Bébés et microplastiques : une lutte sans merci

    bébés et microplastiques

    L’invasion des microplastiques s’attaque même aux bébés à naître.

    Vous trouvez ce titre ahurissant ?

    Il ne fait que rendre compte de la réalité la plus sournoise qui soit : pour la première fois on a pu constater la présence de particules dans les placentas de bébés à naître. Et les « chercheurs » – qui ont le sens de la litote – qualifient cette découverte de « sujet de grande préoccupation ».

    Remarquez bien qu’on nous dit tout ignorer des conséquences des microplastiques sur la santé… mais on craint malgré tout qu’ils ne puissent transporter « des produits chimiques susceptibles de causer des dommages à long terme ou de perturber le système immunitaire en développement du fœtus ». Que de précautions oratoires là où il faudrait dénoncer vigoureusement, non ?

     

    D’où viennent ces particules ?

    Probablement de la mère qui les a inhalées ou respirées à son corps défendant.

    L’affaire a éclaté lorsqu’on a trouvé des microparticules dans les placentas de quatre femmes en bonne santé qui ont eu des grossesses et des naissances normales : ces substances qui n’avaient rien à faire là, ont été détectés « sur les côtés fœtal et maternel du placenta et dans la membrane à l’intérieur de laquelle le fœtus se développe » et où « une dizaine de particules de plastique ont été trouvées » !

    Après l’invasion des mers et océans et, à terme, l’étouffement de toute forme de vie en leur sein, le plastique a donc entamé sa campagne de pollution des mères et de leurs enfants à naître.

     

    Pas de quoi être rassurés.

    On nous précise, par ailleurs, que seulement 4% environ de chaque placenta a été analysé !

    Restent les 96% restant dans lesquels le nombre total de microplastiques doit être infiniment plus élevé. Toutes les particules analysées étaient colorées en bleu, rouge, orange ou rose ce qui pourrait laisser soupçonner une origine liée aux emballages, aux peintures ou aux produits cosmétiques et de soins personnels.

    Lire aussi : du miel au microplastique, c’est bon pour nous ça ?

    Vers le recyclage du plastique en bébés ?

    D’une taille de 10 microns (0,01 mm), toutes ces particules sont suffisamment petites pour évoluer tout à leur aise dans la circulation sanguine. Si bien qu’on peut penser qu’elles ont pénétré dans le corps des bébés, sans que cela puisse être évalué. Charmante perspective !

    Et le directeur de l’obstétrique et de la gynécologie à l’hôpital San Giovanni Calibita Fatebenefratelli à Rome, celui-là même qui a dirigé ces études, de déclarer, à peine ironique :

    C’est comme avoir un bébé cyborg : non plus uniquement composé de cellules humaines, mais un mélange d’entités biologiques et inorganiques.

    Après PMA et GPA qui permettent de « fabriquer » des bébés sur commande, voilà une étape nouvelle franchie dans le transhumanisme qui agite certaines cervelles échauffées par le désir de puissance et la quête du « surhomme ».

     

    Mais, Dieu merci, la revue Environment International, ramène les choses à leurs justes perspectives en écrivant : « En raison du rôle crucial du placenta dans le soutien du développement du fœtus et en agissant comme une interface avec l’environnement externe, la présence de particules de plastique potentiellement nocives est une question de grande préoccupation. D’autres études doivent être menées pour évaluer si la présence de microplastiques peut déclencher des réponses immunitaires ou entraîner la libération de contaminants toxiques, entraînant des dommages. »

    Et d’ajouter : « les effets potentiels des microplastiques sur les fœtus comprennent une croissance fœtale réduite ». En revanche aucune particule n’a été trouvées dans les placentas de deux autres femmes sur lesquelles l’étude avait été menée ! Les scientifiques ont donc pensé à une physiologie, un régime alimentaire ou un mode de vie différents…

     

    L’état des lieux.

    Le monde entier est désormais pollué par les microplastiques, des sommets les plus hauts aux profondeurs les plus sombres de la planète. Quant aux êtres humains ils consomment tous les jours quantités de minuscules particules par la nourriture, l’eau et l’air qu’ils respirent.

    On rappelait plus haut que leur effet sur le corps est inconnu, mais les scientifiques disent qu’il est « urgent d’évaluer le problème, en particulier pour les nourrissons ». Ce qui n’empêche que  « les bébés nourris au lait maternisé dans des bouteilles en plastique avalent des millions de particules par jour ! » comme l’ont révélé d’autres études scientifiques. Ni que « des particules de pollution atmosphérique [ont été découvertes] du côté fœtal des placentas, indiquant que les bébés à naître sont également exposés à l’air sale produit par la circulation automobile et la combustion de combustibles fossiles ».

    Pendant combien de temps encore allons-nous constater, relever, découvrir, supputer et nous interroger ? N’est-il donc pas temps de décider, d’agir et de légiférer pour faire la chasse la plus rigoureuse qui soit aux plastiques, à leurs multi-usages et à la pollution généralisée qu’ils entraînent, bien plus insidieuse et dangereuse à terme que le Covid-19 ?

     

    Des mesures de bon sens.

    Ce sont celles qu’ont adoptées les médecins italiens qui ont utilisé « un protocole sans plastique pour mettre au monde les bébés afin d’éviter toute contamination des placentas. Les obstétriciens et les sages-femmes utilisaient des gants de coton pour aider les femmes dans le travail et seules des serviettes en coton étaient utilisées dans la salle d’accouchement. »

    Exemple à suivre de toute urgence dans toutes nos maternités.

    Surtout quand on sait, last but not the least, que « des nanoparticules de plastique inhalées par des rates de laboratoire enceintes étaient détectées dans le foie, les poumons, le cœur, les reins et le cerveau de leurs fœtus ».

    Parmi les dix plaies d’Égypte que le monde moderne – qui a érigé le « progrès » et la « technoscience » et leurs retombées sonnantes et trébuchantes,  comme idoles – espérons que les microplastiques dont nos enfants à naître sont agressés, ne soient pas la plus sournoise, donc la plus négligée.

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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