HEC’est l’idée qu’on peut avoir en constatant la progression discrète mais sûre de l’aromathérapie dans nos services hospitaliers. Soit sous forme de diffusion relaxante soit sous forme pleinement thérapeutique, les huiles essentielles gagnent du terrain dans la pratique médicale à la plus grande satisfaction des patients et des soignants.
    Cette progression est d’autant plus remarquable que le corps médical français, qui, dans sa majorité, se veut farouchement rationaliste, contestait tant les vertus que la pratique aromathérapeutique. Et ceux qui s’y essayaient le faisaient dans la plus grande discrétion.
    Mais voilà. Les principes formels ne peuvent rien contre l’évidence et les expérimentations. Or certains pays européens ont mené des études scientifiques assez concluantes pour que les hôpitaux français abandonnent leurs pures positions principe et utilisent aujourd’hui – avec satisfaction – ce qu’ils classaient hier soit comme « remèdes de bonne femme » soit comme « placebos » sans doute. Evolution intéressante qui vient compléter  les pratiques apparues depuis peu au Canada et dont nous vous avons rendu compte.

    Contre les atteintes de l’âge

    Ce sont d’abord les services de gériatrie et de soins palliatifs qui ont eu recours à l’aromathérapie qui leur permettait de soulager les effets secondaires des multiples médicaments ingérés par les patients âgés, voire de les remplacer.
    Auparavant les cliniciens du pôle gériatrie s’étaient déjà ouverts à la relation d’aide, à l’empathie ou aux touchers détente. Puis l’aromathérapie a fait son apparition, sous la pression du public et sous l’effet des études évoquées plus haut. On a concocté des protocoles rigoureux : prescription médicale, traçabilité, évaluation ; et on a formé le personnel soignant à cette méthode désormais parfaitement intégrée.
    C’est ainsi que l’association d’huile essentielle de gaulthérie couchée et de katafray, diluées dans une huile végétale, ont permis de soulager rapidement les douleurs articulaires et de limiter le recours aux antalgiques plus ou moins bien supportés par des estomacs fragiles.
    De même une dilution de lavande fine associée au tea-trea s’est révélée efficace contre les mycoses cutanées qui affectent souvent ces populations Quant à l’hélichryse italienne on l’utilise pour résorber les hématomes, et le géranium rosat pour les escarres.
    Le côté psychique n’est pas laissé de côté : huiles essentielles de lavande, d’orange douce et de camomille calment l’anxiété, l’angoisse et l’agitation, fréquentes chez les patients de gériatrie. C’est le cas dans les hôpitaux de Valenciennes ou l’hôpital Pasteur de Colmar où l’on pratique sous forme d’inhalations (mouchoir à respirer ou stick inhalateur personnel) d’onctions sur le dos, la voûte plantaire, le sternum ou l’intérieur des poignets.
    Pour ceux qui ont du mal à « lâcher-prise » on utilise la mélisse (connue de toute éternité par nos grands-mères qui utilisaient de l’Eau de mélisse pour soulager leurs « malaises »).
    Chose intéressante à signaler : « Au-delà de leurs vertus thérapeutiques, les huiles essentielles transforment la relation » affirme une utilisatrice hospitalière. Ce qui n’est pas négligeable dans l’accompagnement des patients…et de leurs proches. Le geste thérapeutique, sorti de sa dimension purement technique, reprend ainsi toute sa portée relationnelle, humaine.

    Pour rendre le Cancer plus supportable.

    L’aromathérapie s’avère très bénéfique dans un autre domaine : celui des services d’oncologie où elle contribue à « adoucir les maux du quotidien et [à] atténuer les effets secondaires de traitements parfois insupportables », d’après une responsable du laboratoire d’innovation thérapeutique de Strasbourg et responsable scientifique du premier diplôme universitaire (DU) d’aromathérapie clinique en France.
    Les effets liés aux chimiothérapies sont combattus par la respiration d’huile essentielle de menthe poivrée ou de citron contre les nausées. Soit en préventif soit au moment où le besoin s’en fait sentir. Le syndrome main-pied qui est une réaction inflammatoire de la peau très éprouvante, on utilise un composé d’huiles essentielles de bois de rose, de lavande aspic et de ciste.
    De même l’huile essentielle de niaouli mélangée à du gel d’aloès permet de réduire rougeurs et inflammations locales après les séances de radiothérapie.

    Pour fortifier l’esprit et la mémoire.

    L’aromathérapie intéresse de plus en plus la psychiatrie, notamment dans la maladie d’Alzheimer où l’on a déjà recensé une dizaine de publications scientifiques sur le sujet. Si bien que l’Assistance publique envisage de valider l’intérêt de l’aromathérapie auprès de patients.
    Elle a ainsi lancé une première grande série d’études sur trois centres hospitaliers portant sur « l’impact de diffusions aromatiques sur les troubles du comportement et du sommeil » .Une autre étude a été entreprise au CMRR du CHU de Nice qui vise à « améliorer le comportement, la motricité et la cognition de patients déjà atteints de la maladie d’Alzheimer ou présentant un risque de la développer ».
    D’autant que « l’importance des odeurs dans la maladie d’Alzheimer est de plus en plus mise en évidence, car la mémoire olfactive est la plus résistante ».
    Ces premières expériences s’avèrent très concluantes et viennent corroborer les observations faites depuis vingt à trente ans de pratique de l’aromathérapie hospitalière dans des pays étrangers.

    Comme quoi les « médecines naturelles » ou « parallèles » passées au filtre de l’expérimentation ont beaucoup à nous apprendre. Il y faut simplement un minimum d’ouverture d’esprit.

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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