Changements climatiques et impacts sur la santé

    étude institut national de santé publique Québec

    Les changements climatiques – et leur impact sur la santé – pris en compte… au Québec.

    Du Canada nous parvient l’écho d’une initiative qui pourrait faire écho chez nous.

    Constat et situation.

    Il s’agit de l’étude de l’Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ) qui veut sensibiliser les professionnels de la santé aux impacts du climat sur leurs patients après avoir constaté que les écarts de températures et autres phénomènes météorologiques qui y étaient liés, entraînaient une augmentation du nombre d’hospitalisations et même de décès

    Or  le sondage publié en 2015 par l’INSPQ et l’Université Laval constatait que 65 % des médecins interrogés constataient que leur formation ne les avait pas préparés à affronter les conséquences sanitaires entraînés par les changements climatiques.

    D’où l’idée de pallier cette faille en publiant un document intitulé  Changements climatiques et santé : prévenir, soigner et s’adapter. Élaboré par quatre médecins et chercheurs de l’INSPQ il ne tardera pas à être mis à la disposition des médecins et infirmières d’abord , de l’ensemble de la population ensuite.


    Une nouvelle approche.

    L’approche a consisté à envisager la problématique de l’environnement dans une optique différente.  En effet il ne s’agissait plus d’évaluer les effets directs provoqués par les inondations, la chaleur ou le froid sur notre environnement,  mais bien plutôt, et de manière plus spécifiquement médicale,  de se demander quels étaient les effets de ces phénomènes sur

    Plutôt que parler des impacts des changements climatiques selon leurs effets directs, comme les inondations, la chaleur ou le froid, on s’est demandé quels sont leurs effets sur le système respiratoire, sur le système cardiovasculaire.  On comprend qu’il s’agissait de sortir d’une logique purement scientifique pour entrer dans des considérations plus pratiques en termes de santé.

    Ainsi a-t-on pu constater que les inondations avaient quelquefois des effets sur la santé mentale, les vagues de chaleur sur l’augmentation de la statistiques des décès et/ou des maladies rénales, le froid et la glace – qui en est la conséquence directe – augmentant le nombre de fractures par glissades bien involontaires. Il est aussi apparu que les changements brusques de températures au sein même de l’hiver augmentaient les risques sanitaires. L’organisme humain quand il est sain n’étant pas adapté à des changements de température de l’ordre de 10 à 15 degrés sur un délai de quelques jours, il est évident que pour les organismes plus fragiles ou déjà malades, l’impact peut se révéler plus dangereux.  Ainsi l’INSPQ a établi qu’une diminution de la température hebdomadaire moyenne de 10 degrés Celsius augmente le risque d’hospitalisation ou de décès de 7 %. Une autre étude datant de 2008, citée dans le document, révèle qu’une diminution d’un degré augmente le nombre de décès par maladie respiratoire de 3,3 %.

    D’où l’importance cruciale d’informer les médecins et les infirmières  qui sont les plus à même de percevoir le danger et d’informer leurs  patients des précautions à prendre lors de vagues de chaleur ou de périodes de verglas.

    La prévention est possible.

    D’où une série de recommandations concernant l’évaluation, par le personnel de santé,  de l’environnement du point de vue des risques potentiels courus pas les patients.

    • Travaillent-ils dans un lieu protégé ou à l’extérieur ?
    • Où demeurent-ils ? près d’une usine ? dans un îlot de chaleur ?.

    Quant au Pr Paul Poirier, cardiologue qui a collaboré à la mise au point de ce document, il considère que travailler dans un environnement où il n’y a pas de fenêtre par exemple, favorise – preuves à l’appui – l’apparition de signes de dépression. Que d’aller marcher dans un environnement agréable, aide à garder un esprit sain dans un corps sain. Par conséquent lorsqu’il rencontre ses patients, le cardiologue les questionne sur leurs habitudes de vie, mais s’intéresse aussi à l’endroit où ils demeurent et à l’environnement dans lequel ils travaillent.

    Signalons enfin qu’une formation en ligne sera offerte par l’INSPQ à compter du 18 février.

    Ainsi nos cousins québécois ont pris de l’avance sur nous car ils ont compris – avant nous il faut bien le constater – que le dérèglement peut avoir de lourdes conséquences en termes sanitaires et ils cherchent donc à intégrer cette dimensions nouvelle dans leur pratique et leur formation…

    À quand une telle prise de conscience – et les mesures adaptées qui doivent en découler en termes de formation et de pratique – chez nous ?

     

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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    • Après avoir dirigé plusieurs établissements de santé, il crée en 2005 le Comité de Développement Durable en Santé (C2DS). En 2009, il fonde l’agence de conseil Primum Non Nocere©, qui accompagne les établissements sanitaires et médico-sociaux dans la mise en d'une démarche de développement durable. Auteur de deux ouvrages : "Le développement durable et solidaire en santé" et "Hippocrate, au secours", il est également un artiste-peintre confirmé, avec plus de 600 œuvres à son actif exposées de Paris à New-York. Mais Olivier Toma, c'est avant tout le pionnier du développement durable en santé. Voilà près de 20 ans qu'il œuvre pour impulser une dynamique de développement durable dans les structures sanitaires et médico-sociales. Il est d'ailleurs à l'origine de la première éco-clinique de France respectant le label HQE, et a également créé le diplôme universitaire «Droit et gestion du développement durable en santé», à l’université de Montpellier. Engagé et passionné, il est force de propositions, d'idées et d'outils concrets mais il est surtout porteur d'une volonté farouche de créer un futur aux établissements sanitaires et médico-sociaux dans le respect du développement durable : " Imaginons un centre de lutte contre le cancer construit avec des matériaux non cancérigènes, une maison de retraite nettoyée à l’aide de produits moins nocifs pour les résidents qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, qui saurait trier et recycler ses déchets, évacuer de façon saine tous ses effluents, recycler les quantités colossales d’eau qu’elle consomme. Imaginons une clinique conçue en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies vertes, ou encore un hôpital n’utilisant que des dispositifs médicaux exempts de toute toxicité, qui ne se contenterait plus d’une approche curative mais s’appliquerait à rendre ses patients acteurs de leur propre santé au travers d’actions d'éducation et de prévention,...'' Riche de convictions, Olivier Toma a l'art de convaincre et transmettre cette envie d’agir dans un seul objectif : faire avancer les hommes vers un monde meilleur et durable.

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