Climat : De l’eau et du feu pour le XXIe siècle….d’après le Giec.

    © Copyright 2012 CorbisCorporationLe Giec (fort contesté par un certain nombre de personnalités) publie une synthèse (29 p.) du second tome de son 5e rapport d’évaluation qui doit encore être validé par les gouvernements. Qu’y trouve-t-on ? Voici, très condensé, le résumé des informations qui y sont délivrées.
    Ce second tome du 5e rapport
    traite des « conséquences des changements climatiques, de l’adaptation et de la vulnérabilité de nos sociétés aux colères du climat, tout au long du XXIe siècle« 

    Qu’est ce qui nous menace ?

    • L‘Eau ! selon le niveau de réchauffement des régions tempérées, les populations susceptibles d’affronter de fortes inondations pourrait être multipliées par trois.
    • Le SEC ! Les régions plus sèches, elles, subiront des périodes de sécheresse en augmentation, « chaque degré supplémentaire devrait réduire de 20% les ressources en eau». Avec une population mondiale pourrait qui pourrait atteindre 9 millards de personnes d’ici 2100, il y a de quoi s’inquiéter.
      En prime, les climatologue du Giec,  prévoient une diminution de 2% par décennie des grandes cultures céréalières (riz, blé, maïs). Alors que la demande mondiale devrait progresser de 14% par décennie jusqu’à la moitié du siècle.
    • La MER
      – Réchauffement + acidification + pollutions + surpêche = grand bouleversement de l’écologie marine.- Migration d’espèces tropicales quittant des eaux surchauffées vers des eaux plus fraîches =  50% en moins de poissons pour les habitants de la bande équatoriale ainsi que dans l’océan Antarctique.
      Acidification croissante des eaux marines =  écosystèmes polaires et coralliens en grande difficulté.
    • La Santé
      Réchauffement = augmentation de maux déjà installés : pollution atmosphérique urbaine notamment.
      – Effets sanitaires nocifs de vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses dans certaines régions; dont une augmentation des incendies de forêt (cf la Russie, à l’été 2010) et de la malnutrition.
      – Travaux en plein air : agriculture, pêche, BTP, de plus en plus difficiles, voire impossibles, dans certaines région surchauffées.
    • Risques et stratégie d’adaptation
      – En Afrique – si les pronostics du Giec sont pertinents bien entendu, mais ceci est valable pour tout ce que nous écrivons ici –   il faudra faire face à la réduction de la pluviométrie. Comment ? en plantant des cultures sobres, en développant l’irrigationraisonnée, en renforçant l’alimentation en eau potable et l’assainissement des eaux usées.
      – En Europe, il faudra affronter une situation inverse : les inondations. Changement de régime des précipitations, montée du niveau de la mer, urbanisation des zones inondables, nous mettront souvent les pieds dans l’eau. Voire pire. A l’inverse des régions méridionales.
      Si  bien qu’il faudra multiplier des ouvrages de défense contre l’eau au Nord et adopter des technoloGiec sobres en eau au Sud. Notamment pour l’irrigation et la production d’énergie.
      En Asie : eau et chaleur au programme. Fonte des glaciers, changement de régime des moussons et, montée du niveau de l’océan s’allieront pour inonder les zones urbaines et les côtes. Le rapport prévoit en outre des canicules fort dangereuses dans les zones urbaines, déjà riches en îlots de chaleur.
      En Australie, le danger principal vient de l’Eau et non du Chaud, comme on aurait pu le croire étant donnés les derniers records de chaleur estivale. Et cette situation concerne aussi la Nouvelle-Zélande.
      Elle et l’Australie risquent de fortes inondations. Leurs zones côtières subiront l’effet de la montée du niveau de l’océan. Au dessous des eaux du Pacifique et de l’Océan indien, ce ne sera pas mieux : le réchauffement et l’acidification de l’eau attaqueront la grande barrière de corail et réduira la biodiversité marine régionale.

    En Amérique du Nord, la chaleur développera les risques d’incendies de forêts.
    La canicules n’épargnera pas les populations urbaines les plus vulnérables. Sauf à ouvrir des des cooling centers. Là aussi les risques de fortes inondations sont en augmentation, notamment sur les côtes.
    Pour l’Amérique centrale et du Sud, le recul rapide des glaciers – principale source d’approvisionnement en eau pour plusieurs pays – va provoquer un accès à l’eau très problématique, notamment dans les régions les plus ingrates. Résultat : baisse des rendements agricoles de la région.

    Quelle conclusion pour les scientifiques ?
    Pourra-t-on continuer à vivre sur Terre à la fin du XXIe siècle?
    Le rapport affirme que nous « sommes encore à la croisée des chemins« .
    C’est ainsi qu’en maîtrisant notre empreinte carbone, nous pourrions espérer maintenir le réchauffement (et ses conséquences) sous la barre des 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Soit.
    Diminuer n’est pas « annuler« . Il faut donc – toujours d’après le Giec – se préparer dès maintenant. En clair cela veut dire que les pays en voie de développement (les plus vulnérables) doivent investir près de 100 milliards de dollars (72,4 Md€) par an pour s’adapter aux effets du réchauffement. Ce sont les pays du Nord qui devraient leur fournir ces capitaux nécessaires à partir de 2020. Il n’est pas certain qu’ils puissent tenir leurs engagements, souligne le Giec.

    Quelle leçon en tirer pour nous ?
    Pour notre part, après lecture de très nombreux rapports, notre constat est le suivant ; tous les risques à court et long terme sont connus et identifiés. De très nombreuses solutions sont également connues et identifiées qu’elles soient politiques, techniques ou comportementales.
    Il ne manque juste que les leaders politiques ayant le courage nécessaire pour mettre en oeuvre ces solutions face aux risques identifiés.
    La question du courage supposée résolue, qu’est-ce-qui ferait encore défaut ?
    Les implications financières du problème qui, seules si elles étaient prises en compte, permettraient de prendre les bonnes décisions et surtout de les appliquer concrètement sur le terrain.
    Or, il s’avère que les solutions financières sont à notre portée.
    Dans le rapport de Nicholas STERN (dont s’inspire le gouvernement actuel pour bâtir sa stratégie nationale pour la transition écologique 2014-2020) on découvre que l’action contre le changement climatique coûterait 2 % du PIB, alors que le coût de l’inaction coûtera 5 à 20% du PIB !
    Auxquels devront s’ajouter le coût de l’érosion de la biodiversité évalué à 7% du PIB, d’ici 2050.
    Il n’y a donc pas photo : l’inaction nous coûtera infiniment plus cher qu’un action bien ciblée.
    Alors il est grand temps de mobiliser nos leaders pour qu’ils assument leurs responsabilités et appliquent les bonnes décisions. Le nouveau cabinet qui vient d’être nommé avec un nouveau ministre de l’Ecologie, N°3 dans la  hiérarchie du gouvernement au moment où nous écrivons cette note, constitue une occasion de faire bouger les lignes.
    Faute de quoi ce sera peut-être maintenant à nous, citoyens/contribuables, de les y contraindre par tous les moyens…

    Olivier TOMA – PRIMUM-NON-NOCERE

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