120 000 par jour… le chiffre à méditer.

    120.000 ! – l’équivalent de la population de Besançon – absents tous les jours…

    Inquiétante cette épidémie d‘absentéisme qui frappe le secteur de la santé si on en juge par les chiffres présentés par le député Jean-Luc Warsman en Octobre 2009 à l’Assemblée nationale (par ailleurs championne toutes catégories en matière d’absentéisme).

    Sans aucunement vouloir jouer le jeu de la discrimination entre public et privé – les deux mamelles irremplaçables de la santé – on peut résumer ce rapport aux chiffres suivants : taux d’absentéisme général = 10.40%.  C’est à dire qu’un salarié sur dix est absent en permanence dans ce secteur. A relativiser avec celui de l’Education nationale qui atteint 20% (deux salariés sur dix) dans certaines régions. Dans le secteur public le taux est de 11% et dans le privé de 6% en moyenne nationale.

    En d’autres termes, ce ne sont pas moins de 120 000 acteurs de santé qui sont eux même en maladie, chaque jour…

    Combien cela nous coûte-t-il ? Selon l’association nationale des DRH, 1% d’absentéisme coûte 1% de la masse salariale, ce qui, selon l’IFRAP représente une dépense de 11 milliards d’euros pour toute la fonction publique. Ou encore 2.1 milliards d’euros pour la seule fonction hospitalière qui représente 19% de la fonction publique.

    La cour des comptes, elle, relève une détérioration du taux global de présence passant de 90% en 1999 à 88% en 2002. Ce qui veut dire, à l’inverse, que le taux d’absentéisme a augmenté de 2% en 3 ans ! Encore un effort et, dans quelques décennies il ne restera plus que 50% du personnel total présent dans nos hôpitaux. Un peu comme les spermatozoïdes sous le coup des agressions chimiques dont nous vous rendons compte par ailleurs !

    Quant au sénateur Alain Vasselle il a déposé un amendement au PLFSS 2010 pour « relancer le débat sur le contrôle des arrêts maladie dans le fonction publique« .  Merveilleuse idée qui aura autant d’impact que les rapports de la Cours des comptes, qui finissent au fond des tiroirs aussitôt que publiés.

    Alors plusieurs études émanant de l’ENSP, de l’EHESP, de la Faculté de droit et science politique et portant sur l’absentéisme à l’hôpital, ont voulu avancer des pistes d’explication : vieillissement du personnel, moindre implication, 35 H et mauvaise organisation, manque de reconnaissance.

    Tout cela est juste mais, à notre avis, il manque l’essentiel.

    L’essentiel est d’avoir une vision à long terme de ce que doit devenir notre secteur de la santé, hors des lobbies et des corporatismes exacerbés. Pour cela, il est nécessaire de lancer un Grenelle de la santé, pour mettre tous les acteurs autour de la table et inventer le système qui garantira le financement et une santé préservée aux générations futures.

    Il est temps, avant la présidentielle de 2012 de « réclamer » ce Grenelle, pour que Xavier Bertrand et Nora Berra, nos « capitaines santé », remotivent leur troupes durablement…

    Olivier TOMAPrimum Non Nocere

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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