Chasse au gaspillage alimentaire en Midi-Pyrénées : 219 hôpitaux s’engagent !

    BIODECHETS MIDI PYRENEES
    Le CH de Cahors présente son action « tri des biodéchets »
    L’ADEME Midi-Pyrénées s’est intéressée de près au gisement de biodéchets du secteur sanitaire et médico-social en finançant à hauteur de 70% la première opération nationale collective : Valorisation des biodéchets et réduction du gaspillage alimentaire dans les établissements de santé et médico-sociaux ».

    Les actions qui se multiplient dans la réduction des déchets et plus particulièrement des biodéchets issus de la restauration collective, démontrent qu’une majorité d’entreprises et de collectivités anticipent la réglementation(*). Y compris le secteur de la SANTE qui comptabilise 1,35 milliards de repas servis chaque année dans l’ensemble des établissements de France.

    L’opération témoin de l’ADEME, qui a réunit 219 structures volontaires de la région Midi-Pyrénées, proposait des sessions de sensibilisation (gaspillage alimentaire, tri et valorisation des biodéchets) suivies d’une campagne de pesée des biodéchets. Tous les résultats de cette opération ont été rendus publics par l’ADEME Midi-Pyrénées, le C2DS et le REQUAMIP lors d’une conférence de presse, le 20 novembre à la Clinique de l’Union, à Toulouse.

    ADEME Christophe HévinINTERVIEW

    Christophe Hévin,
    Chargé de mission, ADEME Midi-Pyrénées

     

     

     

     

     

    L’ADEME Midi-Pyrénées a apporté son soutien financier à cette action qui est très spécifique puisqu’elle concerne uniquement les hôpitaux, les cliniques et les établissements et services pour personnes âgées. Pourquoi s’être intéressé à ce secteur ?

    L’intérêt est double, il est d’abord national afin de montrer qu’une opération collective sur des structures sanitaires et médico-sociales permet de faire remonter des données et permet surtout d’agir. En comptabilisant les biodéchets on se rend compte de la réalité de ce qui est mis à la poubelle. Cette prise de conscience est un levier pour mettre en place des actions de réduction du gaspillage alimentaire. En parallèle, on informe sur comment traiter les biodéchets, sur les filières locales et moins onéreuses que la filière classique d’élimination des ordures ménagères, lorsque cela est possible. Le deuxième intérêt est plutôt régional puisque pour Midi-Pyrénées, c’est la première action collective sur la gestion des biodéchets menée avec des structures professionnelles telles que le C2DS, PRIMUM NON NOCERE et le REQUAMIP. Au niveau régional, cette action peut être reproduite dans d’autres secteurs d’activités et c’est aussi ça l’intérêt.

     

    Près de 1500 tonnes de biodéchets jetés par an, avec un ratio moyen de 200 g/repas, ce sont les résultats de la campagne de pesée réalisée auprès de 213 structures. Que signifient ces chiffres et concrètement que fait l’ADEME avec ces résultats ?

    On voit bien que le chiffrage est conséquent, mais ce n’est finalement pas le tonnage le plus important, mais plutôt ce que l’on peut éviter dans la production des déchets. Si l’on prend le coût moyen d’un repas, soit 1,80€ selon la DGOS, et bien pour ces 91 établissements cela représente une perte de près de 4 millions d’€uros par an. La logique de l’ADEME c’est de dire que si l’on réduit ces 1500 tonnes, c’est énormément d’argent d’économisé qui peut être réinvesti dans la qualité des repas par exemple. En ce qui concerne l’action concrète de l’ADEME, notre rôle est d’apporter un soutien technique et financier aux établissements sanitaires et médico-sociaux. Dans le cadre de notre plan « déchets », l’ADEME peut, jusqu’en 2017, apporter un taux d’aide de 30% maximum sur des investissements liés à la pré-collecte (table de tri, chambres froides spécifiques aux biodéchets,…), à l’accompagnement et la signalétique.

     

    Il est parfois difficile de trouver des filières d’élimination des biodéchets selon la zone géographique où l’établissement se trouve. Dans des départements comme l’Ariège ou les Hautes-Pyrénées par exemple les coûts de transports des biodéchets peuvent être élevés car les sites de compostage ou de méthanisation sont très éloignés. Vous avez des solutions, des conseils à donner aux structures qui sont dans ce cas de figure ?

    Il peut y avoir de la mutualisation de collectes avec d’autres structures. Il ne faut pas hésiter à créer des liens, mais aussi contacter les acteurs locaux tels que les collectivités locales, les Chambres d’Agriculture pour les petits producteurs et les Chambres de Commerces et d’Industries pour les producteurs plus importants.

    (*) L’article 204 – loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement dite, loi Grenelle 2, codifié à l’article L. 541-21-1 du code de l’environnement, prévoit que les personnes qui produisent ou détiennent une quantité importante de déchets composés majoritairement de biodéchets sont tenues d’en assurer le tri à la source en vue de leur valorisation organique.

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