« Beaucoup de bruit pour rien ? ». Non. Il nous coûte 57 Md€….

    nuisance bruit

    57 Md€ c’est l’estimation chiffrées des nuisances dues au bruit établie par le cabinet EY. C’est la première étude globale-sanitaire, sociale et économique en France sur le bruit. Avec l’espoir de faire réagir les pouvoirs publics…comme le pense le président du Conseil  national du bruit (CNB) qui a commandé l’étude en partenariat avec l’Ademe.

    Comment est-on arrivé à ce chiffre approximatif ?

    En additionnant les coûts entraînés par les trois sources majeures de pollution sonore :

    • le trafic routier qui arrive en tête
    • le milieu professionnel ou scolaire
    • le voisinage.

    Le trafic routier et les transports

    Ils agressent environ 9 millions de personnes avec un niveau supérieur à 65 décibels pour le transport routier et ferroviaire et supérieur à 55 dB pour le transport aérien.

    Soit une facture sanitaire de 11,5 Md€, dont 90% pour le seul transport routier. D’où problèmes de sommeil, et, en moindre mesure, par des gênes et des maladies cardio-vasculaires, d’après les experts.

    Côté chiffre, il faut ajouter à ces 9 Md€ du coût sanitaire, 9 nouveaux Md€ pour

    • les pertes de valeur mobilière,
    • les baisses de productivité
    • les retards d’apprentissage.

    Soit une facture de 20,6 Md€ de nuisances à présenter aux transports. C’est-à-dire environ un tiers de la facture globale du bruit en France.

    Les pertes de productivité.

    On en vient ensuite au monde du travail où l’étude estime à 19,2 Md€ le coût des nuisances qui l’affectent….avec une part d’incertitude

    Sont avérés :

    • le coût de la surdité (85 M€)
    • celui des accidents du travail reliés au bruit (1,1 Md€)

    Restait à estimer  la perte des jours de travail à cause du bruit pour laquelle le cabinet n’avait pas de mesures précises.

    Il l’a donc évaluée à 18 Md€ par an à partir de l’hypothèse que 2 Français sur 3 qui se disent gênés par le bruit dans leur milieu professionnel,  perdent au moins 5 jours d’activité par an.

    Les estimations sont plus précises du côté des décrochages scolaires : le bruit est responsable de 20% d’entre eux. Soientt 6 Md€ par an.

    Le voisinage

    Il apparaît plus nocif qu’on pouvait l’imaginer quand on sait que, d’après un sondage Ifop, les Français se disent autant gênés par leurs voisins que par les transports.

    Estimation approximative : 11,5 Md€.

    Derrière le problème technique, une composante culturelle ?

    Ce qui apparaît clairement dans cette étude c’est que l’importance des sommes estimées dénonce clairement l’inefficacité des plans de prévention nationaux

    Ce qui amène le président du comité technique du CNB au commentaire suivant. «[Les plans de prévention] ne sont pas respectés parce que le bruit est encore considéré comme la vie, ce que bien sûr on ne veut pas limiter ! Pour les rendre efficaces, il faudrait davantage associer les citoyens lors de leur élaboration plutôt que de fixer des plafonds théoriques qui ne parlent à personne».

    Il en est donc du bruit comme de beaucoup d’autres fléaux qui affectent nos sociétés modernes : un problème de culture. La nôtre, depuis quarante ans et plus, prône l’individualisme poussé à l’extrême de nos égoïsmes naturels. Il y aurait peut-être moins de bruit si on recommençait à apprendre à nos enfants (et à leurs parents) à se soucier de la gêne qu’ils causent aux autres car, en matière de vie en commun, les « bonnes raisons » qu’on se donne sont toujours mauvaises.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

    http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-bruit-ce-tueur-silencieux,53744

    https://politiquedesante.fr/2015/11/26/prse-3-lelaboration-et-a-la-mise-en-oeuvre-des-plans-regionaux-en-sante-et-environnement-sont-en-marche/

    https://politiquedesante.fr/2014/11/26/le-pnse-3-2015-2019-107-actions/

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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