oloron,
    • l’opération d’aménagement d’intérêt national « Eco-vallée » de la plaine du Var
    • le stade des Lumières à Décines en Rhône-Alpes.

     Les deux derniers conflits recensés concernent le nucléaire :

    • le projet Iter en construction sur le site Saint-Paul-les-Durance
    • le projet Cigeo de stockage des déchets nucléaires à Bure (entre Meuse et Haute-Marne)

      L’Atlas ne se contente pas de relever les conflits, il permet aussi de réaliser une recherche à partir des noms des entreprises impliquées dans ces dits conflits. Nous avons cité Chevron en Equateur et Shell dans le delta du Niger. Cette « dénonciation » constitue pour les concepteurs, un moyen de sensibiliser les entreprises aux « enjeux de responsabilités » qui leur incombent, et « de les faire réagir » pour « qu’elles aillent plus loin » et « respectent les limites des écosystèmes« .
    L’atlas relève 17% de cas de victoires de justice environnementale et ses concepteurs espèrent que leur projet contribue à démontrer que « l’activisme environnemental aide à prévenir les grands problèmes écologiques« .
    Mais le projet ne s’arrête pas là car l’atlas comportera bientôt des « exemples de success stories » dans des conflits résolus. Mais, plus inquiétant, le recensement passera prochainement de 1000 à 2000 conflits environnementaux. Où s’arrêtera-t-on ?

    On nous parle beaucoup  du « réchauffement climatique » (avec d’ailleurs des approches contradictoires sur ses causes : humaines pour les uns, naturelles pour les autres) mais il ne faudrait pas que ce grave problème nous dissimule un autre réchauffement : celui des esprits.  La crise environnementale parce que les instances nationales et internationales ne l’affrontent pas avec assez de vigueur, risque de devenir une source de conflits mondiaux de plus en plus explosive.
    Il est peut-être temps d’en prendre conscience.

      Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

     

     

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