Brigitte Bourguignon annonce un plan de prévention des chutes à venir pour les personnes âgées

    preventiondeschutes_politiquedesante

    Intervenue en ouverture du salon de la Silver économie ce 23 novembre à Paris, Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l’Autonomie, a fait connaître sa « préoccupation de longue date sur le phénomène des chutes de personnes âgées ». Avec 10 000 décès et 50 000 chutes invalidantes, ce sujet, a-t-elle rappelé, constitue « un enjeu de santé publique absolument majeur ».

    Mais avant d’examiner le plan gouvernemental censé résoudre le problème, rappelons les données de ce problème crucial telles que nous les exposions dans un précédent article de juin 2020 ainsi que les solutions que nous préconisions pour le résoudre.

    Chutes de personnes âgées : les faits bruts

    Il faut commencer à constater que les chutes des personnes âgées :

    • sont la première cause de mortalité chez les plus de 65 ans.

    • que plus de 12000 personnes par an en décèdent.

    • et que, sans aller jusque là, les chutes sont fréquentes, à l’origine de complications graves et touchent près de 400 000 personnes âgées tous les ans.

    • qu’une chute sur douze provoquerait une fracture, celle du col du fémur, une fois sur trois, qui affecte 50 000 patients chaque année en France.

    • qu’après une chute, le risque de tomber à nouveau dans la même année est multiplié par 20.

    Plus on est âgé, plus le risque est grand. A preuves les chiffres suivants :

    • 35 % des personnes âgées de 65 à 79 ans ;

    • 45 % des personnes de 80 à 89 ans ;

    • 55 % des personnes de plus de 90 ans.

     

    Les conséquences des chutes des personnes âgées :

    Les conséquences de ces chutes sont d’autant plus préoccupantes que l’accident initial était grave et que la personne âgée était en plus ou moins bonne santé. Au nombre de ces conséquences :

    • contusions, plaies, luxations ou fractures.

    • La fracture du col du fémur déjà évoquée, est souvent synonyme de complications avec risque de perte d’autonomie, difficulté à se maintenir au domicile. C’est dire l’importance de la prévention de ces chutes.

    • Si la victime ne peut se relever après sa chute, son immobilisation au sol peut avoir des conséquences physiques et psychologiques importantes, notamment après 80 ans.

    • Si elle n’est pas secourue dans des délais rapides, elle peut souffrir de déshydratation et de dénutrition, avec des conséquences métaboliques et rénales sérieuses. Un des risques supplémentaires étant l’interruption d’un traitement en cours : maladie cardio vasculaire, diabète, problèmes respiratoires, maladies chroniques graves.

    • Risque d’hypothermie si la chute survient dans un lieu non chauffé ou sur un carrelage froid.

    • Des risques de phlébite ou d’embolie pulmonaire peuvent se greffer sur la chute, qu’il y ait ou non intervention chirurgicale.

    • Des escarres sont prévisibles qu’il faut prendre en charge rapidement et quotidiennement pour empêcher des complications plus graves.

    • Il faut enfin signaler, en plus de l’aspect physique, toutes sortes de complications psychologiques et sociales possibles qui conduisent souvent au placement en institution des personnes âgées. Ce qui n’est jamais très bien vécu.

     

    Quel coût pour les chutes des personnes âgées ?

    Le coût estimé s’élève à 2 Mds d’€ par an.

     

    La prévention des chutes des personnes âgées :

    On découvrira avec intérêt le dossier proposé par Santé Publique France : cliquez-ici

    Soulignons que nos résidents en EHPAD et nos patients hospitalisés après une intervention chirurgicale sont d’autant plus fragiles à leur retour à domicile…Nous proposons de leur remettre un livret en main propre et d’informer les aidants sur les solutions pour adapter le domicile, la salle de bain. Il s’agit de mettre en œuvre tous ces éco-gestes qui éviteront de nombreuses chutes.

    Le plan gouvernemental :

    Il vise tout d’abord à régler le problème des logements inadaptés, du mobilier peu pratique voire dangereux. Pour corriger le tir, le gouvernement projette de mettre en place un « plan antichutes » dans l’habitat des seniors hors Ehpad, a affirmé le ministre chargée de l’Autonomie. Mme Bourguignon a cru pouvoir assurer que ce plan serait annoncé « très rapidement, en début d’année » 2022. Et d’ajouter : Nous travaillons beaucoup sur un ‘plan anti-chutes’ qui comprendra des aides techniques avec du mobilier et des conseils d’ergothérapeutes […] Ces ergothérapeutes pourront aller à domicile et visionner un peu comment les choses se passent pour repérer les dangers dans un domicile.

    Elle a poursuivi en affirmant que les aides techniques modélisables, qui deviennent un peu plus génériques, où les personnes peuvent accéder plus facilement à ces matériels avaient dument été repérées, a poursuivi Brigitte Bourguignon en détaillant un dispositif qui, d’après elle, abordait tous les aspects de l’environnement des seniors. Et de donner l’exemple des tables de nuit, l’endroit où il se passe beaucoup de choses et malheureusement, beaucoup de chutes, par exemple.

    Et de conclure que l’objectif de ce « plan anti-chutes » consistait essentiellement à réaliser à des logements inclusifs. Elle a alors évoqué les innovations qui, dans ce domaine, pouvaient s’accommoder des nouvelles technologies et a précisé qu’elle travaillait en concertation avec le ministre chargé du Logement sous l’autorité du Premier ministre qui attendait des solutions – en fin d’année au plus tard – pour réaliser l’adaptation des domiciles.

    La piste possible alors évoquée est celle qui pourrait être baptisée « MaPrimeAdapt’, qui pourrait très bien s’inspirer de MaPrimeRénov récemment mise en place.

    La fin de l’année n’est pas loin, nous pourrons donc très bientôt vérifier si d’aussi bonnes dispositions pourront être mises en place avant l’échéance présidentielle.

    Plus d’information : Prime rénovation énergétique | Le coût des chutes des personnes âgées

    Lire aussi : La prise en charge de la déficience visuelle en EHPAD

    • Voir les commentaires

    Vous pourriez aimer aussi

    obésité infantile pollutions

    Les liens entre la pollution et l’obésité infantile

    La pollution sous toutes ses formes favorise l’obésité de nos enfants. Les dernières études ...

    bouteille

    L’eau en bouteille : un bouillon de culture chimique !

    C’est une étude venue d’Allemagne qui nous l’apprend : 24 000 produits chimiques, plus ...