4000 personnes intoxiquées au dioxyde de titane. Qui dit mieux ?

    Les 20 ans du Psas : Programme de surveillance air et santé

    On apprend que le gouverneur de Crimée,  a dû faire évacuer plusieurs milliers de personnes (adultes et enfants) après qu’une usine chimique située près d’Armiansk ait rejeté des émanations toxiques dans l’atmosphère dans la nuit du 23 au 24 août.

    Les populations n’ont été déplacées dans le Nord de la Crimée que plusieurs jours après l’épisode de pollution, les autorités ayant d’abord essayé de garder le silence. Outre les déplacements de population, quatre personnes ont dû être hospitalisées.

    Notons qu’Armiansk est situé à l’extrême-nord de la péninsule et qu’il a fallu envoyer les personnes soumises à la pollution vers des centres de soin situés en d’autres lieux de la presqu’île. 54 personnes sont restées sur place pour être soignées à domicile. Sans plus de détail. 

    Des rejets agressifs

    Le lendemain du jour où l’usine chimique «Krimski Titan» d’Armiansk a effectué ces rejets, les réseaux sociaux ont été envahis par les plaintes d’une population qui souffrait de quintes de toux anormales et d’irritations aux yeux.  Les photos publiées montraient des véhicules et des canalisations recouverts d’un liquide huileux.

    « Pas de panique ! » ont dû penser les autorités de tutelle car elles n’ont ordonné l’évacuation des zones touchées que le mardi suivant (4 jours après le largage) et après que 300 personnes soient venues protester devant la mairie de la ville. 

    Les causes

    Pour le gouverneur de Crimée ces largages de gaz toxiques sont la conséquence de changements de températures qui ont eu pour conséquence un dépassement des normes autorisées de dioxyde de souffre.

    Mais on peut désormais dormir tranquille car il affirme que les mesures effectuées à l’intérieur des écoles et des jardins d’enfants ne montrent toutefois aucune quantité anormale. Ouf !

    Les mesures prises

    Pour dissoudre les productions toxiques, on a arrosé 500 km de routes de Crimée et 2500 km2 de surface.  Particulièrement  à l’entrée des écoles et des habitations.

    Quant au personnel – 5000 personnes sont employées dans l’usine pollueuse – on lui a octroyé un congé exceptionnel de deux semaines.

    Du côté des sanctions éventuelles, une enquête a été ouverte pour violation de la législation concernant les rejets de substances dangereuses.

    On verra ce que cela donnera…

    Le gaz pollueur

    Il s’agit du dioxyde de titane, principale production de l’usine incriminée.  Très utilisé dans l’industrie chimique.

    Pour diluer de l’acide sulfurique  et fabriquer son dioxyde de titane, l’usine a recours à un lac artificiel. Mais Kiev, après le référendum et l’annexion, a fermé le canal qui alimentait la Crimée en eau. D’où la baisse du niveau du lac et la hausse du risque de rejets chimiques sur la région.

    Notre commentaire

    Le dioxyde de titane déjà suspecté de toxicité pour l’homme s’avère tout aussi dangereux sur toute sa chaine de production !
    Cela prouve, une fois encore, que l’analyse du cycle de vie d’un produit devrait entrer dans les critères de choix et les notations des produits de grande consommation, voire même dans les autorisations de mise sur le marché.

    Interdire le TIO2 ( E171) est donc une priorité de santé publique tant pour les consommateurs que nous sommes tous, que pour les salariés de cette industrie et leurs voisins direct soumis aux aléas d’une production dangereuse et mal contrôlée.

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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