La chasse aux acides gras trans recommandée par l’Anses

    acides gras trans risques cardiovasculaires

    L’augmentation des risques cardiovasculaires étant souvent associée à une consommation excessive d’acides gras trans l’Anses a publié une étude pour nous informer sur l’origine de ces substances assortie de recommandations pour les éviter.

    Que sont les acides gras trans ?

    Définition officielle : Ce sont des acides gras insaturés, dont au moins une double liaison est en position trans, contrairement aux acides gras insaturés synthétisés par l’organisme dont les doubles liaisons sont en position cis.

    Mais, plus concrètement, d’où viennent-ils?

    De différentes sources.

    • Il y a d’abord les acides gras trans dits naturels.

    Produits dans l’estomac des ruminants (vaches, moutons) grâce aux bactéries qui y résident, ils sont ensuite incorporés dans les graisses des animaux et dans leur lait.

    Vous ne serez donc pas étonnés de les retrouver dans la viande, le lait et les produits laitiers.

    • Il y a ensuite ceux qui ont une origine technologique.

    Synthétisés via des procédés industriels comme l’hydrogénation des huiles végétales, ils permettent de faire passer des graisses de l’état liquide à l’état solide.
    Bénéfices :  une utilisation et un stockage plus aisés, une sensibilité moindre à l’oxydation.

    • Et enfin ils peuvent naître du chauffage des huiles végétales à haute température.

    C’est le cas pour certains procédés industriels de transformation et pour l’utilisation domestique de ces huiles.

     Dans quels produits les trouver ?

    Compte tenu de ce qui est dit plus haut :

    • les acides gras trans d’origine naturelle viennent du lait et la viande.
    • Les acides gras trans d’origine technologique sont liés aux stabilisateurs et conservateurs de l’industrie agroalimentaire. Ils sont censés rendre les aliments plus fermes et plus stables et retarder leur rancissement. En conséquence ils investissent la plupart des produits alimentaires transformés : viennoiseries, pizzas, quiches….

    C’est pourquoi la panification industrielle (viennoiseries et biscuits) constitue la deuxième source  d’apports en acides gras trans. Mais, last not the least, il y a aussi les margarines, les barres chocolatées et certains plats cuisinés.

    Leurs conséquences sur la santé ?

    Plus de 2% de l’apport énergétique total suffisent pour favoriser une augmentation du risque cardiovasculaire par le biais d’une augmentation du « mauvais » cholestérol (LDL) et une baisse du « bon » cholestérol (HDL).
    Ce risque semble évité avec le niveau de consommation d’acides gras trans d’origine naturelle tel que constaté en France.

    Ce qui est loin d’être le cas, d’après toutes les études sur le sujet, dans le des acides gras trans totaux et des acides gras trans d’origine technologique à des niveaux élevés. « Élevé » veut dire : plus de 2 % de l’Apport énergétique total (AET) pour les premiers et plus de 1,5 % de l’AET pour les seconds.

    Pour la France.

    En 2005 l’Agence a fixé un seuil maximal d’apport en acides gras trans à 2 % de l’AET sans distinction d’âge ou de sexe. Au-delà il y a le risque de maladies cardio-vasculaires est accru.

    Différentes études montraient cependant que les apports moyens de la population en acides gras trans correspondaient à 1,3% de l’AET.
    – 5% des adultes atteignaient le seuil maximal de consommation de ces dangereux acides gras. – les plus gros consommateurs ? Les garçons de 12-14 ans qui, avec près de 8 g/jour d’acide gras trans, crevaient le plafond du risque accru de maladies cardio-vasculaires.

    Mais, d’autres études intervenues en 2008 ont conduit l’Agence à considérer que les niveaux d’apport estimés étaient plus bas que ceux observés en 2005. Pourquoi ?

    • Sans doute parce-que chez les adultes, les apports en acides gras trans provenaient surtout des composés d’origine naturelle.
    • Chez les enfants, un équilibre entre acides gras trans d’origine naturelle et d’origine technologique était intervenu.
    • En valeur brute, les apports moyens en acides gras trans étaient plus élevés chez les adultes que chez les enfants. Disparité qui disparaît si on tient compte de l’apport énergétique total et qui ramène le taux à environ 1%.
    • Ce taux restait inférieur, chez les plus gros consommateurs, au seuil de 2% de l’AET fixé en 2005. Tous âges des deux sexes confondus.

    Recommandations de l’Agence.

    Ne nous endormons pas sur les bons chiffres de 2008 (par rapport à  2005) : il nous faut rester vigilants et limiter notre consommation d’acides gras trans.

    D’autant que l’Agence souligne bien que l’utilisation d’AG trans d’origine technologique n’a d’intérêt que techno-fonctionnel. Entendez par là qu’elle sert les intérêts des industriels au détriment éventuel de la santé des consommateurs que nous sommes.

    Aussi encourage-t-elle les efforts de réduction de l’utilisation de ces acides gras trans déjà mis en œuvre par les professionnels, tant en alimentation humaine qu’animale, afin de réduire le risque d’exposition. À charge pour les dits professionnels de mettre en œuvre des alternatives présentant les mêmes propriétés techno-fonctionnelle que les acides gras trans et d’éliminer ceux-ci de nos assiettes.

    Nous on veut bien mais on  n’y croit pas. Ne faudrait-il pas plutôt suivre les recommandations de l’OMS qui préconise de les bannir ? Voire du Canada qui a décidé de les interdire ?

    On devine notre réponse.

    http://www.who.int/fr/news-room/detail/14-05-2018-who-plan-to-eliminate-industrially-produced-trans-fatty-acids-from-global-food-supply

    https://www.consoglobe.com/gras-trans-industriels-interdiction-canada-cg

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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